‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 310 sur 373 · L ÉTUDE PRATIQUE DU CIEL · texte numérisé non relu

L ÉTUDE PRATIQUE DU CIEL

En décrivant les merveilles de l'univers et en invitant tous les esprits qui pensent, tous les cœurs qui sentent, à les admirer, aies étudier et à les connaître, j'ai donné un libre cours au développement d'une passion innée pour ces contemplations sublimes; j'ai voulu que ces beautés célestes resplendissent devant tous les yeux dans leur pleine lumière ; j'ai semé les fleurs cueillies par les savants de tous les siècles, et j'ai relégué dans l'ombre les difficultés et les épines que le travailleur rencontre toujours sur son chemin. Aussi, plus d'un lecteiu», ne réfléchissant pas que d'aussi merveilleux résultats n'ont pu être obtenus sans peine, a-t-il été désabusé le jour où, prenant lui-même en main le télescope, il s'est imaginé voir du premier coup tout ce que les progrès de l'astronomie physique ont successivement révélé. Sans considérer que toute science, tout art, exige un certain apprentissage, on s'attend, en mettant l'œil pour la première fois aux instruments d'un observatoire, à distinguer comme sur une carte les continents et les mers de Mars, à compter les étoiles de l'amas d'Hercule, à voir les deux composantes d'une étoile double tourner Tune a:utour de l'autre, et même, pour peu qu'on y ait rêvé, lorsque dans les premiers feux de l'enthousiasme on dirige fiévreusement son télescope vers un cirque lunaire obliquement éclairé par les rayons du soleil couchant, on serait à peine surpris d'apercevoir au milieu d'un paysage deux habitants de la Lune causant ensemble. « Vous me faites accabler de reproches par les plus jolies femmes du monde, me disait à cet égard le sympathique directeur de l'Observatoire de Paris ; elles arrivent tout enthousiasmées par vos descriptions, et elles prétendent que nos instruments ne valent rien. Elles s'imaginent voir en un quart d'heure

ce que nous avons mis vingt années de travail à bien étudier; elles croient que les étoiles les attendent pour leur révéler leurs secrets et que Talmosphère se purifie tout d'un coup pour leurs beaux yeux, et comme la plupart du temps l'instrument n'est pas à leur point et qu'elles ne distinguent rien de net, elles s'en vont furieuses en prétendant que « ce n'est pas cela du tout ».

Comme mes précédents ouvrages n'ont pas eu pour but de fournir un manuel pratique de l'observation du ciel, je n'ai pas eu à faire connaître les « difficultés du métier » ni à apprendre aux lecteurs à se servir des instruments ; mais ici, dans cet ouvrage sur les Étoiles^ nous arrivons précisément en ce moment même à ce chapitre important. Ce livre-ci est vraiment un manuel, et toutes les instructions données dans cette description générale du ciel seraient sans utilité pratique si nous ne consacrions pas une étude spéciale aux instruments et à la manière de s'en servir. Eh bien I avouons-le une fois pour toutes, la chose n'est ni aussi simple ni aussi facile qu'elle le paraît. Il faut, comme nous le disions tout h l'heure, beaucoup d'attention, assez de patience et un peu d'esprit, pour arriver à bien se servir d'une lunette. Sans doute, ce n'est point là une étude aussi désagréable que celle de la langue allemande, ni aussi longue que celle du sanscrit ou de l'égyptien, mais enfin, je le répète, c'est une étude réelle et sérieuse.

Quels instruments un amateur doit-il choisir pour s'initier personnellement à la connaissance pratique de l'astronomie? de quelle manière doit-on s'en servir et que peut-on voir avec ces instruments? Telles sont les questions toutes naturelles qui se posent dans l'esprit de rétudiant du ciel.

La première étape d'un voyage scientifique à travers les régions célestes consiste dans le choix éFun instrument. Nous ne devons pas craindre à cet égard d'entrer ici dans quelques détails du métier et de dégager les abords de la route de tous les embarras qui Tobstruent. Il est très important d'avoir un bon instrument, quelque petit qu'il soit, car autrement on sera découragé dès les premiers pas. La nature humaine est ainsi organisée, qu'en général nous ne faisons bien que ce que nous faisons avec plaisir. Tout travail inutile est à éviter; on ne perd que trop de temps, et vraimeni, dans la création tout entière, il n'y a peut-être rien de plus absurde que le temps perdu. Donc, que l'instrument soit d'un maniement iàdle, et que ses qualités optiques soient sufiOsantes : n'attachei pas d'importance à l'aspect extérieur; ne vous fiez pas à la beauté, à la couleur, au vernis de la monture, ni môme à la transparence de l'objectif ou a l'éclat du miroir, si c'est un télescope : c'est à la pratique seule qu'il faut juger. Une lentille très pure peut être très mauvaise, parce que sa courbure sera défectueuse ; tandis qu'une autre dans laquelle on verra des bulles d'air et des stries peut ôtre d'un excellent service.

Il n'y a qu'un seul moyen d'éprouver la qualité d'un instrument : c'est de s'en servir . I^a renommée de l'opticien ne suflBt pas, et bien souvent on y est trompé. Ainsi, tout récemment encore, me trouvant à Lausanne chez un professeur distingué, j'ai été tout surpris de ne pas séparer en deux disques nets et bien écartés les doux composantes de l'étoile double « d'Hercule dans une lunette de 108 millimètres que ce professeur venait de recevoir d'Allemagne, et qu'il avait conunandée au nom d'une académie. Le premier objectif venu pris par un aveugle dans un magasin de Paris eût pu ôtre meilleur que celui-là. Tout objectif monté dans une lunette doit pouvoir supporter un grossissement de 2 fois par millimètre de son diamètre. Une lunette de 60 millimètres doit supporter 120; une de 75, 150; une de 95, 190; et une de 108, 216. Ce sont là des nombres qui n'ont rien d'exagéré, et un excellent instrument doit pouvoir être armé d'un grossissement supérieur encore. Les grossissements applicables aux lunettes dépendent du diamètre de l'objectif et de la longueur focale; chacun de ceux que nous venons d'indiquer peut être considéré comme normal pour l'instrument; mais on ne doit l'appliquer que si l'astre est assez élevé au-dessus de l'horizon et si l'atmosphère est bonne; autrement on obtiendra de meilleurs résultats avec un grossissement moindre : les images seront plus nettes. Revenons maintenant à la vérification qui nous intéresse.

Si l'atmosphère est pure et calme, naturellement une étoile (pas trop brillante), placée au foyer de la lunette armée de ces gi*ossissements, doit se présenter sous la forme d'un petit disque lumineux, tout petit et tout rond^ net, bien défini sans rayons, sans ailes, sans brouillard environnant, i*essortant sur un fond uniformément sombre ; on distingue alors autour de ce point lumineux un ou deux anneaux concentiîques très légers. Une étoile de 3* ou 4* grandeur convient bien pour cet essai, ou encore Jupiter et Saturne (la Lune est trop facile) ; le mieux est encore une étoile double ('). Le foyer ne doit pas occuper trop de place, et lorsqu'on l'a trouvé par le moment de la netteté absolue de l'image, si Ton avance ou si l'on recule le tube de l'oculaire, la netteté doit immédiatement disparaître et l'étoile doit se ti*ansformer en un cercle lumineux plus ou moins gros et plus ou moins vague. Il ne faudi*a pas considéi*er l'instrument comme défectueux si l'on n'obtient pas le résultat précédent dès la première soirée d'observation, lors mémo que l'atmosphoi'e paraîtrait très pure et très calme, car il arrive souvent que d'invisibles courants d'air chaud ou froid (comme j'en ai maintes fois rencontrés en ballon) coulent en plusieurs sens à plusieui*s centaines de mètres au-dessus de nos têtes et font danser les étoiles dans le champ télescopique. Les heures parfaites de calme nocturne sont en réalité fort rares. Ce n'est guère qu'après quelques semaines d'expérimentation que l'on pourra être fixé sur la valeur optique d'un instrument. Si la vision n'est pas parfaite avec le grossissement indiqué, ou avec les oculaires les plus forts appartenant à l'instrument, on examinem les étoiles avec l'oculaii^e moyen, et l'on obtiendra la netteté requise, qui sera suffisante dans les huit dixièmes de ais, attendu que le plus puissant oculaii*e n'est de service que dans les meilleures circonstances

(M On trouvera plus loin la liste des étoiles doubles par ordre de distances décroissantes.

ASTRONOMIE. — SUITLÉMENT. 85

atmosphériques, et seulement pour les étoiles doubles serrées. Mais si Ton n'obtenait cette nelleté avec aucun oculaire, le mieux serait de renvoyer Tinstrumcnt à Toptiden et de lui en réclamer un meilleur.

On peut augmenter la netteté*d*un objectif défectueux en le diaphragmant^ en lui adaptant un couvercle de carton percé d'une ouverture circulaire un peu inférieure à la sienne ; mais alors c'est aux dépens de sa puissance optique, qui est réduite d'autant: un objectif de 16 centimètres réduit à 11 ne vaut plus qu'un objectif de H.

L'astre observé doit également être dépourvu d'irisation et de couleurs, à moins qu'il ne soit voisin de l'horizon. Sans doute, les meilleurs objectifs ne sont pas encore absolument achromatiques; mais ils sont constitués de deux lentilles différentes, juxtaposées, l'une formée du verre ordinaire de nos glaces (crownglass) , l'autre composée du cristal dans la fabrication duquel il entre une quantité notable de plomb (flint-glass), qui se neutralisent l'une l'autre et corrigent les couleurs prismatiques produites par le passage de la lumière à travers elles. Si l'image jette des feux rouges ou bleus, tantôt élancés, tantôt onduleux, l'objectif est imparfait. La scintillation des étoiles leur donne une sorte de légère palpitation, mais sans nuire à leur netteté et sans leur adjoindre des rayons de couleurs étrangères à leur propre lumière.

On peut apprécier d'une manière assez simple si l'objectif est bien affranchi de cette aberration chromatique ou de réfrangibililé. Pointez la lunette vers un objet brillant, tel que la Lune ou Jupiter, et mettez nettement l'astre au foyer. Si en enfonçant l'oculaire en deçà du foyer un anneau pourpre apparaît autour du disque de l'astre, tandis qu'en reculant l'oculaire au delà du foyer un anneau vert apparaît, l'instrument est bon à ce point de vue.

On peut également appi*écier s*il est bien affranchi de l'aberration de sphéricité. Pointez-le sur une étoile de troisième grandeur et mettez bien au point. Ensuite, coiffez l'objectif d'un couvercle de carton dans le centre duquel vous aurez découpé une ouverture circulaire d'un diamètre égal à la moitié environ de celui dudit couvercle. Si l'asti-e est alors resté nettement au foyer, l'instrument est bon à cet égard.

Rappelons en passant, pour ceux do nos lecteurs qui l'auraient oublié, que l'OBjECTiF d'une lunette est la grande lentille de son extrémité supérieure, tournée vers l'étoile, yer^ïobjet à observer, et que rocuLAiREest la petite lentille de son extrémité inférieure, placée près de Vœil de Tobservateur. Il n'y a pas d'autres verres dans l'intérieur des lunettes. L'objectif est fixé au sommet du tube . L'oculaire se retire et se change à volonté. Le porte-tuyau dans lequel il est monté se visse ou s'enfonce dans le corps de la lunette, puis un bouton sert à régler la mise au point. On appelle champ de la lunette l'espace de ciel que Ton voit dans l'instiiiment. Si le grossissement est faible, le champ est vaste ; plus l'oculaii^e est fort, plus le champ se réduit.

Pour les commençants, le plus difficile est de faire arriver l'olyot désiré dans le champ de l'instrument, puis de savoir mettre au point, pour le bien voir. Voici, à cet égard, les meilleurs conseils dictés par la pratique.

Habituez- vous d'abord à observer quelque objet assez lointain sur la terre. Toute

lunette destinée à l'étude populaire du ciel compte un oculaire terrestre dans ses accessoires. Cet oculaire est le plus long de tous, et il est construit pour redresser les images renversées par l'objectif. Commencez par l'adapter à votre lunette, après ravoir débarrassée soit do Toculaire astronomique, soit du petit couvercle, qui peuvent fermer l'extrémité inférieure de son tube. Dirigez la lunette vers la maison, Téglise, l'horloge, la fenêti^e, l'arbre que vous voulez regarder, comme on pointe un fusil à la chasse, et enfoncez l'oculaire terrestre jusqu'à ce que l'objet visé soit absolument net. C'est là une affaire de tâtonnements assez longue. Si l'objet visé est un peu éloigné, et si la journée a été chaude, ou s'il y a des vapeurs dans l'atmosphère, il ne vous apparaîtra qu'à travera un léger voile aérien, onduleux : ce sont les vagues de l'atmosphère que votre lunette grossit. Mais vous arriverez pourtant à un point où la netteté sera le plus grande possible: c'est ce point-là qu'il faut noter ; c'est, selon l'expression employée, le point qu'il s'agissait d'obtenir. Vous pourrez, pour ne pas avoir la peine de le rechercher à chaque observation nouvelle, tracer un trait au crayon ou à la couleur pour marquer exactement le degré d'enfoncement du tube oculaire dans la lunette. Ce point change sensiblement suivant la distance des objets obser^'és; mais vous aurez là une première approximation correspondante à votre vue. Ce point, ce foyer, diffèrent suivant les vues. Pour les myopes, l'oculaire doit être plus enfoncé que pom* les vues moyennes ; pour les presbytes, c'est le contraire. Il faut que chacun mette à son point; autrement on voit mal, confusément, sans netteté.

Ne vous préoccupez pas de votre vue personnelle. On s'imagine en général qu'il est indispensable d'être doué d'une vue longue et perçante pour faire de l'astmnomie; c'est une erreur; tous les yeux sont bons pour l'étude du ciel, môme les plus myopes, môme les vues les plus basses. Entre les vues longues et les vues courtes, il n'y a du reste qu'une diffci-ence de foyer, et par conséquent qu'une différence de mise au point dans l'oculaire. C'est pourquoi il est indispensable que chacun mette à son point. Môme les deux yeux ne sont pas égaux, et souvent il y a plus de différence entre les deux yeux d'une môme personne qu'entre ceux de deux i)ersonnes difféi*entes. Quand nous disons que tous les yeux sont bons, il fi\ut pourtant en excepter ceux dont la rétine est trop faible ou ceux qui sont affectés de daltonisme, qui ne voient pas les couleurs comme tout le monde les voit.

Mais revenons à nos instruments :

Si votre lunette est munie d'un chercheur, c'est-à-dire d'une petite lunette adaptée à l'instrument lui-même, grossissant peu, et douce d'un champ large, c'est le moment de régler ce chercheur. Pendant que vous tenez un objet assez petit, tel que le centre d'un cadran, ou un barreau de fenôtre, ou l'angle d'un toit, ou le coq d'un clocher, au milieu du champ de votre lunette, voyez si ce môme objet est bien juste derrière la croisée dos deux fils qui traversent en a-oix le champ de votre chercheur. Tirez d'abord l'oculaire de ce cherdieur, de manière que vous voyiez nettement en môme temps ces fils et l'objet observe. Si ledit objet n'est pas juste derrière la croisée des fils, vous l'y amènerez, sans toucher à la lunette (dont il occupe le milieu du champ) par le jeu des deux vis adaptées au chercheur. Le chercheur renvei'se les images; mais peu vous importe. Centrez-le ainsi avec le plus de précision possible, car c'est de

cette opération que dépendra votre plus ou moins grande facilité d^amencr ensuite une étoile dans le champ de la lunette.

Si Tinstnunent n'est pas muni d'un chercheur, lorsque tous aurez pris quelque habitude des observations faites à Toculaire terrestre, continuez par celle de la Lune à Taide du môme oculaire, puis par celle des brillantes planètes Jupiter et Saturne, ou par celle d'une belle étoile. Alors , tandis qu'un cirque lunaire, ou Jupiter, ou Saturne, ou une brillante étoile sera dans le champ de l'instrument, enlevez doucement l'oculaire terrestre et remplacez-le par l'oculaire astronomique. Faites la mise au point de cet oculaire, et marquez-la aussi au crayon. Ne cherchez jamais une petite étoile sans que Toculaire soit d*avance mis au point.

Tant que vous n'aui*ez pas une grande habitude des observations, servez-vous de l'oculaire le plus faible. En général, les commençants ont une disposition à se servir des gi*ossissements les plus forts, de môme que les petits musiciens qui commencent l'étude du piano font un usage abusif des pédales. Tentation à éviter, temps perdu.

Il est à peu près impossible de trouver quoi que ce soit avec l'oculaire le plus iort si l'objet n'a d'abord été amené dans le champ, soit à l'aide du chercheur bien centré, soit à l'aide de Toculaire le plus faible.

Le chercheur est beaucoup plus utile qu'on ne le pense en général, môme pour les petits instruments. Il évite une énorme perte de temps, des ennuis, de l'agacement et de la fatigue. En pointant la lunette sur l'étoile, celle-ci entre naturellement dans le champ du chercheur, et en la mettant sous la ci'oisée des fils, elle arrive d'elle-môme dans le cliamp de la lunette. Au sui*plus, la description des instruments, donnée ci-après, est rédigée en conséquence.

Les deux pi*emièi*es lunettes de la liste ci-après peuvent au besoin se passer de chercheur, et leur oculaii*e terrestre peut en tenir lieu ; mais, à partir de la troisième, il y a un avantage énorme à ne pas prendi*e l'instrument sans cet utile supplément.

n est beaucoup plus difficile qu'on ne pense de viser une étoile avec précision. C'est pendant la nuit, naturellement, et l'on distingue à peine l'instrument. 11 faut cependant le voir, par conséquent l'éclairer, à l'aide d'une bougie ou d'une lampe assez éloignée pour ne pas gêner l'œil dans la rechei*che de l'étoile. Amenez la lunette dans la direction de l'étoile, sans mettre voti*e œil à l'oculaire, mais en plaçant votre œil dans le prolongement de la lunette, de manière à mettre toute sa longueur supérieure en contact avec l'étoile, et en môme temps son côté gauche, et en môme temps son coté droit. C'est seulement quand vous ôtes satisfait de votre visée, lorsque vous jugez qu'une balle partirait juste dans cette direction, qu'il est utile de mettre l'œil à l'oculaire pour constater qu'on a bien visé — oculaire le plus faible, répétons-le encore, ou mieux, chercheur. Lorsque l'étoile est dans le champ, éclipsez toute lumière^ restez dans l'obscurité absolue, et commencez vos observations.

Uuemontui*e en équatorial évite toutes ces difficultés rudimentaires ; mais tout le monde ne peut pas avoir un observatoire chez soi, tandis que tout le monde peut avoir une lunette.

Les premières fois que vous observerez un astre, vous serez tout d*abord fort surpris de ne pas le voir rester tranquille dans le champ de l'instrument; mais vous aurez vite Texplication de son mouvement en vous rappelant que toute étoile est emportée de Test à Touest par Teffet du mouvement diurne de la Terre. Si nous ne voyons pas à Toeil nu les étoiles se déplacer d'une minute à Tautre, c'est parce que nous ne les visons pas bien. Si vous restiez dix minutes immobile près d'un clocher, d'une tour ou d'un mur coupant la lune en deux ou contigus à une étoile brillante, vous constateriez tout de suite le déplacement. Mais ce qui le rend le plus sensible dans la lunette, c'est le grossissement appliqué à l'instrument : l'astre paraît ainsi marcher dix fois, cinquante fois, cent, deux cents fois plus vite qu'à Tœil nu. Plus l'oculaire est faible, plus le champ est vaste, moins le mouvement est rapide et plus l'observation est facile.

La ligne tracée par ce mouvement diurne de l'astre dans le champ de l'instrument marque exactement la direction est-ouest. Si l'instrument ne renverse pas, le mouvement s'effectue de la gauche vers la droite, comme à l'œil nu (à moins qu'on observe un astre situé entre le pôle et le zénith) ; si l'oculaire renverse, ce mouvement s'effectue de la droite vers la gauche. En observant au méridien, cette ligne du mouvement diurne est horizontale et la ligne qui lui est perpendiculaire marque exactement aussi la verticale nord-sud.

De deux étoiles qui passent ensemble dans le champ de la lunette, celle qui précède^ qui marche en avant dans le mouvement diurne, est ]^occid€fUale; c.elle qui suit est Yorientale, Il est imj^ortant de se bien mettre dans l'esprit cette configuration, dont on a souvent besoin; exemple : satellites de Jupiter, étoiles doubles, etc.

Au bout d'un certain temps, l'astre observé sort de lui-môme du champ de l'instrumont. On l'y ramènera sans peine si l'on a bien remarqué le sens de son mouvement et si l'on n'a pas attendu trop longtemps. Si l'on a attendu plusieurs minutes, il faut se servir du chercheur et placer de nouveau l'astre à la croisée des fils. Si l'astre était sorti du champ marne du chercheur, le mieux serait de recommencer le pointé.

Le gi*ossissement des oculaires est en raison inverse de leur longueur et de leur ouverture : le plus fort est le plus petit et celui dont l'ouverture est la plus étroite. Généralement les opticiens pi-ennent le soin de les numéroter et do graver le chiffi^e des grossissements. Si vos oculaires ne portaient pas ces indications, ou si vous vouliez les vérifier, vous pouvez le faire vous-mêmes. Le moyen le plus simple est de regarder un même objet à l'œil nu et à la lunette en môme temps, un œil regardant directement et l'autre à la lunette, et de com* parer. Un mur de briques ou de pierres bien sépai^ées, un toit couvert de tuiles, une échelle placée à distance, conviennent bien pour cette opération; la condition indispensable est de voir nettement à Tœil nu le môme objet examiné à l'instrument. Ce grossissement s'apprécie toujours simplement en diamètres, et non en surfaces, comme on le fait un peu abusivement pour les mici'oscopes. Si vous comptez trente briques à l'œil nu recouvertes par une seule, vue à la lunette, l'oculaire employé grossit trente fois. Cette méthode, toutefois, ne peut servir que pour les faibles oculaires; pour les forts, on pourra coller un ceixle blanc d'un mètre de diamètre sur une planche noire verticale éloignée à une

grande distance, placer à côté de petits cercles blancs également, d*un diamètre de 5, 4, 3, 2, 1 centimètres, et de 8, 7, 6, 5, 4, 3 millimètres, et voir lequel des pelits'cercles vus dans la lunette recouvre le grand vu à l'œil nu. Enfin, si Ton veut une appréciation plus précise, on demandera aux opticiens un petit appareil anglais très simple, construit par Berthon, ou le dynamètre de Ramsden, accompagnés de leur instruction, et à Taide desquels on peut mesurer exactement le pouvoir grossissant dont il s'agit.

n n'est pas moins intéressant de connaître le diamètre du champ de chacun de vos oculaires. La Lune peut avantageusement servir : son diamètre moyen est de 31' 7. Deux lunes, pour un champ, indiquent donc ime largeur de champ de 63' ou de 1^ 3' ; une demi-lune, au contraire, indique une largeur de champ de 15' à 16'. 11 y a sur la Lune deux points très faciles à prendi'e comme repères, le sixième jour de la lunaison : c'est le cirque de Ménélas, au sud de la mer de la Sérénité, et le cirque d'Eudoxe au noi*d. On remarque là deux arôtes de montagnes qui dépassent nettement le bord éclairé, comme deux pointes, visibles dans une simple jumelle, si on les observe à cette heure critique où le soleil se lève i)Our elles : elles forment un contraste remarquable avec la pleine nuit de la mer de la Sérénité. La pointe voisine d'Eudoxe est le Caucase et celle voisine de Ménélas appartient aux monts Hémus. La distance entre ces deux pointes est d'environ 6' Ij et celle d'Eudoxe à Ménélas de 7', On peut aussi se servir de certains groupes d'étoiles. Dans les Pléiades, la distance d'Alcyone à Electre est de 36' et celle de Méropc à Maïa, de 25'. La distance de 30 Licorne à 2 de l'Hydi-e est de 26', et à 1 de l'Hydre de 12'. On a encore comme repères faciles :

I Scorpion 40'

T Verseau 40'

6 Sagittaire 35'

rOrion 32'

l Sagittaire... 20'

|i Sagittaire.... 2'J'

P Sagittaire.... 28'

X'Orion 28'

p Sagittaire 22'

ii*Orion 15'

» Scorpion 14'}

h Sagittaire.... 14'

« Lyre 12' i

V Sagittaire .... 12'

n Pégase 12'

C Gr. Ourse.... 11' 48'

I& Scorpion 8'

a Taureau 7' 10*

a Capricorne ... 6'

i Orion 6'

T Petit cheval . . 6'

X Taureau 5'40'

0» Cygne 5' 38'

• Taureau 5' 37"

; Lion 5' 10'

a Balance 3' 49'

• Lyre 3' 27'

P Capricorne... 3' 25'

; Or. Chien.... 2' 47'

6 Orion 2' 15'

Ou encoi-e on pourra choisir une étoile voisine de Téquateur, telle que 5 Orion, Y Vierge, 6 de TAigle, a du Verseau, et la faire traverser centraUment le champ de la lunette. On comptera le temps de cette traversée en secondes ; on recommencera plusieurs fois Topémlion ; on prendra la moyenne des résultats, et on multipliera celte moyenne par J5. Le chiffi-e ainsi obtenu sera le diamètre du champ en secondes d'arc; en le divisant par 60, on l'aura en minutes.

Le pouvoir de Tinstrument pour le dédoublement des étoiles peut ôti-e résumé dans la petite table suivante :

LUNETTES ASTaONOHIQUES

Diamètre de l'objectif

DédoublemMt

Diamiinc do l'objectif

Dédoublement

CD pouces en millimètres

possible

en pouces

ea

millimètres

possible

li 40

Un instrument de premier choix doit donner ces dédoublements, en en exceptant toutefois les couples d'étoiles dans lesquels la principale est trop brillante et éclipse sa compagne, et à la condition que Tinstrument soit bien stable, que Tatmosphère soit bien pure et que Tastre observé soit à plus de 40 degrés de hauteur au-dessus de Thorizon, attendu que les données précédentes contespondent aux plus forts grossissements.

La stabilité est une condition essentielle. Uue lunette, quelque excellente qu'elle puisse ôtre, ne servira à rien s'il faut la tenir à la main; elle ne sera que d'un médiocre usage si elle est posée sur un mauvais pied, d'un maniemont brusque ou difficile. N'hésitez pas à consacrer ime partie du prix au pied et au chercheur : mieux vaut posséder un instrument moins puissant dont on puisse agréablement et facilement se servir, qu'un instrument plus puissant dont l'usage vous rebuterait au bout de quelques semaines. L'astronome Lacaille a construit son fameux catalogue de 9766 étoiles australes avec une petite lunette de 14 millimètres ou un demi-pouce, admirablement montée (c'était le chercheur de son grand instrument).

Les lunettes indiquées ci-après sont toutes montées et vissées sur des pieds stables. Les plus petites sont destinées à ôtre posées sur un pilier ou sur une table bien callée (les guéridons à trois pieds remuent facilement et ne valent rien). Le plus léger mouvement se centuple dans la lunette et s'y perpétue, rendant les observations impossibles. Il importe môme de s'abriter du vent, qui suffit pour faire osciller la lunette et faire danser les étoiles. Si l'on observe du haut d'un étage élevé, les trépidations du sol causées par le passage des voitures se ti-ansmettent à toute la maison, et il est impossible de les éviter : choisir l'endroit qui en est le plus afiEranchi, et profiter des heui*es ou des instants de tranquillité.

lia lunette doit ôtre montée de telle sorte sur son pied, qu'elle puisse facilement se mouvoir dans la verticale, ou en altitude, et dans l'horizontale, ou en azimut, et être centrée de telle sorte qu'elle reste stable, en équilibre, quelque position qu'on lui donne. Autrement on ne pourra rien trouver, rien observer au ciel.

Observez de préférence en plein air, môme pendant l'hiver, et sans cminte de l'air de la nuit, en prenant les prccautons suffisantes. 11 n'y a rien à redouter de ces exercices astronomiques à la belle étoile : la longévité bien connue des anciens astronomes en est la meilleure preuve (aujourd'hui nous vivons plus vite!). Si vous ne pouvez observer en plein air, n'ayez ni feu ni lumière dans la pièce où l'instrument est placé. Placez-vous dans l'obscuiité plusieurs minutes

avant de mettre l'œil à roculaii*e; autrement vous ne distingueriez même pas le champ de la lunette.

Lorsque vous chercherez une petite étoile ou une nébuleuse et que vous ne la trouvei'ez pas là où vous savez qu'elle est, n'abandonnez pas la recherche sans avoir regardé obliquement, en détournant Tœil : la rétine est alors frappée par des rayons qui demeurent invisibles lorsqu'ils arrivent de face.

Toutes les fois que vous ferez une observation, n'attendez pas au lendemain matin pour l'inscrire : la mémoire est infidèle. Notez la date, l'heure et la minute. Soyez clair, précis, et aussi complet que possible dans vos dessins et dans votre rédaction, ne serait-ce que par méthode. Il arrivera parfois qu'un observateur rapportera une observation faite à la môme heure que vous : en recourant à vos notes, vous pourrez vérifier vous-même, corriger ou compléter son récit.

Voyons maintenant quels instruments on peut choisir pour commencer l'étude de l'astronomie.

Puisque dans la vie pratique tout se réduit à des questions d'argent, laissons encore un instant l'étude contemplative et la poésie de côté pour nous occuper de ces vulgaires détails. Et pour commencer par le commencement, j'avouerai qu'il ne me parait guère possible de faire sérieusement un peu d'astronomie à moins d'un instrument d'une valeur de cent francs. Voici donc la liste que j'ai pu établir de concert avec les principaux opticiens-frabricants de Paris (lesquels, on peut le dire, ne sont pas des^conunei*cants ordinaires, et font aux amis de la science qu'ils aiment toutes les concessions possibles) (').

Avant d'arriver aux instruments d'optique proprement dits, rappelons qu'à l'aide d'une bonne jumelle on peut déjà apprécier certains spectacles célestes vraiment remarquables, notamment les richissimes agglomérations d'étoiles dans les régions blanches de la Voie lactée, la Chevelure de Bérénice, les Hyades, les Pléiades, l'amas du Cancer, la nébuleuse d* Andromède, les amas de Persée et d'Hercule, et les étoiles voisines brillantes ou les belles étoiles doubles très écartées, telles que y Petite Ourse, i Scorpion, t Verseau, 6 Sagittaire, x' Orion, X, Ç, fA p et p du Sagittaire, m du Scorpion, h du Sagittaire, îde la Lyre, ic Pégase,

V du Sagittaire, Mizar et |Alcor, ji [du Scorpion, 9 du Taureau, « du Capricorne,

Y du Petit Cheval, i Orion, 6 Taureau, « Balance, t Lyre et 6 Orion.

(') J'ai cru devoir ne signaler ici que des opticiens français, sentiment tout naturel ; mais comme l'intérêt de la science prime tous les autres, je prie les observateurs de vouloir bien me faire connaître s'ils ont éprouvé de meilleurs instruments — à prix égal, bien entendu — et s'ils leur ont reconnu des avantages incontestables : que ces instruments soient dus à des opticiens français avec lesquels je ne me trouve pas en relation, ou à des opticiens étrangers, il en sera tenu compte dans les futures éditions de cet ouvrage. Le progrès de la science et de rinstruction publique avant tout!

LUNBTTB8 ASTRONOMIQUES ET TERRESTRES No 1 (')

Diamètre total de Tobjectif. 57 millimètres.

Longueur focale ; 85 centimètres.

Un oculaire terrestre grossissant 35 fois.

Un oculaire céleste grossissant 90 fois.

Monture en cuivre et trépied en fer. (Modèle fig, 395).

Principaux usageê

ObMmtioa de la Lue : arqtet, mers, moaU^aet. — SatelUles dA Japiter. — > Grosses Ucbet solaires. ^ Anneai de Satorne (toat petit). — Phases de Véoos. — Pléiades, Crèche, amu d'Herrnle et de Persée. — Nébalevses d'Orioa et d'AndroBiède. — Etoiles jusqu'à la 8* greodeor. — On poarr« esuyer de dédoubler les étoiles Josqn'à 9'3 d'érarte- Bent ; nais pour dédoubler neUemeni dans les circonstances ttmosphériqaes ordinaires, et pour avo r an bean spectacle 11 ne ftndra pu descendre an-dessoos de 5' 0, ni choisir les couples chex lesquels Téloile principale est de seconde on de preaière fraadenr et ton compagnon de 7* on an dessous. Les plus faciles et en même temps les plus belles sont par ordre ée distanees déeroliianles : t Ljre, 0 Orion, o' Cygne, x Lion, ^ Uètre, v Dragon. S Orion, 0' Orion, i; Lyre, t Céphée, V Scorpion, S Petit Ghefal. p Cngne, 0' Orion, 0 Serpent, a Chiens ée chasse, Mi»ar, p Scorpion, % BonTier, y Donphin, Y Anirmèie» y Bélier, C Couronne, k Bonvier, 05 llircale, C Cancer, 44 i Bouvier, et si l'atmosphère est bien e, Castor et Y Vierge.

Fig. 305. — Lunette n* 1 (échelle ^). FIg. 3U0. -* LtiueUe n* 2 (écheUe ^).

No 2 (•)

Diamètre total de l'objectif 61 millimètres.

Longueur focale 90 millimètres.

Un oculaire terrestre grossissant 40 fois.

Un oculaire céleste grossissant iOO fois.

Monture eu cuivre et solide pied de fonte. (Modèle fig. 396).

Principaux usages

Cirques lunaires, mers, montagnes, cratères. — Satellites, bandes et aplatissement de Jupiter. — Taches du Soleil. — Anneau de Saturne. — Phases de Vénns. — Pléiades, Crèche, amu d'Hercule, de Persée, des Gémeau, du Grand Chien, dn Serpent. — Nébuleuses d'Orion, d'Andromède, de la Vierge, du Taureau, du Lion. — Étoiles Jusqu'à la 8* grandeur et demie. — On pourra essayer de dédoubler les étoiles jusqu'à i'O d'écartement ; mais an-dessous de 4'6, on ne réunira que si l'atmosphère est excellente, et si l'étoile principale n'est pas trop brillante ni la seconde trop petite. Les plus beau spectacles seront offerts par les étoiles de la liste précédente, enrichie de plusieurs autres, notamment par e Lyre, p Capricorne, C et ô Grand Chien, 0 Orion, pi Bouvier, o* Cygne, y Lièvre, v Dragon, 8 Orion, 0* Orion.

(') Constructeur : Bardou, rue de Chabrol, 55, Paris. — Prix de fabrique : 100 fr. (') Constructeur : Molteni, rue du Ctiateau-d'Éau, 44. — Prix de fabrique : 140 francs.

C Lyr«. 8 Céphéc, v Scorpion, SO Bélier. 8 PoUt ClMnl. 16 Cynt, I 747 Orkn, 57 Aiflo, p CyfM. 77 tS Ofioû, '^ [hagon, 4>' PoiisoBS, % Horcalo, i CaMor, p' Saf iiliiro, C PoiMou, o Capricorao. 0* Orioi. 0 SarpcaC t4 Cbtvelaro, a ChieBS d« chasse, 6i Cygne, 40 Dragon, fO Géneaax; P. XIV, flf BaUnre; MÎMér, 19 Lyni. 8 Ucorne, 94 Veraean. ^ Seorpion. % Boofier, 9 Orioo, 39 OpUncbne, y Daii^te, c Petit Ctenl, y Anironi^tfe, P. XI, 96 Hjdre, S5 Bridan, X 730 Taorean, y BélUr, If Lyni, S3 T Versean, i CaMiopée, % Scorpion, If Licorae, 8S Sellant. 31 Eridan, l Ophée. C Covonne ; P. XIV, 69 Bonvier ; % Bon? Ur, 9S BereuU, 93678 Corbeaa ; — Castor, i| Giisiopée, C Cancer, y Vierge, 44 i Bontier, f Cancer, et a Hercnle ai ratmosph4re est calme et père.

Diamètre de Tobjectif 75 millimètres.

Longueur focale 1 mètre.

Uo oculaire terrestre grossissant 50 fois.

Deux oculaires célestes grossissant 80 et 150 fois.

Monture en cuivre et pied en fer (Modèle fig. 397).

Principaux uêàgêê

Clrqnes Innaires, cratères, pics et caractères spéciaai de la topographie sélioologiqie. Satellites de iapiter; aplatissevent, bandes, noages de cette planète. — Taches dn Soleil. — Satnrne, annean et en uiellite. — Phase* de Vénas et de Mercare. — ICars : Uchc polaire. — Uranos : petit diiqoe. — Pléiades. Crèche, amas d'Hercale, de Persée, des Gémeau, de Grand Chien, da Serpent, da Cocher, d'Ophiochas. — Nébalenses d'Orion, d'Andromède, de la Vieige, da Taareaa, da Lion, de U Ljre, des Chiens de chasse, de la Chefelare. — Étoiles Jasqa'à la 9* grandear.

Fig. 397. - Limette n- 3 (échelle ^). F,g. 303. ^ Lunette n- 4 (écheUe ^).

— On pourra esnyerde dédoubler les étoiles jasqa'à lit mis aa-dessoas de 4'0 on m r^ttin «»• .: i'.i™.i.a

ml oen d. I. Ii.l« prtçMeow «xqmlt od p«t ilo.Ur : P. M, «30 GinT.. P. XII. SS Vli«. P. 1" iê» CuÏÏ. vTMre«o.« HettaU, v' Gnad Chitn, 88 Lira, 66 BileiM. M L,bi. 0 OpWt 8J P»l«»i P II «Vo P.Z!' î<r,Ti''- ^"'Vl"'r' "^*'V ^ «»»» Scorpion. 5* Hjdr./ss sJ^ùlf 17^^:1 dZ^i '6,^"t Vi^^'

Diamètre de Tobjectif 95 millimètres.

Longueur focale l-,30 centim.

Un oculaire terrestre grossissant 60 fois.

Trois oculaires célestes grossissant .'.'.' 80,!5oêt200fois

Monture en cuivre et pied de fonte (Modèle fig. 398). (•) Constructeur : Bardou. - Prix : 190 francs; avec le chercheur : 225 francs. (*) Constructeur : Moltem, - Prix : 380 francs; avec le chercheur : 415 francs.

Principaux uêàgea

ÈtÊà9 de U topographie limaire: cntèret, pics, détails des paysages et ralnores principales. — Aspects nriables de ioplter. nuages et lâches. — Soleil : taches, pénonbres, ficnles. — Saturne, dédonblement de l'annean, 9 satellites.

— Phases et échancrvres da croissant de Vdnos. — Phases de Mercnre. -- Neiges polaires et taches principales de Mars.

— Petites planètes. — Dlsqne d'Uranns. — Principaux amu d'étoiles. — Priocipales nébalenses. — Etoiles jasqn'à la 10* grandeur . — On pourra essayer de dédoubler jusqu'à l'3; mais on ne réussira an-dessou» de 8'0 que dans des conditions exceptionnelles. Aux étoiles doubles des listes précédentes on peut sjouter : la Polaire (si la nuit est noire et calme), il Aigle. 85 Pégase. £569 Persée, i Orion. 9 Chiens de chasse, e Persée, C Flèche, x Céphée, 8 Gémeaux, 0 Vierge, 5f Cygne, p Orion. 30 A Bridan. 88 e Gémeaux, £ 1083 Gémeaux, 55 Poissons, x Gémeaux, 41 Verseau. £ 1998 Cancer. £ 918 Baleine, p Capricorne, x Lièvre, C Versesu, 8 Serpent, e Hydre. <^ Cygne, 84 Vierge. ic Capricorne, 90 Lion, ^ l'ion, c* Lyre et a Poissons. Les plus jolies sont : Hiiar, le Cœur de Charles, ^ du Cygne, Y Andromède, f Dauphin, y Bélier. 39 Bridan, 05 Hercule. 44 i Boarier. a Hercule, Castor et f Vierge.

FIg. 309. — Lnnette n« 5, en éqinatorUl (^). Fig. 400. — Tâatcope FoncauU, en équatorlal (^).

Diamètre de l'objectif 108 millimètres.

Longueur focale iB,60 centimètres.

Un oculaire terrestre grossissant 80 fois.

Trois oculaires célestes grossissant 100, 160 et 250 fois.

Monture en cuivre et pied de fer (Modèle fig. 899). Chercheur.

(•) Constructeur : Bardou. — Prix : 600 francs, avec le chercheur, indispensable. —Avec un soutien de stabilité servant à diriger la lunette par mouvemenU lents : prix : 650 francs. Montée sur pied Cauchoix : 1000 fr. — Montée en équatorial : 1450 fr.

Ctit là It wérUÊkUtmitmment i'ituâê ponVuUmwmt UMlttr qil tait êérkmÊtmtvA tummant n dd tel ndllem liftuU dt Miir. Ottrt les eariof ités éuaérécf dtai les littet préeédcntef, tel iBitriiMBt penMC dt vérifier 44 titu pntii-t tootet les décMTertes dt l'utroDonit nodirroe, et de voyager dats lei donaiocs dt rutrwoail« lidérale coium dau ceax de rastroaoaie plaB^taire. Il lerait raparflu da récapiialar ici laa lajeu d'obtarvalioa, ptiaqi'ai peot voir à pet près tooi ca ^1 ait décrit dans cet Mvrif a.

On davra. en das condiiions atnoaphériqnaa bvoraUea, séparer les composantas des élollas dooblas Jasqa'à f '0 d'écarlamcst, si la principale da coaple n'est pu Uop brillante et la petite trop ninotcale. Cobhw objets d'éprenvas. on doit dédoablor fort naUeaMBl an crépnscnle Rigal et Antarts, ainsi «na les derniéiea étoiles da la lista pnbUéa d-après, Jna^'à c dn Bélior in-

Flg. 401. — Lunette montée sur le pied Cauchois.

clnslvemat. Castor, y Vierge, a Hercnta, ( Booviar. p Herenla, a dn Cjgna, C Varsean. 6 Serpent, v dn Lloo, a Polsi s Bonviar, (i dn Dragon, Ç Orion et mena i Grande Oorse et a Ophindins doivent sa présenter sons raspect de conpiaa détacbés, nets, Innlneox. iplendlJes.

La pied la pins sUUa et le pins commode poar cet Initmment est la pied en bols mécaniqne dn système de Canchoii ; mais Il est nn pen encombrant, snrtoat lorsqa'oa doit faire glisser la hinetle anr nn balcon on sor noe terrasse par Tambrasare d'nne lanètre. Les pieds de fonte an de fer occapent moins de place et sont pins avantagent I cet égard. Il sera ntlle d's)onler an ocnlairts une montnre à prisme ponr observer lea étoiles vobines dn Zénith. * L'étadianl dn ciel qni sa troavera dans les conditions favorables ponr installer cbes Ini une telle lanetle montée en équêlofini sera le pins benreu des mortels. Il habitera désormais le ciel et n'en sortira pins. Mais e*est là nn itve qne pen de snvtnis penveit rénllsir.

A ces instiniments on peut en adjoinare de plus puissants, et les observateurs qui auront pris goût à Tétude du ciel pourront se lancer résolument dans les conquêtes de Tinfini; mais ceux qui précèdent suffisent pour commencer, et à cette heure où les lecteurs de V Astronomie populaire surpassent le chiffre de cinquante mille et ceux de ce Supplément le chiffre de trente mille, Tauteur déclare qu'il considérerait ses efforts comme couronnés d'un succès inespéré, si un millier seulement d'entre eux se décidaient à faire de l'astronomie pratique, et se munissaient d'instruments destinés à les conduire parmi ces régions merveilleuses d'où l'on redescend toujours meilleur (').

Nous n'avons pas parlé des télescopes^ quoique depuis l'application des procédés de Foucault et la construction des miroirs en verre argenté, ils aient regagné la place qu'ils avaient un peu perdue en optique, et quoique, quant à leur usage populaire, ils soient, à puissance égale, d'un prix inférieur aux lunettes. Je me sers depuis bien des années des deux espèces d'instruments, et la pratique m'engage à conseiller de préférence l'emploi des lunettes, parce que les objectifs ne se détériorent pas (à moins de les exposer sans aucun soin à Thumidité et à la poussière), tandis que les miroirs se tachent à la moindre goutte d'eau, surtout dans Tatmosphère des grandes villes, se ternissent, et demandent à être réargentés de temps en temps. Il y a là un inconvénient et une source d'ennuis et de dérangements. Or comme, en définitive, la vie est très courte, que celui qui s'adonne avec quelque passion aune étude quelconque n'arrive pas à réaliser la dixième partie de ses plus chers projets, et que nous devons autant que possible réduire toute chose à sa plus simple expression, les lunettes sont préférables aux télescopes. Cependant, avec de grands soins, on peut conserver un télescope très longtemps, une dizaine d'années, en état satisfaisant et au besoin le réargenter soi-même, et comme ce sont là des instruments d'un maniement très commode, il est utile de les connaître aussi. On construit aujourd'hui des télescopes Foucault de 10 centimètres d'ouverture et de 60 centimètres seulement de longueur, d'une puissance optique égale à la lunette n"" 4 ci-dessus ('). Ce sont là des instruments simples et élégants, et d'un usage fort agréable. Déjà plusieurs sont montés en équatoriaux d'une grande précision (').

[Qu'il me soit permis de couronner cette notice par un vœu tout d'à-propos et d'actualité. C'est avec un grand bonheur que j'ai reçu jusqu'à présent les dessins souvent parfaitement réussis faits par les observateurs qui se sont adonnés à l'examen des principales curiosités du ciel. Désormais ces envois pourront être utilisés, lorsqu'il y aura lieu, dans la publication spéciale que nous allons fonder, dans la Revue Astronomique^ qui va devenir ainsi le recueil le mieux préparé pour publier les observations d'un intérêt général, pour rester au courant des progrès de la science, pour étudier et discuter avec indépendance toutes les grandes questions relatives à la connaissance de l'univers. ]

(') Les listes des opticiens constructeurs qui viennent de m*ôtre communiquées (octobre 1881) montrent que trois cents lecteurs environ ont acheté des lunettes astronomiques depuis deux ans. C'est d'un excellent augure.

(•) Constructeur : SecréUn, place du Pont-Neuf, à Paris. —Prix (avec le chercheur) : 400 francs.

(») Le môme instrument, monté en équatorial, cercles donnant la minute de degré en déclinaison et les deux minutes horaires, prix : 900 francs.

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