‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 57 sur 373 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

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A l'aide de toutes les mesures inscrites sur un même dessin, j*ai construit Tellipse ci-dessous {fig. 73), qui passe par la moyenne de toutes les positions observées y et qui représente par conséquent Torbite du mouvement de cette étoile double tel que nous l'observons de la Terre. Ce diagramme est construit à l'échelle de 2 millimètres pour 1 seconde. On voit que ce mouvement s'exécute suivant une ellipse dont le grand axe mesure 4"9, que l'étoile principale n'est ni

COMMENT ON CALCULE LES ORBITES D'ETOILES DOUBLES iti

au centre ni au foyer de cette orbite apparente, que la petite étoile s'écarte, à sa plus grande distance, ou à son aphélie apparent, jusqu'à 3' de l'étoile principale, et qu'elle s'en rapproche à moins de V à son périhélie apparent. Ainsi, en 1873, Técartement des deux étoiles a été réduit à 0^96, et un instrument très puissant était nécessaire pour opérer le dédoublement. Depuis cette année, la distance va en augmentant, et elle atteint déjà 2^, de sorte qu'elle va de nouveau devenir accessible aux instruments de moyenne puissance.

Concevons bien, maintenant, que nous ne voyons pas ce système de face, et que, par conséquent, cette orbite apparente n'est pas

Vig, */3. — Orbite apparente de l'étoile double l Grande Ourse.

Torbite absolue. Le plan dans lequel s'effectue ce mouvement n'est pas perpendiculaire à notre rayon visuel. En effet, nous sommes n'importe où dans l'univers, et il n'y a pas de raison pour que nous voyions plutôt de face qu'autrement ces systèmes différents du nôtre. Il en est même qui se présentent à nous tout à fait de profil, de sorte que la petite étoile ne paraît qu'osciller comme une boule de pendule, de part et d'autre de la grande. L'orbite absolue est vue plus ou moins de profil et plus ou moins déformée par cet effet de perspective. Une roue de moulin que nous voyons tourner de face nous apparaît dans sa vraie forme circulaire; mais si nous la voyons obliquement, elle nous paraît elliptique, et l'ellipse devient d'autant plus étroite que Tobliquité du rayon visuel est plus grande. Si donc nous voulons nous rendre compte exactement de l'orbite réelle d'une étoile

ii2 GOMMENT ON CALCULE LES ORBITES D'ÉTOILES DOUBLES

double, il faut, lorsque nous avons détenniné son orbite apparente, chercher la position de cette orbite apparente, son inclinaison sur notre rayon visuel, et la relever par la pensée de manière à la connaître de face. Or, comme Tétoile intérieure autour de laquelle nous voyons la seconde étoile effectuer son cours est nécessairement au foyer de Tellipse réelle, et que le centre d'une figure géométrique ne peut pas changer, quelle que soit Tinclinaison de cette figure, si nous voulons connaître le grand axe et l'excentricité de l'orbite réelle, nous n'avons qu'à tracer un diamètre passant par l'étoile principale et par le centre. Ainsi, le diamètre qui va de l'année 1875 à Tannée 1845 sur la fig. 73 représente la projection du grand axe de l'orbite réelle, et la distance qui sépare l'étoile du centre (c) indique son excentricité. La forme de l'orbite réelle est donc par 1& exactement déterminée, et nous pouvons tracer le plan du système de ce soleil double, comme jè2i±i:^^ nous traçons celui de notre

propre système solaire. C'est ce que j'ai fait {fig. 74). Ce diagramme représente le plan de cette orbite, dessiné à une petite échelle : on voit qu'elle est moins allongée, moins excentrique, que l'orbite apparente.

Voilà donc devant nous dans

Fig.74.-PundTori>if rteue<hi.y.téme l'^^pacc uu Système de deux I Grande ourw. soleils coujugués qui toumeut

l'un autour de l'autre (rigoureusement autour de leur centre commim de gravité) dans la période relativement rapide de soixante ans et sept mois. Ils sont passés en 1875 à leur plus grande proximité; ils y éta'ent déjà passés en 1815, et ils y reviendront en 1936. Chacun de ces deux soleils doit être plus grand, plus volumineux, plus colossal encore que celui qui nous éclaire, car notre soleil transporté à cette distance serait à peine visible à l'œil nu. Peut-être ce système est-il plus éloigné et plus gigantesque encore, car sa parallaxe est insensible et il gît certainement au delà de cent mille milliards de lieues de notre frêle atome terrestre. Quoiqu'ils se touchent et nous paraissent glisser l'un autour de l'autre, comme deux valseurs enlacés dans les liens d'une attraction passagère et charmante, cependant le contact n'est ici qu'une apparence trompeuse, car il y a certainement un abîme de plus de cent millions de lieues entre ces

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