XIV. — Tables usuelles
Tables de réfraction. Crépuscules 776
Table pour convertir les degrés en temps, et réciproquement 777
Table pour convertir les dates de Tannée en jours et fractions de Tannée .... 779
Table pour convertir les heures et minutes en parties décimales du jour .... 780
Table pour trouver le jour de la semaine qui correspond à une date quelconque. 781
Table des principales figures contenues dans cet ouvrage 782
Paria. — loip. Gaiithi«r-VUUn, &5» quai ûm Grao.>Aiic«iitiDa.
Postface pour aider à la lecture de:
par Jean-Claude Pecker
Camille Flammarion présente cet ouvrage comme le complément « naturel > de son Astronomie populaire {^) -^ dans Les Terres du Ciel^ il avait déjà présenté, premier complément à l'AP, les planètes ; ici, il présente les étoiles, — et, accessoirement, les autres curiosités du ciel.
On peut se demander si, aujourd'hui, un auteur se proposant de décrire, par des études successives, une collection de monographies en somme, ce qui se passe dans PUnivers, n'en consacrerait pas l'essentiel à l'univers extragalactique, aux galaxies, aux cpasars, et autres gigantesques merveilles...
Mais lorsqu'on 1880 et 1881 Flammarion se livrait à un examen attentif de toutes les beautés célestes accessibles à l'œil simple de l'astronome amateur, — et même de l'astronome à l'œil nu — , faisait-il pourtant un si mauvais choix ? Certes, nous savons bien â c[uel point, en un siècle, les télescopes des hauteurs, les sondes de l'espace, les pièges à ondes... nous ont révélé d'imprévisibles splendeurs; et nous connaissons toutes les vertigineuses photographies du mont Palomar aux couleurs vives du ciel, les films tournés par l'engin spatial pénétrant la zone des anneaux de Saturne, les cartes détaillées des régions galactiques d'hydrogène neutre qui développent leurs grands bras tordus... et l'ombre des poussières du ciel s'étend parfois sur ces clichés, sur ces diagrammes, images d'im ciel transfiguré, — une ombre inmfiense... Une ombre peut-être en effet — comme, à l'époque de Flammarion, celle de Fantomas sur Paris — ^ une ombre qui, nous entraînant dans im flot bondissant d'astres étranges, et de mondes inconnus, galaxies, quasars, pulsars, trous noirs..., a peut-être tendance à faire oublier à l'homme d'aujourd'hui combien le ciel est beau, avec de simples jumelles, voire même à l'œil nu. Jeune astronome, acharné pourtant derrière le télescope, je m'échappais souvent pour regarder le ciel à l'extérieur de la coupole. La nuit n'était pas noire; les constellations étaient foisonnantes, le long chemin lacté traversait le ciel, les couleurs stellaires, le rouge d'Arcturus ou de Bételgeuse, le blanc brillant de Rigel, m'éblouissaient, — le ciel était tout simplement pur, et beau. Je me rappelle, après ces épuisantes nuits d'observations, ayant obtenu de nombreux spectres, riches en information sur la physique de tel ou tel objet étrange, sur ses températures, sur sa composition chimique..., combien je m'émerveillais encore, au sortir de la coupole, alors que l'aube montait sur les cimes roses du lointain, alors qu'autour de moi le bleu devenait transparent, de la beauté simple du ciel au-dessus de ma tête, traînées de pourpre, d'azur, dernières constellations bientôt disparues, l'étoile du matin déjà levée, précédant de peu l'éblouis sèment du jour... Et qu'importait alors la richesse de mes clichés I...
La beauté de cette nuit finissante me semblait telle qu'avant de rentrer au laboratoire, pour développer les clichés, j'attendais quelques minutes, immobile, silencieux dans le silence, que la nuit splendide eût complètement disparu, dans l'éclat du soleil rayonnant.
(') Désigné ci-après par le sigle AP.
Cest ce rftour à riiuiocence première de Tastronome que noud propose aujourd%ui une nouvelle lecture de ce livre. La joie du regard simple, lYtonnement de ce qu'un examen attentif, mais non sophistiqua, peut nous rëvëler, — un retour en effet â r^merveillement, devant les mille éclats du firmament...
Comme nous Pavions fait pour TAP, nous commenterons, chapitre par chapitre, le texte de Camille Flammarion. Mais nous ne ferons que peu de modifications. Le ciel que Ton voit pardessus nos toits, c'est bien le même ciel que celui que voyait Aristarque, de Samos, ou Tycho- Brab^, de Hvèn ! Et ce choix délibërë de parler, en astronome certes, mais seulement de ce qui est sensible â tous, conduit bien Flammarion â décrire, avec des mots nouveaux pour lui, un peu dësuets pour nous, les visions anciennes, mais durables, des astronomes de tous les temps, étemels amoureux du ciel.
Préface de la première édition.
L'auteur considère que TAP étant «consacrée à la théorie» il se devait d'écrire un livre «pratique»; â cet égard Les Etoiles constituent une suite aux Terres du Ciel^ — les planètes. Flammarion insiste sur le caractère «complet» de ce guide pour Tastronome amateur, — et sa dilection pour Phistoire apparaît clairement: le guide «pratique» se propose aussi de raconter tout ce qu'on peut connaître d'anecdotique, relatif â l'histoire des observations de chaque constellation ou de chaque étoile, — et à celle de l'onomastique stellaire. 11 en profite pour jeter un cri sympathique pour la connaissance pacifique, et contre les horreurs de la guerre: «La noblesse de notre belle science est antique... Malgré les révolutions politiques, le sang versé dans les guerres (opprobre de l'humanité !), malgré les conquérants et les destructeurs, malgré les folies et les crimes des '"héros" encensés par les peuples, ces pacifiques études sur le ciel étoile nous ont été conservées...» Et Flammarion illustre alors son propos par une envolée lyrique, où se mêlent, dans son style bien personnel, la vraie vie de l'esprit, la scène du monde, les gouttes de sang figées dans le ciel, les inénarrables merveilles semées â profusion autour de nous. 11 précise qu'aucune instruction préalable n'est nécessaire pour lire ce livre, qui se passe de formules. En conclusion, il s'indigne (c'est proprement stupéfiant! dit-ilj de ce que 99% des êtres humains vivent «à l'eut d'aveugles volontaires,... au milieu d'un univers magnifique...».
Certes ! Et si, à l'amateur de beauté et de connaissance d'aujourd'hui, nous donnons â lire Flammarion, il ne pourra en effet qu'être saisi d'une soif plus grande encore... L'époque ne manque pas de livres de toute nature, en toutes les langues, considérablement plus pratiques que celui de Flammarion. Ils doivent alimenter de nos jours l'enthousiasme que ne devrait pas manquer de susciter la lecture des Etoiles,.,
Nous nous attarderons cependant sur cet aspect pratique du livre (et notamment sur la seconde partie de l'ouvrage), pour en montrer les insuffisances, et la façon dont il faudrait, aujourd'hui, le compléter ou le remplacer.
Nous tenterons surtout, â propos des objets cités par Flanunarion, de corriger quelques erreurs du Maître — bien compréhensibles en 1880 — et d'indiquer les progrès accomplis dans la connaissance de tel ou tel objet céleste, étoile, amas d'étoiles ou nébuleuse.
Ensuite (dans une «troisième partie»), nous essaierons, à propos des étoiles, de préciser les implications cosmologiques de certains aspects évidents de leur distribution sur le ciel, curieusement non mentionnés, sauf erreur de ma part, par Flammarion.
Finalement (quatrième partie), nous essaierons de dresser le plan que pourrait avoir, de nos jours, s'adressant à quelque amateur muni de tous les instruments possibles, un ouvrage, nullement pratique, mais à coup sûr nouveau pour Flammarion lui-même, traitant des «curiosités du ciel » — au-delà des étoiles et des constellations observables à l'œil nu.