‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 215 sur 399 · SIRIUS · texte numérisé non relu

SIRIUS

éclatants à travers les brumes de l'horizon au sud-ouest. Sa position au sud-est d'Orion, si facile à reconnaître, comme nous l'avons vu (flg. 302) ne permet aucune confusion à son égard. Jamais les planètes ne descendent en cette zone australe. Une fois que nous l'avons reconnue et nommée dans le ciel, il nous est impossible de l'oublier. Regardez encore cette page (p. 449), et comparez-lui l'aspect du firmament, pendant une belle nuit d'hiver ou une belle soirée de printemps, et vous lirez désormais le livre du ciel en cette région du sud, comme nous l'avons lu dans la région du nord dès l'origine même de cette description générale des constellations.

Demander à quelle époque les hommes de la Terre ont remarqué Sirius pour la première fois, ce serait demander depuis com]}ien de temps il y a des hommes sur cette planète, car le premier regard humain qui s'est élevé vers le ciel a dû être frappé de la supériorité de cette lumière céleste, et, dès l'origine même de la contemplation astronomique, le soleil du ciel étoile a dû recevoir les acclamations de la pensée admiratrice et les témoignages de la vénération humaine. Le nom que cette splendide étoile porte encore aujourd'hui vient du mot grec seïr, qui veut dire essentiellement briller, et qui était autrefois appliqué au Soleil comme à Sirius. L'adjectif seïrios est devenu le qualificatif ordinaire d'un astre brillant et brûlant, comme on le voit dans tous les anciens poètes grecs. Si nous voulions remonter plus haut encore, nous trouverions que le mot grec seïr vient du sanscrit sua7' qui a la même signification : « briller, éclairer », et qui, chez nos grands oncles de l'Asie, désignait le ciel lui-même. Comme tout le monde le sait aujourd'hui, le Soleil portait dans cette langue primitive le nom devenu classique de Sûrya ; c'est toujours le même radical, la même impression première de la nature sur la pensée humaine :

De Svar « briller » est dérivé seïr, puis Sirius-,

De Varouna « voûte » est dérivé ouranos, ciel, puis Uranus ;

De Dyaus « air lumineux » est dérivée Théos,\e graud être, Zeus, Deus, Dieu;

De Zeus et palêr on a fait Jupiter...

Etc., etc.

Il y a plus de cinq mille ans, 3285 ans avant notre ère, c'est-à-dire un siècle et demi environ après la construction de la grande pyramide de Chéops et 940 ans avant la date ordinairement assignée au déluge, Sirius réglait le calendrier égyptien : son lever héliaque coïncidait avec le solstice d'été, et le débordement du Nil commençait avec le premier jour du mois de Pachoa (le mois de l'inondation). La brillante étoile se nommait en égyptien Sothis, mot qui signifie aussi

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