‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 331 sur 373 · C. — Périodeê moyenneê (4 mois à 1 »n · texte numérisé non relu

C. — Périodeê moyenneê (4 mois à 1 »n

T Aigle 8,8 à 9,5 mjotrs*

R Pet Renard. 8,0 12,8 137

T Poissons.... M 10,0 148*

R Vierge 7,0 10,5 145

8 Aigle M 11,8 146

T Hercule 7,7 11,8 165

R Baleine 8,3 12,8 167

V Taureau.... 8,6 12,8 170 8 Scorpion.... 0,8 12,5 177 TOphinchns.. 10,6 12,5 186*

R Bélier. 8,0 12,3 187

8 Balance 7,0 12,0 190

8 Lion 9,3 13,0 192

a Capricorne.. 10,5 13,0 203

T Verseau 6,8 12,6 203

RPersée 8,6 12,5 209

U Vierge 7,9 12,5 212

ULion 8,0 14,0 219

R Bouvier 6,7 11,8 222

8 Gr. Ourse... 7,9 10,7 226

S Ophiuchus.. 8,6 12,5 229

8 Sagittaire... 10,0 12,7 230

il Gémeaux.... 3,2 4,0 230*

U Gémeaux... 9,3 13,0 230*

a Hercule 3,1 3,9 233*

V Vierge 8,5 13,0 252

S Hydre 8,0 12,2 256

TGr. Ourse... 7,6 12,2 258

R Girafe 8,2 12,0 265

T Capricorne.. 9,3 13,0 269

R Sagittaire... 7,1 12,0 270

SBouTier 8,3 13,2 272

V Cancer 6,8 14,0 273

S Dauphin.... 8,5 10,8 276

8 Verseau.... 8,4 11,5 280

R Dauphin.... 8,0 12,8 284

8 Bélier. 9,4 13,0 288*

T Gémeaux... 8,4 13,0 288

T Hydre 7,5 12,5 289

S Gémeaux... 8,4 13,0 295

8 Hercule 6,3 11,9 301

RGr. Ourse.. 7,0 12,0 302

R Ophiuchus.. 7,8 12,0 304

U Cancer 9,3 13,0 306

S Pégase 7,6 12,2 318

R Corbeau.... 7,0 11,5 318

R Hercule .... 8,5 13,0 318

8 Cygne 9,1 13,0 322

T Bélier 8,0 9,6 323*

R Couronne... 5,8 13,0 323*

8 Petit Chien. 7,6 ii fi 324

R Taureau .... 8,2 à 13,0 325

*Toini TAiuno2ct Fiuoon

T Dauphiu. ... 8,5 à 13,0 330 Javt

0 Baleine. 3,3 8,5 331

I^Lion 5,8 10,0 331

T Peut Chien. 9,4 13,0 33ft

S Baleine 7,5 10,7 333

R Petit Chien. 7,5 9,8 337

T Vierge 8.4 13,0 337

T Serpent 9,5 12,8 340

S Scorpion.... 9,8 12,5 342

R Poissons.... 7,8 12,5 344

H Aigle 6,9 11,1 345

R Capricorne. 9,2 13,0 347

D. — Périodes voUines de i an.

S Persée 8,0 à 10,2 358 jom

R Cancer 6,3 13 359

S Serpent 8,1 12,5 359

R Serpent 6,6 11,0 359

S Couronne ... 6,9 12,2 363

R Chevelure . . 7,7 18,0 363

T Cygne 5,0 6,0 365*

RCéphée 5,0 10,0 365

RLynx 7,8 12,7 365

R Peut Lion.. 6,8 11,0 369

34 Bouvier.... 5,3 6,0 369

R Gémeaux... 6,9 12,3 370

E. — Périodes supérieures à une année.

8 Vïôrfi:e 6,7 à 12,5 373 Jow

T Pégase. 9,0 12,5 874

S Taureau 9,9 13,0 378

R Pégase 7,3 12,0 379

ROrion 8,8 13.0 380

TSagitUire... 7,8 11,0 381

R Verseau.... 7,1 11,0 388

R Andromède. 7,1 12,8 405

U Hercule 7,1 11,5 405

R Cygne 7,0 14,0 405

X* Cygne 4,5 13,0 406

8 Poissons.... 9,0 13,0 406

SOrion 8,3 12,3 410

RGassiopée... 5,8 12,0 410

R Hydre 4,7 50,0 432

TCassiopée... 6,7 11,1 435

R Lièvre 6,5 8,5 438

U Capricorne.. 10,5 13,0 450

T Cancer 8,3 9,9 455

R Cocher 6,9 12,6 464

U Cygne 7,5 10,8 465

SCassiopée... 7,6 13,0 614

R Scorpion.... 9,7 12,5 648

R Balance 9,6 à 13,0 722

706 ÉTOILES VARIABL{S PÉRIODIQUES

Ce tableau est fort instructif, n nous conduit aux déductions suiyantes :

i* Plusieurs périodes sont excessivement rapides, descendant à 24 heures, et même à moins encore. Il semble que ce soit là l'indice de mouvements de rotation de ces lointains soleils, plutôt que de révolutions de planètes ou d'anneaux produisant des éclipses partielles. Ces étoiles à périodes très rapides sont généralement atuz brillantes (12 sur 22 sont visibles à Tœil nu), et l'amplitude de leur oscillation n'est pas eônsOirable (1 à 2 ordres de grandeur seulement).

2* Un second groupe de périodes se place entre 27 jours et 71 jours.

3* On n*a pas encore remarqué une seule période comprise entre 71 et 120 jours. Il y a Ut Tindication d'une cause naturelle à étudier.

A* Les autres étoiles variables périodiques se placent toutes entre 120 et 722 jours. Elles peuvent être divisées en trois groupes; mais les périodes se suivent d'assez près, sans nouvelles lacunes. Selon toute probabilité, ces astres sont d'une autre nature que ceux de nos deux premiers groupes. Ils sont généralement peu brillants, invisibles à l'œil nu, et l'amplitude de leur variatiou est souvent considérable, s'élevant jusqu'à 4, 5 et 6 ordres de grandeur. — n est probable que a d'Hercule, dont la période de 233 jours se compose de souspériodes de 60, 38 et 26 jours, devrait être comprise parmi les étoiles de notre second groupe.

5* On ne connaît encore aucune étoile périodique régulière et certaine dont la périodicité s*élève à plusieurs années.

6* Sans qu'on puisse décider encore quelle est la cause productrice de ces variations périodiques, on peut classer, par ordre de probabilité : d'abord la rotation d'un astre dont la surface n'est pas homogène en intensité lumineuse* ensuite la révolution d'un anneau nébuleux tournant dans le plan de notre rayon visuel, enfin celle d'une grosse planète causant une éclipse partielle. Cette dernière hypothèse ne peut s'appliquer que dans les cas restreints où la diminution de lumière est très courte relativement à la durée de la période, comme dans l'exemple d'Algol, de S du Cancer et de quelques autres ; mais tel n'est pas le cas général. Enfin on peut encore voir là des phénomènes périodiques analogues à celui de nos taches solaires, dont la période est de 11 ans, mais plus rapides et plus accentués : ces soleils se voileraient périodiquement de taches ou de nuages, comme s'ils étaient soumis à de véritables alternatives de saisons dues soit à des marées causées par l'attraction de leurs planètes, soit à une sorte de rythme inhérent à leur propre constitution physique. La coloration rouge que l'on remarque sur la plupart de ces étoiles indique d'ailleurs une constitution spéciale, confirmée par l'analyse de leur spectre. Il est probable que ces lointains soleils sont à leurs derniers siècles et prêts à s'éteindre*

8UBITBMB1IT APPABUBS DAH8 LB CIEL

Nous réunissons sous ce titre les étoiles qui ont brillé soudain d'un vif édat, ont paru nouvelles dans le ciel parce qu'elles sont devenues visibles à l'œil nu et qu'elles n'avaient pas été vues précédemment, et sont redevenues invisibles après l'épuisement de cette conflagration subite. Ce sont là des étoiles variables qui ne peuvent entrer ni dans le cadre des périodiques régulières ni dans celui des lentes variations séculaires. La fameuse étoile nouvelle de 1572, dont nous avons rapporté Thistoire, en est l'un des types les plus remarquables, n est naturel de donner cette liste dans l'ordre chronologique. Pour les apparitions anciennes, les positions sur la sphère céleste ne sont qu'approchées, les observations n'ayant pas été précises.

Quelle est la cause, quelle est Texplication de ces apparitions soudaines? Selon toute probabilité, l'étoile ainsi allumée n'est pas nouvelle, mais ancienne : c'est un astre de faible édat dont la lumière a été tout à coup décuplée, centuplée. Comment? Nous pouvons faire sur ce point plusieurs hypothèses. Une rencontre, un choc provenant d'un corps céleste extérieur, peut amener un grand développement de chaleur et de lumière par la simple transformation de son mouvement arrêté et converti en chaleur. Mais, dans ce cas, l'astre, ayant subi vtne énorme élévation de température, demeurerait longtemps en cet état, et ne s'éteindrait pas en quelques semaines, comme il arrive souvent dans ces conflagrations subites. Il est plus probable qu'il s'agit ici de soleils sur le point de s'éteindre , déjà figés extérieurement et revêtus d'une écorce commençante, et qui, soit par suite d'une convulsion intime, soit par suite d*un choc extérieur, auront subi une sorte de déchirement ou d'effondrement dans cette écorce, que aura momentanément misa nu l'océan incandescent intérieur. Ou bien encore, l'atmosphère d'un tel astre aura subi un embrasement, une conflagration physique, un véritable incendie. C'est seulement dans les dernières apparitions de ce genre que la spectroscopie a pu être appliquée à l'analyse de ces combustions lointaines. Elle a précisément montré dans leur lumière la coexistence de deux spectres superposés, et la combustion d'une énorme quantité d'hydrogène.

Yoid la liste historique de ces curieuses apparitions.

ÉTOILES SUBITEMENT APPARUES DANS LB CIBU Dates d'apparition. ConrtallaUoai. PosUtona.

Eclat.

JaiU. 134 av. J.-a

Dec. 123 apr. J.-G*

Mars 369.

Avril 386.

An 389.

Scorpion. Tête: entre p et p. l** grandear.

Ophiuchuê. entre « Herc. et a Ophioch. 1** grandear. Centaure entre « et p. 1"* grandeur.

(Le catalogue chinois n'indique ni sa position ni son éclat.) Sagittaire. entre X et 9. très grande.

Aigle. près de ou l'* grandeur.

Scorpioru

dans la queue.

très grande.

DAtatd'àpptrition.

CwmellaHoM. PotlUon.

ÉdaC.

Scorpion. Date douteuse.

1"* grandeur.

Cësêiopée* près Géphée.

grande étoile.

Mai lois.

Bélier. (peut-être 1006 ou 1011.)

grosseur extraord.

JuiUet 1202.

Scorpiotu dans la queue.

!•• grand., bleuâtre.

Ophiuchus. près du serpenU

1"* grandeur.

JaiUet 1264.

CMêêiopée. près Gépbée.

grande étoile.

Bclat. de l'* grand.

11 noTembre 167

t.CM$9iopée. m: 0^16^; d.m-63*276 (1660).

Février 1676.

((Constellation non indiquée.)

t extraordinaire, t

l-' juillet 1664.

Scorpion. Tète : près de «.

t grande étoile. »

16 août 1600.

Cvgn9. B : 20*18-21-; D :-h3i*3y9 (1660).

S* grandeur.

10 octobre 1604.

StrpenUire. m : 17*2S-27*; d :— 21*22^ (1860).

1** grandeur.

An 1600.

(vue au sud-ouest.)

grand, considérable.

20 joio 1670.

RenardL m : 19^42-38*; d:h-27M'6 (1880).

6* grandeur.

26 sept. 1690.

SagitUire. c dans le cou » 19M)-±; — 20*,*

4* grandeur.

26 avril 1646.

SerpenUire. M : 16^52-47-; d :-.12»42'6 (1860).

y grandeur

12 mai 1666.

Couronne, m : 15^54-29- ; d :-h26M57 (1880).

2* grandeur.

24 novembre 1676.

Cygne. m : 21^66^9'; d :H-42Mr6 (1880).

6* grandeur.

Résumons Thistoire de chacune de ces apparitions. Les mentions anciennes les plus précises sont tirées de Tlncydopédie chinoise de Ma-tuan-lin, traduite et coordonnée par Edouard Biot, Catalogue astronomique qui remonte jusqu'à Tan 613 avant notre ère, c'est-à-dire à Fépoque de Thaïes.

1* Première apparition entre p et p du Scorpion, en juillet de Tan 134 avant J.-C., selon TEncyclopédie chinoise — ou vers Tan 130 selon Pline (II, 6). —Si Ton en croit Pline, c'est l'apparition de cette étoile qui aurait déterminé Hipparque à entreprendre son Catalogue. Le rapport du grand naturaliste a été traité d'historiette par Delambre {Hist. de l'Astr. anc.^ 1. 1, p. 290, et Hist. de PAstr. fnod.fi. l, p. 186). Mais comme Ptolémée af&rme expressément [AlmagesUy VII, 2) que le Catalogue d'Hipparque est relatif à l'an 128 avant notre ère, et comme Hipparque observait à Rhodes, et peut-être aussi à Alexandrie, entre les années 162 et 127 avant J.-G., il n'y a rien à opposer à l'assertion de Pline.

2* Étoile qui parut sous l'empereur Adrien, vers l'an 130, selon les annalistes ou en décembre de l'année 123, entre « d'Hercule et a d'Ophiuchus selon les Chinois.

3* Étoile singulière et très grande, tirée de Ma-tuan-lin ainsi que les trois suivantes. EUe parut le 10 décembre 173, entre a et p du Centaure, et disparut huit mois plus tard, après avoir montré les cinq couleurs l'une après Foutre.

4* Cette étoile brilla depuis le mois de mars jusqu'au mois d'avril de Tan 369. Sa position n'est pas indiquée.

5* Entre X et f du Sagittaire. Le catalogue chinois indique ici expressément le lieu « où l'étoile demeura depuis le mois d'avril jusqu'à celui de juillet 386 ». Elle était donc immobile, et n*a pu être confondue avec une comète.

6^ Étoile nouvcdle près de « de TAigle; pendant le règne de l'empereur Honorius. D'après le récit de Cuspinianus, témoin oculaire, elle brilla d'un éclat comparable à celui de Vénus, et elle disparut trois semaines après sans laisser de traces.

7* Mars 393; encore dans le Scorpion, mais cette fois dans la queue; tirée du Catalogue de Ma-tuan-lin.

8* L'année 827 est douteuse ; il est plus sûr de dire : dans la première moitié

du IX* siècle. C'est en effet vers cette époque, et sous le règne du calife AI- Mamoun, que deux célèbres astronomes arabes, Haly et Giafar Ben Mohammed Alboumazar, observèrent, à Babylone, une étoile nouvelle « dont la lumière égalait celle de la lune dans son' premier quartier ». Cet événement eut encore lieu dans le Scorpion : l'étoile s'évanouit après un intervalle de quatre mois.

9* L'apparition de cette étoile, en 945, sous l'empereur Othon le Grand, ainsi que celle de l'an 1264, reposent uniquement sur le témoignage de l'astronome bohémien Cyprianus Leovitius, qui assure avoir puisé ses renseignements dans une chronique manuscrite. Cet auteur fait remarquer en même temps que les deux apparitions de 945 et de 1264 ont eu lieu entre Céphée et Cassiopée, tout près de la Voie lactée : précisément à l'endroit où l'étoile de Tycho s'est montrée en 1572.

lO^" D'après le témoignage d'Hépidannus, moine de Saint^all, mort en 1088, et dont les annales s'étendent de 709 à 1044, une étoile nouvelle d'une grandeur extraordinaire et d'un éclat éblouissant (oeulos verberans) parut vers la An du mois de mai 1012, dans le signe du Bélier, au point le plus méridional du ciel, et y resta visible pendant 3 mois. Elle oscilla plusieurs fois d'éclat, et parfois même on cessait de la voir.

11* A la fin de juillet 1203, dans la queue du Scorpion : « Étoile nouvelle de couleur bleuâtre, sans nébulosité lumineuse, et semblable à Saturne », d'après les catalogues chinois.

12^ Encore une observation chinoise tirée de Ma-tuan-lin. La nouvelle étoile parut vers le milieu de décembi*e 1230, entreOphiuchus et leSerpent. Elle s* évanouit à la fin de mars 1231.

13* C*est l'étoile dont parle l'astronome bohémien Cyprianus Leovitius. A la môme époque (juillet 1264) parut une grande comète dont la queue embrassait la moitié du ciel, et qui par conséquent n'a pu être confondue avec l'étoile nouvelle qui apparut entre Céphée et Cassiopée.

H"" L'étoile de Tycho du 11 novembre 1572, dans le trône de Cassiopée. C'est la plus mémorable de ces apparitions subites, et celle qui jeta dans l'esprit des hommes l'étonnement le plus ineffaçable. Le massacre de la Saint-Barthélémy, accompli quelques mois auparavant, le malaise général, la terreur et la privation qui pesaient en nos contrées ; l'attente encore crédule quoique vingt fois trompée de la fin du monde ; la direction funeste des événements donnaient à cette apparition un caractère céleste, manifestant clairement les desseins terribles du TouN Puissant. Cette étoile gigantesque, subitement apparue, surpassait en éclat toute l'année des cieux. Tycho-Brahé,qui écrivit son histoire, déclare que Sirius,yéga, Jupiter pâlissaient auprès d'elle, et qu'on la voyait en plein jour. Cardan compulsa les manuscrits poussiéreux des antiques grimoires, et trouva que cette étoile mystérieuse était la même que celle des Mages ! Théodore de Bèze, poursuivant la même hypothèse, déclara à l'Europe consternée que cette apparition annonçait le second avènement de l'Homme-Dieu, comme l'apparition orientale de Bethléem avait annoncé le premier. L'antechrist devait être né, d'après les calculs de Stoffler et de Leovitius \ la fin du tnande approchait ; le jugement dernier se préparait : déjà l'on entendait le bruit lointain des préparatifs, et bientôt les étoiles allaient tomber du ciel I

Mais Tétoile de Casriopée commença à diminuer d*éclat, el en mars 1574 elle avait complètement disparu à TcBil nu. La immière lunette ne fut inventée que trente-sept ans plus tard. (Voir Astr<momiê populaire^ p. 765.)

15* Étoile qui apparut en février 1578, diaprés Martuan-lin. La constellation n'est pas indiquée. Il faut que l'éclat de cette ^ile ait été l>ien extraordinaire : le Catalogue assure qu'elle paraissait c grande comme le Soleil ».

16* Le i*' juillet 1584, près de « du Scorpion ; observation chinoise.

17* L'étoile 34 du Cygne, d'après Bayer. Guillaume Janson, géographe distingué, qui avait observé quelque temps sous la direction de Tycho, est le premier qiii ait fixé son attention sur cette nouvelle étoile, située dans la poitrine du Cygne, au commencement du col ; c'est ce que prouve une inscription de son globe céleste. Kepler manquant d'instruments depuis la mort de Tycho, et empêché d'ailleurs par ses voyages, ne commença à l'observer que deux ans plus tard; il n'apprit même son existence que vers cette époque : circonstance singulière, car l'étoile était de 3* grandeur. L'étoile diminua d'éclat, surtout à partir de 1619, et finit par disparaître en 1621. De 1638 à 1659, Hévélius la revit, de 3* grandeur, et de même Cassini en 1655; mais en 1659 elle diminua de nouveau, et le 31 octobre 1660, elle était plus petite que les étoiles de 5* grandeur du col du Cygne. Elle décrut encore en 1661 , et du mois d'août au mois de décembre elle était presque de 6« grandeur. De 1662 à 1666, elle resta complètement invisible à l'oBil nu; mais le 24 septembre 1666, elle était redevenue visible. Je Tobserve régulièrement chaque été : elle reste actuellement de 5* grandeur f (Voir plus haut, p. 194.)

18* Après rétoile qui éclata en 1572, dans Cassiopée, la plus célèbre est celle qui parutfen 1604 dans Ophiuchus. A l'une, comme à l'autre, se rattache un grand nom. L'étoile nouvelle du pied droit du Serpentaire ne fut pas découverte, à la vérité, par Kepler lui-même, mais par son élève Jean Brunovirski, de Bohême, le 10 octobre 1604. c Elle surpassait les étoiles de 1** grandeur, elle surpassait même Jupiter et Saturne ; mais elle était moins brillante que Vénus. » Son éclat était moindre que celui de l'étoile de Tycho en 1572 ; aussi n'était-elle pas visible en plein jour comme celle^d ; mais sa scintillation était beaucoup plus vive, et c'est par là surtout qu'elle excitait Tétonnement des observateurs : elle flamboyait comme un feu de toutes couleurs* Elle tomba à la 2* grandeur en février 1605, à la 3* en avril, à la 4* en aoAt, à la 5* en octobre, diminua et disparut en janvier 1606. Les instrtunents d'optique n'étaient pas encore inventés pour la suivre dans l'invisibilité.

19* 1609. c Vue au sud-ouest » : c'est tout ce qu'en ont rapporté les Chinois qui l'ont observée.

20* 1670. Observée par le chartreux Anthelme, non loin de p [du Cygne, de 3* grandeur en juin, de 4* en juillet, de 5* en août. Elle disparut au bout de trois mois, mais pour reparaître le 17 mars 1671, avec l'éclat d'une étoile de 4* grandeur. En avril 1671, Cassini lui trouva une lumière variable. Elle disparut en septembre pour venir le 29 mars 1672, mais seulement avec Téclat d*un astre de 6* ordre, puis au mois de septembre, elle s'évanouit tout à fait. Depuis ce temps, on ne l'a jamais revue. Il y a vers sa position une petite étoile de 10* grandeur (n* 1814 du Catalogue de Greenwich de 1872), qui parait soumise à quelques fluctuations, et deux autres de même éclat dans le voisinage. Un

astronome amateur serait bien avisé d'observer de temps en temps ce point du ciel. (Foir p. 191.)

21* Le 28 septembre 1690, les astronomes français gui avaient restauré TObservatoire de Pékin observèrent non loin de l'étoile « du Scorpion une étoile de 4« grandeur qui n'existait sur aucune carte ni sur aucun catalogue, et qui disparut en quelques semaines. [Voir plus haut, p. 414.)

22* 1848. Découverte par Hind, le 28 avril ; était de 5* grandeur et de couleur lougefttre. Sa position a été déterminée avec la plus grande exactitude. On avait examiné ce même point du ciel le 4 et le 5 du même mois, et Ton n'avait vu là aucune étoile supérieure à la 9* grandeur. La nouvelle étoile était orangée et visible à Tcsil nu. Le 15 mai, elle devint inférieure à l'étoile 20 Ophiuchus, de 5« grandeur, qu'elle avait un peu surpassée; le 23, elle fut trouvée de 6* gr. ^ et rouge, le 20 juin de 7*. Elle descendit successivement jusqu'à la 11*.

23* Étoile de la Couronne, du 12 mai 1866, qui apparut ce soir-là avec l'éclat d'une étoile de seconde grandeur. Le 14 elle était déjà de 3*, le 16 de 4*, le 19 de 5% le 20 de 6% le 22 de 7% le 24 de 8% le 27 de 8* 1/2, le 7 juin de 9*, le 6 de 9* 1/2, le 1*' juillet de 10*. Elle resta dans cet état jusqu'au 27 août, puis se ranima et remonta à la 9* grandeur le 30, à la 8* le 10 septembre, et atteignit presque la 7* le 10 octobre pour redescendre à la 8* le 1** novembre. Elle est ensuite tombée à la 9* 1/2, et depuis cette époqiie je l'ai toujours trouvée stationnaire. D'après les observations de l'astronome Schmidt, directeur de TObservatoire d'Athènes, qui depuis un demi-siècle a voué sa vie aux étoiles variables, cette étoile a dû s*élever subitement à son éclat maximum le 12 mai, ce qui paraît ôtre, du reste, le cas de toutes les étoiles temporaires.

Pour la première fois il a été possible d'examiner ce phénomène par l'analyse spectrale. L'examen du spectre ne laisse aucun doute sur la nature du phénomène observé : c'est une étoile qui s'est trouvée subitement enveloppée des flammes de rhydrogènejen combustion. Il y a eu probablement une éruption qui aura mis d'énormes volumes de gaz en liberté, et ces gaz auront brûlé à la surface de l'astre en se combinant avec quelque autre élément. N'oublions pas d'ailleurs que l'événement cosmique auquel il nous a été donné d'assister en spectateurs désintéressés en 1866 n'était point un événement contemporain; au moment où les flammes de cet incendie vinrent frapper nos regards, le 12 mai 1866, elles étaient éteintes, depuis bien des siècles peutrôtre.

24* Etoile de 1876, dans le Cygne. Aperçue pour la première fois le 24 novembre par Tastronome athénien Julius Schmidt, elle brillait comme une étoile de 3« grandeur, plus intense que i) Pégase, et très jaune ; quelques jours après, elle était déjà descendue à la 4* grandeur ; le 5 décembre elle était de 5* et le 11 de 6*, puis elle disparut, tombant à la 7*, à la 8* grandeur et au-dessous. Elle est actuellement de 12* grandeur et nébuleuse. Spectre analogue à celui de l'étoile de la Couronne. {Voir p. 195.)

Telle est, en résumé, l'histoire de ces apparitions curieuses. Ce sont là, répétons-le , selon toute probabilité, des soleils en voie d'extinction réveUléS un instant par une conflagration soudaine.

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