‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 129 sur 399 · LES HYADES. — LE TAUREAU · texte numérisé non relu

LES HYADES. — LE TAUREAU

les Pléiades; c'est là son principal qualificatif chez les anciens. Les Arabes l'appelaient aussi « l'œil du Taureau » , et les Hébreux « l'œil de Dieu». Dès l'époque du bœuf Apis, elle a joué le premier rôle dans les mythologies antiques. Le Taureau est, en effet, le plus ancien des signes du Zodiaque, le premier que la précession des équinoxes ait placé à la tête des signes. Aucune tradition historique, aucune légende même n'associe la constellation précédente, celle des Gémeaux, au renouvellement de l'année, au retour du printemps, au calendrier primitif. L'astronomie d'observation paraît n'avoir été fondée qu'à l'époque où l'équinoxe de printemps passait par Aldébaran, c'està-dire environ trois mille ans avant notre ère ; c'est vers cette époque que les constellations zodiacales, sans doute formées à des dates différentes, comme toutes les autres, suivant leur éclat et leur importance, paraissent avoir été réunies théoriquement en une même ceinture de douze signes parcourus de mois en mois par le Soleil. Les Grecs ont assimilé plus tard ce Taureau à celui qui avait servi à l'enlèvement d'Europe, et les littérateurs se sont ingéniés à écrire beaucoup de fables et de commentaires sur Europe, lo, Osiris et Pasiphaé.

Aldébaran est aussi nommé parfois chez les Romains Palilicium, parce que les fêtes de Paies, les Palilies, étaient fixées sur son lever. Il jouait, comme les Pléiades, un rôle important dans les calendriers 1 primitifs et dans l'astrologie.

Ce Taureau céleste était autrefois représenté tout entier, et les Pléiades en formaient la queue; mais depuis trois mille ans environ, il est dessiné seulement avec la tête et la partie antérieure du corps (voyez fig. 196) : le géant Orion semble lever sa massue tout exprès pour l'arrêter et l'assommer. Dès le temps d'Ératosthènes et d'Eudoxe, la constellation était représentée comme aujourd'hui.

On apprendra à en connaître les étoiles en suivant les alignements de notre fig. 197. L'étoile p, de deuxième grandeur, est très éloignée au nord-est, vers le Cocher, où elle est même incorporée, comme nous l'avons vu, sous la lettre y. Mais, au lieu de ce double emploi, il vaut mieux l'éliminer du Cocher et la conserver au Taureau. Elle est censée marquer l'extrémité de la corne supérieure, et au-dessous d'elle, 'C, de troisième grandeur, indique celle de la corne inférieure. Les étoiles y, 5 et s forment le côté droit du V des Hyades, dont 0 et a forment le côté gauche, -n est dans les Pléiades : c'est Alcyone, de troisième grandeur, i se trouve au milieu du chemin entre Aldébaran et p. On trouvera la suite à l'aide de notre dessin, mais non sans complication.

Aldébaran est une belle étoile rougeâtre, dont la coloration avait déjà frappé les anciens : elle est plus rouge qu'Arcturus, mais moins qu'Antarès et Mars. Elle se trouve sur le chemin de la Lune, et quand l'astre des nuits passe devant l'étoile, celle-ci paraît quelquefois pénétrer dans son disque, effet que Ton a attribué à la réfraction d'une atmosphère lunaire, mais qui peut être dû seulement à la différence de réfrangibilité entre ses rayons rouges et ceux de notre pâle Phœbé.

Cette belle étoile n'a offert aucune parallaxe sensible aux mesures essayées pour déterminer sa distance. Elle gît donc à plus de cent trillions, ou cent mille milliards de lieues d'ici, dans une profondeur telle que sa lumière emploie certainement plus d'un siècle à nous parvenir. Quel ne doit pas être son volume! Quelles ne doivent pas être sa lumière et sa chaleur !

Si nous n'avons encore pu découvrir son insondable distance, du moins les derniers progrès de la chimie céleste sont-ils parvenus à nous révéler quelque chose de sa nature et de sa constitution. On a vu sur notre planche générale des spectres celui de ce lointain soleil, sur lequel on peut compter ses 60 raies principales, qui accusent dans son atmosphère la présence du sodium, du magnésium, de l'hydrogène, du calcium, du fer, du bismuth, du tellure, de l'antimoine et du mercure. Ce spectre n'est ni clair, comme celui de Sirius et des étoiles blanches [fîg. 3 de lapZanc/ie), ni aussi long, ni aussi riche que celui du Soleil et des étoiles jaunes (/ig. 2), ni cannelé et partagé en zones comme celui d'alpha d'Hercule et des étoiles rouges ; il est en quelque sorte intermédiaire entre le deuxième et le troisième type. C'est une étoile remarquable pour sa lumière, et les conditions organiques de la vie dans son système doivent être très différentes de celles du système solaire. Victor Hugo l'appelle l'étoile tricolore : quelquefois, en effet, sa vive scintillation projette tout autour d'elle les nuances les plus variées.

L'analyse spectrale a montré aussi que cette étoile s'éloigne de nous avec une vitesse évaluée à 30 kilomètres par seconde. Non loin d'elle, Capella, a et(3 Orion, s'éloignent aussi de nous avec rapidité.... Comment regarder maintenant cette lumière ardente qui palpite silencieusement dans l'éther au milieu du calme de la nuit, sans songer aux destinées que tous ces lointains soleils régissent dans l'infini, sans rêver aux existences inconnues qui se succèdent dans ces Hyades tremblantes, dans ces mélancoliques Pléiades perdues au fond des cieux !

Fig. 196. — Consteuations zodiacales. — Le Taureau. - Les Gémeaux,

LE TAUREAU

Examinons en détail les étoiles de cette riche constellation et formons-en le tableau général. Dans ce tableau, les Pléiades sont absentes : il importe de les étudier séparément.

PRINCIPALES ÉTOILES DE LA CONSTELLATION »D TAUEEAU DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION

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Pléiades.

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Supprimé : dans les Pléiades.

•LE TAUREAU

Étoiles

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P.»iv, 99

P. IV, 24n

Pig, 197. — Etolte principales Je U constella'.ion du Taurau.

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