‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 373 sur 373 · QUATRIEME PARTIE (qui extrapole l'ouvrage de Flammarion · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE (qui extrapole l'ouvrage de Flammarion

Curiosités du Ciel, version 1981..,

En 1981, quelles seraient les curiosités du Ciel que l'astronome pourrait considérer comme remarquables, et dignes d'être montrées à Tamateur des choses du ciel ?

Tout d'abord, je pense qu'il faudrait expliquer que le ciel visible ne nous donne qu'une idée très imparfaite du ciel réel. Les rayonnements de toute longueur d'onde peuvent maintenant être observés ; rayons gamma et X de forte énergie, grâce aux satellites encore, voire aux fusées, et même, dans l'UV proche, grâce aux ballons; l'infrarouge grâce â la haute montagne, d'abord, et aussi aux avions stratosphériques, et aux ballons, et aux satellites encore, bien sûr; les ondes radio, de longueur d'onde comprise entre le millimètre et le décamètre, observables du sol, grâce aux grands systèmes d'antennes radioastronomiques; les très grandes longueurs d'onde enfin qui se réfléchissent sur l'ionosphère, et que seuls des satellites élevés peuvent permettre d'observer... Sans parler des futurs observatoires lunaires, ou autres... Tout cela inconnu de Flammarion... î

Les rayonnements reçus du ciel sont commandés par les propriétés émissives des sources, et par les propriétés absorbantes des milieux traversés par la lumière. On notera que l'absorption interstellaire décroît considérablement vers les grandes longueurs d'onde: l'infrarouge permet donc de percer les nuages, et aussi d'observer des sources froides. Les rayonnements gamma ou X ne proviennent que de régions très considérablement émissives, gaz chauds très ionisés... La spectrographie c complète», étendue à tout le spectre, et que nous venons d'évoquer, permet donc, en explorant le spectre, d'explorer en profondeur, de balayer le rayon visuel, des régions proches jusqu'aux profondeurs les plus grandes où l'on peut pénétrer, dans les étoiles ou les galaxies. Cette exploration des astres en profondeur serait, pour Flammarion, une seconde surprise.

La spectrographie lui en réservait d'autres ! Comme le Soleil, certaines étoiles ont des forts champs magnétiques, des cycles d'activité; elles sont animées de pulsations très faibles, d'oscillations de toute nature, de turbulences, et de convections de toutes sortes; une étoile est une machine de fusion nucléaire, bien contrôlée...

Les classifications des étoiles sont des clés de la compréhension de leur évolution: celle-ci est connue dans ses grandes lignes, avec une grande précision; seules certaines instabilités, certaines explosions, la source de certains rayonnements non thermiques, sont encore controversées.

h'évolution des étoiles permet de comprendre celle des galaxies. Les galaxies à noyau actif Galaxies de Seyfert, ou de Markarian, à fort rayonnement ultraviolet, sont remarquables, sans doute à des stades jeunes de l'évolution galactique; les quasars^ dont la source d'énergie, et le spectre, sont encore mal compris, sont sans doute les plus gigantesques réacteurs de l'univers, et les astres les plus lointains de nous. Ce sont des galaxies extrêmement actives... Dans les galaxies normales, on commence à comprendre les morphologies observées, le déroulement des bras spiraux, les effets de marée déclenchés dans une galaxie par une galaxie voisine...

Le phénomène du décalage vers le rouge des raies spectrales fait penser que l'Univers est actuellement en expansion, une expansion qui aurait suivi une grande explosion ayant eu lieu il y a 18 milliards d'années... D'autres interprétations (moins classiques, et plus difficiles à défendre) sont possibles; et ne soyons pas dogmatiques: le domaine reste très ouvert. Ces interprétations du décalage spectral se placent dans le cadre d'un Univers classique statique — infini, éternel — ^ peut-être î

La composition chimique de l'univers^ ses fluctuations d'un objet à l'autre, sa genèse sont bien connues. Bien connu aussi le rayonnement de fond de ciel: tout se passe comme si nous étions plongés dans un four, à la température homogène de 2.7 degrés absolus. Ces faits sont considérés par la plupart des astronomes comme des faits cosmologiques.

Les amcu de galaxies sont des objets superbes... Que dire alors de notre superamas, notre c supergalaxie >, — que la lumière met des dizaines de millions d'années à traverser ?

Revenant au plus petit, au plus proche, on pourrait montrer aussi à l'amateur des choses du ciel

les astres déchus que sont les étoiles à neutrons hyperdenses^ en rotation ultrarapide, les pulsars nombreux, résidus des explosions anciennes d^une supemova, — on pourra même parler (sinon montrer) des trous noirs^ régions de matière si condensée que la lumière même ne peut échapper â leur champ de gravitation, qu'ils sont donc minuscules et obscurs, et qu'ils ne peuvent se manifester qu'indirectement, grâce â leur masse, par exemple dans les systèmes doubles; on les reconnaît à leurs rayonnements X et radio intenses, émis par la matière qui tombe, à toute allure, dans le prodigieux puits de potentiel gravitationnel qu'est le trou noir; mais nous ne devons pas oublier qu'un seul objet a, jusqu'à présent, été identifié à un trou noir, et que l'existence d'une telle entité n'est peut-être qu'une possibilité mathématique, pas une nécessité physique.

Et puis, bien sûr, on reviendrait sur le Soleil,., le Soleil qui doit être considéré, avec ses planètes^ comme un seul astre, — car entre le Soleil et les planètes, des jets de particules, des champs magnétiques, et la gravitation, des rayonnements de toutes sortes remplissent le vide... Et que dire encore de ces noyaux de condensation du système solaire que sont les planètes, maintenant explorées â pied et en voiture (la Lune), sinon en station survolant la planète, ou la percutant (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne) ?... Que dire de ces anneaux si complexes qui ceinturent non seulement Saturne, mais Jupiter, mais Uranus ?... Que dire du lointain nuage de pierres qui entoure le Soleil, et qui est la source d'où tombent les comètes vers le centre du système ?...

Et la s^iel On la rencontrerait bien sûr dans ce voyage... Il faudrait parler des molécules complexes découvertes dans le gaz des milieux interstellaires denses — les bases même de la chimie organique du carbone; et de la composition bien connue, avec ses stratifications, et ses diversités, des atmosphères des planètes explorées. Les conditions du maintien de la vie conunencent â pouvoir s'expliquer; celles de l'apparition, ici ou là, de la vie, viendront ensuite... Et la naissance de l'intelligence, de la civilisation, est peut-être aussi un problème astronomique ! Si d'autres planètes, dans les gouffres sombres des étendues de l'univers, portent la vie, portent une civilisation développée conmie la nôtre, voire plus développée, c'est aux astronomes qu'il appartiendra sans doute de les découvrir. Conune le disait Flammarion: l'astronomie n'est que le début de l'étude... Le reste viendra.

Jean-Claude Pecker 29 juin 1981

Achève d'imprimer le 15 septembre 1981

sur les presses de l'imprimerie Paul Attinger SA à Neuchâtel

I>ép6t légal 4« trimestre 1981, Flammarion ëditeur n<» 11051

Imprimé en Suisse

0644 fi3ir j^oto

WPiiMH

I^Cj^ 4

. jaATEDUE

FRFf^

1 QAYLJOnD

PflWTÊOlHUAA.

Page 1