PROCYON
met en évidence la fig. 236. La résultante est de 1409 millions de lieues — en supposant notre observatoire immobile. Mais en réalité nous entrons pour une partie notable dans ce mouvement, peut-être pour un tiers.
Mais ce n'est point encore là le fait le plus curieux de l'analyse du mouvement de Procyon. Au lieu d'être uniforme et régulier, ce mouvement est quelquefois plus lent, quelquefois plus rapide, et au lieu de suivre une ligne droite, il oscille légèrement de part et d'autre de la trajectoire. D'après un travail de l'astronome Auwers, ces irrégularités s'expliqueraient en admettant que cette étoile est attirée par une autre située dans son voisinage et forniant un même système avec elle, et que Procyon tourne, dans un plan perpendiculaire au rayon visuel, autour d'un centre de gravité situé à 1",2, les deux astres opérant l'un autour de l'autre leur révolution en une période de 40 ans environ.
Des perturbations analogues ont été, comme nous le verrons plus loin, constatées sur Sirius, et la prédiction théorique a été brillamment confirmée par la découverte du satellite, faite en 1862, dix-huit ans après la prédiction de Bessel. Il n'en a pas encore été de même pour Procyon, quoique M. Otto Struve, directeur de l'Observatoire impérial de Russie, se soit imaginé avoir découvert ce satellite, et, ce qui est plus bizarre encore, ait cru l'observer pendant deux ans, justement du côté où la théorie l'annonçait, cà 90° et 12", 5 en 1873, à 100" et 11",7 en 1874. On a fait beaucoup de bruit de cette découverte ; puis en la vérifiant à l'aide d'instruments plus puissants que .^celui de Poulkowa, on s'est aperçu que l'astre de M. Otto Struve
Fig. 236
Mouveiment ie Pi'ociou dans l'espace.
n'existe pas. C'est là un remarquable exemple d'illusion, bien rare chez les astronomes.
Les télescopes géants permettent d'apercevoir dans le voisinage de Procyon plusieurs petits points presque éclipsés par son éblouissante lumière. Dans les instruments de moyenne puissance, on distingue les trois plus éloignés, l'un, de 8° grandeur à 346", l'autre
de 8= I à 371", et le troisième, de 7° grandeur, à 652".
(Je donne ici mes mesures, faites en 1877.) Ces étoiles ne partagent pas le mouvement propre de Procyon, et gisent fort loin au delà de ce soleil dans l'infini. La dernière de ces étoiles est une double fort élégante et très serrée, à 1",4, formant un système orbital qui a tourné de 27° depuis cent ans. Vers 1° au sud-est de ce couple, il y a une belle Fig.237.-Etoue«voi.me.da Procyon (i-"= 20',. ^^^-jg orangée, de Septième
grandeur et demie. Ajoutons encore que l'amiral Smytb a mesuré en 1833 une étoile de 8° grandeur, à 85% c'est-à-dire à l'est, et à 145", que personne n'a jamais revue depuis à cette distance, et que l'on a considérée comme variable, mais qui doit être tout simplement le compagnon que j'ai mesuré en 1877 à 81" et 346", l'amiral ne l'ayant mesuré qu'une seule fois et ayant pu se tromper dans la transcription de la distance.
On voit que malgré son exiguïté, la constellation du Petit-Chien n'en garde pas moins, dans Procyon et dans son voisinage, des curiosités sidérales dignes de l'attention du contemplateur du ciel. Elle complète admirablement celle des Gémeaux et couronne par son diadème les richesses de Castor et Pollux.