‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 166 sur 399 · BELLES NÉDULEUSES DANS LE LION · texte numérisé non relu

BELLES NÉDULEUSES DANS LE LION

celles que nous avons admirées dans la nébuleuse devenue classique des Chiens de chasse. Comment contempler ces condensations opérées par les siècles, ces flots de sable sidéral jetés pour ainsi dire par les vagues cosmiques sur les rives de l'océan éternel, sans vivre un instant dans l'étendue immense de l'histoire de l'univers ouverte à la pensée par ces créations lointaines? La contemplation d'un tel objet ne ressuscite-t-elle pas devant notre pensée les centaines de milliers d'années qui ont servi à la formation de ces spires séculaires (')?

A 36' au nord de la nébuleuse M. 66, on aperçoit un rayon lumineux d'une énorme longueur (9' de long sur 50" seulement d'épaisseur). Serait-ce un disque immense que nous n'apercevrions que par la tranche?

Dans la même constellation, à 1° 1/2 au sud de X, une autre nébuleuse (H. I, 56), peut compter aussi parmi les belles : elle est ovale, mesurant 3' de longueur sur 1| de largeur, et double. En 1784, William Herschel a décrit les deux nébuleuses comme égales; en 1848, lord Rosse en a donné le dessin que nous reproduisons ici {fîg. 257), dans lequel on voit la seconde nébuleuse à peine indiquée, comme un noyau secondaire enfermé dans la première; en 1862 d'Arrest déclare que l'aspect est tout autre que dans le dessin de lord Rosse. Serait-ce encore là une nébuleuse variable ?

Il y en a encore une autre, fort curieuse, que l'on trouvera entre 9 et p, un peu au-dessus d'une ligne tracée de l'une à l'autre étoile, et un peu plus près de p que de 9 (elle est en même temps sur la ligne qui joint y àx) : c'est aussi une nébuleuse double (H. I, 17); splendide; brille comme une étoile de neuvième grandeur. — Quatre minutes avant, on en^dmire une autre, non moins belle (M. 95), mesurant

(') II faut avouer que l'œuvre de la gravitation pendant sept ou huit cent mille ans ne frappe pas moins fortement notre esprit qu'une durée de plusieurs millions d'années, parce que ces nombres dépassent absolument la sphère de nos conceptions habituelles. C'est ce qui arrive dans tous les problèmes qui conduisent à des chiffres exorbitants. Ainsi , le calcul prouve qu'en mettant sur les 64 cases d'un échiquier 1 grain de blé, 2, 4, 8, etc., en doublant toujours, on arrive, pour la somma totale des grains à placer sur les 64 cases, au chiffre de 18 446744 073 709 551615 grains : toutes les moissons du globe entier ne fourniraient pas cette quantité— .que d'ailleurs nous ne pouvons pas du tout nous figurer, malgré tous les efforts d'imagination possibles.

A propos de combinaisons, le calcul conduit à des résultats bien singuliers : dix personnes assises à une même table peuvent changer de place en 3 628 800 manières différentes!

On dit quelquefois que les noms propres n'ont pas d'orthographe. Rien n'est plus inexact. Il n'y a qu'une vraie manière d'écrire le mot Hainaut, par exemple. Cependant on peut l'écrire de 2304 manières différentes en le prononçant toujours de mêmel

LE SEXTANT D'UilANIE

1 20" de diamètre, suivie à 25 secondes par une étoite de douzième

" " grandeur. Il y a, du reste, une telle

richesse, une telle profusion de nébuleuses dans cette région du ciel, qu'il suffit de promener un bon instrument, armé d'un faible oculaire à vaste champ, pour en cueillir par dizaines dans les champs étoiles. Si ce sont vraiment là des mondes en création, nous pourrions dire que l'océan céleste tient là en suspension dans ses vagues éthé- Fig. 257. - La nébuleuse à deux foyers ^ées la semencc proUfique des univers

dans le Lion. „ .

luturs.

Avant de quitter cette région, arrêtons-nous encore un instant aux pieds du Lion pour quelques étoiles éparses réunies par Hévélius, vers l'an 1680, sous la forme d'un Sextant, instrument alors fort en usage dans les observations astronomiques. « Ce n'est pas, dit-il lui-même, que la disposition des étoiles donne l'idée de cet instrument, ni qu'il soit bien placé là, mais il m'a servi, de l'an 1658 à l'an 1679 à vérifier les positions des étoiles, et la méchanceté humaine l'a détruit, avec mon observatoire et tout ce que je possédais, par les flammes d'un horrible incendie; j'ai donc placé là cette œuvre de Vulcain pour honorer Uranie, et les astrologues trouveront ce souvenir bien à sa place entre le Lion et l'Hydre, de féroce nature. »

Le legs du pauvre astronome a été respecté par ses successeurs ; et comme on l'a vu (fig. 238, p. 329), le Sextant d'Uranie se dessine dans le ciel entre les pieds du Lion et la tête de l'Hydre.

Ce petit astérisme ne se compose que de six étoiles supérieures à la sixième Krandeur. Inscrivons-les de l'ouest à l'est, par ordre d'ascension droite, en leur adjoignant celles qu'un intérêt quelconque signale à notre attention.

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