‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 237 sur 399 · GG · texte numérisé non relu

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522 LA LICORNE

Latilode aastrale

Gr.

Asc. droUe

Déclinaison

La première étoile du tableau précédent, qui a été disposé dans l'ordre décroissant des éclats actuels , est certainement la première des informes de l'Hydre des catalogues de Plolémée, Sùfi et Ulugh Beigh, car sa position est ainsi donnée :

Longitude

Ptolémée. . . 102» 30'

Sûfi 115 12

Ulugh-Beigh. 122 16

Hévélius. . . 125 11

Il y a dans Flamsteed trois étoiles voisines de cette position :

A (D Gr.

1 Hydre 122'>16' — 2»47' 6» )

30 Licorne 122 32 — 2 56 6» [ 1090

2 Hydre 122 44 — 3 0 6« )

Ces trois étoiles sont de sixième grandeur sur les manuscrits de Flamsteed, quoique l'éditeur du Catalogue britannique ait imprimé la première et la dernière de quatrième.

Piazzi a observé ces trois étoiles, dont il donne les positions et grandeurs suivantes :

B. (Q Gr.

1 Hydre 123» 39' 2" — 3» 7' 6»

30 Licorne 123 54 54 — 3 16 5'i- [ 1800

9 Hydre 124 6 49 — 3 20 6«

On trouve dans Lalande :

16509-10 8tl4">36^ — 93» 7' 6«

16559-60. ...... 8 15 40 — 93 16 6= et 5» ^ ( 1800

Et nous avons actuellement :

1 Hydre 8.18. 37 — 3»22' 6,2

30 Licorne ..... 8.19. 40 — 3 31 3,8 [ 1880

2 Hydre 8.20. 28 — 3 36 6,5

11 y a en ce point du ciel trois étoiles, dont l'une (30 Licorne) est constamment visible à l'œil nu. C'est évidemment celle qui a été signalée par les anciens. Mais elle varie de deux grandeurs, car Piazzi l'a notée de 5» j et Flamsteed de 6', et elle est actuellement supérieure à la A'. Elle est également de 5' j dans le catalogue d'Armagh. Autre remarque : En 1865, on a observé à Greenwich la première et la troisième sans observer la deuxième.

Quant à ses deux voisines, la première (1 Hydre) , à l'ouest, est actuellement de 6,2, et l'autre (2 Hydre), à l'est, de 6, 5; il faut une jumelle pour les apercevoir, surtout la seconde que personne n'a jamais vue à l'œil nu ; Heis voyait la première. Notre petite fig. 336 montre les positions relatives de ces trois étoiles, et malheureusement elle montre en même temps les anomalies qui existent dans les

LA LICORNE

if ■>!!~

^t^dre

^3.r^drs

^3oLicornc

délimitations des provinces célestes, car il est tout simplement absurde d'avoir prolongé la Licorne en angle aigu dans l'Hydre pour lui faire prendre cette étoile, qui est justement la principale de cette constellation moderne; ou alors, si l'on tenait à ce diamant pour la parure du nouveau personnage céleste , on aurait dû lui laisser ses deux acolytes.

T 1 i F'S- 336. — Position actuelle de l'étoile 30 Licorne.

Regardez de temps à autre ce groupe à la jumelle : on le trouve sur le prolongement d'une ligne menée par Procyon, C Petit chien, ?8 et 29 Licorne; comparez les trois étoiles comme grandeur et aussi comme position, car certains catalogues et atlas (Flamsteed, Harding, Dien), placent l'étoile du milieu au-dessus, ou au nord, de la ligne joignant ses deux acolytes, tandis qu'elle est au-dessous ou au sud. Oscillerait-elle avec une amplitude sensible à l'œil nu ? Ce serait le seul exemple de cette nature que nous aurions dans le ciel entier, et c'est tout à fait improbable ; mais nous ne devons rien nier a priori : l'inconnu n'est pas l'impossible. — Hier soir, 7 mai 1881, je l'ai réobservée, et trouvée très sensiblement au-dessous de la ligne en question.

L'étoile 22 a été également connue des anciens, et signalée par Ptolémée et Sùfî comme brillant entre les deux Chiens.

— Je n'en trouve pas d'autres jusqu'à Tycho-Brahé.

Piazzi a noté l'étoile 11 de sixième grandeur seulement, composée d'une étoile de 6" î et d'une de 7° : c'est en effet une étoile double, ou pour mieux dire une étoile triple, fort jolie du reste, et mémo l'une des plus belles du ciel :

A = 5; B = 5|; C = 6. Distance de AB = 7", 2, à 130". Distance de BC = 2", 5, à 102

Fig. 337. — L'étoile triple II Licuriis.

Blanches

toutes trois. Il est probable qu'il n'y a pas eu de variation d'éclat et que l'estimation de Piazzi est un peu faible. L'édition de Bradley faite par Bessel et les observations de l'amiral Smyth s'accordent, il est vrai, avec Piazzi, mais les grandeurs des étoiles de ces deux ouvrages ont été copiées dans Piazzi même et ne doivent jamais être citées comme originales, quoiqu'on le fasse trop souvent (parce qu'on n'a pas lu attentivement les préfaces des auteurs). — Ce beau système triple n'a présenté aucun mouvement des composantes entre elles depuis cent ans que nous l'observons.

L'étoile 29 offre des signes d'accroissement d'éclat, s'étant élevée de la 6° à 4 1. C'est aussi une étoile multiple, comme la précédente, mais moins belle. A = 5 ; B = 11 ; C = 9. Distance de AB = 30", à 105". Distance de AC = 67", à 224°. La plus petite des trois (B) n'est pas toujours facile à apercevoir, et paraît varier entre la dixième et la douzième grandeur.

L'étoile 31 a été vue de 4^ par Hévélius et Lalande, de Q' par les observateurs d'Armagli, de 7° par Piazzi. Elle est de cinquième.

P. VII, 228 a été notée de 7" par Piazzi, de 6" par Lalande, de 5 1 par Heis.

15 varie de 4 à 6, parfois rapidement, mais irrégulièrement. On avait cru trouver une période de 3 jours 10 heures 48 minutes; mais elle n'est pas certaine, et l'amplitude de la variation n'est pas non plus bien déterminée. Cette variable a reçu le nom de S Licorne. Elle est jaune. Intéressante à observer, d'autant plus, ce qui est de la dernière rareté, que cette variable est en même temps une étoile double : on voit à côté d'elle, à 3", un petit compagnon bleu de 10' grandeur. C'est sans doute là un système physique; toutefois le mouvement orbital n'est pas rapide, car depuis 1825 il n'y a encore que 7 degrés de parcourus. Une bonne lunette montre un second compagnon, de 13" grandeur, à 16", ce qui en fait une étoile triple. On en aperçoit encore un troisième, plus petit et plus éloigné. Belle assemblée d'étoiles dans le voisinage. Piazzi l'avait déjà remarquée, car il avait annoté cette étoile des réflexions suivantes : « Duplex videtur : multse simul conspiciuntur ; quarum prœcipua 8* magn. sequitur 29% 3' circiter ad austrum ». Le i" février 1864, D'Arrest a cru la voir entourée d'une nébulosité. • — A épier.

Il y avait déjà, dans la même constellation, la variable R, qui oscille de la neuvième à la treizième grandeur ; mais son observation est réservée aux vigies des régions télescopiques. Moins difficile à trouver est la variable T qui précède de 7 minutes de temps l'étoile

13, à peu près sur le chemin d'Aldébaran à cette étoile, et qui forme l'angle occidental d'un petit quadrilatère dessiné par elle et ses voisines 8, 12 et 13 : j'ai marqué sa place sur notre carte (p. 521), quoiqu'elle reste presque toujours au-dessous de l'invisibilité, son maximum étant 6,2 et son minimum 7,6. Cette variabilité est régulière et s'effectue en 27 jours ; mais le minimum ne précède le maximum que de 7 jours.

Une quatrième variable, qui a reçu la lettre U, se trouve à l'ouest de l'étoile 26, à 10 minutes environ, au sommet d'un petit quadrilatère dessiné sous une étoile de sixième grandeur : elle varie de 6, 2 à 7,6 également, en 46 jours.

Il y en a une cinquième à éludier, juste au-dessous de 8. C'est P. VI , 82, de sixième grandeur, annotée ainsi par Piazzi : « Hujus stellae magnitudo in diem imminui videtur », ce qui veut dire, me semble-t-il, que la grandeur de cette étoile diminue pendant le jour, c'est-à-dire, sans doute, qu'elle s'éteint à l'aurore beaucoup plus vite que ses sœurs. C'est une remarque que j'ai faite assez souvent sur les satellites de Jupiter: l'ordre relatif de leur éclat n'est pas le même, à deux heures de distance déterminé au crépuscule ou pendant la nuit. Cette étoile doit être relativementgrosseet peu brillante, d'une lumière intrinsèque moins vive, moins intense, moins perçante. Il n'est pas rare, du reste, de remarquer à l'œil nu dans certaines étoiles que la lumière n'est pas en proportion du disque. (Ainsi, ces derniers soirs entre autres (mai 1881), dans une atmosphère calme et limpide, vaguement éclairée par la dernière clarté du crépuscule et par la Lune en son premier quartier, on ne pouvait s'empêcher d'observer que Castor était, à côté de Pollux, très petit et très blanc, tandis que son frère céleste était très gros et coloré d'une nuance orangée). Pour en revenir à notre étoile, Piazzi l'a inscrite de sixième, Lalande ne l'a pas observée du tout, quoiqu'il ait observé deux fois sa voisine supérieure (8), le 1" janvier 1794 et le 19 février 1797 ; Argelander ne l'a pas insérée dans son Uranométrie des étoiles visibles à l'œil nu; Heis la voyait fort bien, l'estimant de 6, 0; Gould l'a estimée de 6, 4. — Est-elle variable?

Pendant que nous sommes ici arrêtés devant 8 Licorne, examinons cette étoile : c'est une double fort belle : 4, 7 et 7, 5 ; jaune et bleuâtre, à 14". Système physique: les deux composantes sont animées d'un mouvement propre commun, mais elles restent fixes l'une par rapport à l'autre depuis cent ans que nous les examinons. L'éclat de l'une ou de l'autre des composantes ne paraîtpas constant. Le 1" janvier 1794,

LA LICORNE

Lalande les a estimées respectivement de 6°|et7% et, le 19 février 1797, de 4° et 8° | ; la divergence est énorme. Piazzi les a estimées 5|et 8; William Struve, en 1822 : 4, 5 et 7, 2; en 1831 : 4, 0 et 6,7. Signalons aussi dans cette constellation une étoile de sixième grandeur, à peine perceptible à l'œil nu, même pour les meilleures vues, située sur le prolongement d'une ligne menée àe^- à S' du Petit Chien, à la rencontre de la ligne qui serait tracée de 22 à 27 de la Licorne : cette étoile a été notée de 4^ à 5^ grandeur par Rumker, de 6° par Gould, de 6 |par Heis, de 7' par Santiui, de 8' à 9' par Fellocker; elle est jaune et précédée à 4 secondes d'une étoile de 9° |, à environ r au nord. — • Elle porte le n" 669 (VIP heure) du catalogue de Bessel. — A chercher.

Une autre étoile intéressante à observer est l'étoile 12, qui marque l'emplacement d'un petit amas fort curieux. Déjà Piazzi avait écrit en note « Exiguus stellarum acervus nebulositate mixtus » petit amas d'étoiles mélangé de nébulosité ; et Herschel l'avait examiné pendant l'été de l'année 1784 (H. VII, 2). On la devine à l'œil nu. L'étoile 12 est rougeâtre. Toute cette province céleste est particulièrement intéressante, car c'est là aussi, au bord de la Voie lactée, que l'on rencontre, outre cet amas nébuleux, les variables S et T, ainsi que P. VI, 82; R

est également là (entre 1 3 et S) , accompagnée d'une nébuleuse triangulaire en forme de queue de comète (H. IV, 2), c'est un objet étrange. A l'ouest de 12 494, il y a un autre amas perceptible à l'œil nu. Comme déjà nous l'avons remarqué maintes fois, des causes locales ont favorisé en certaines contrées de l'univers des créations spéciales. La Licorne est remarquablement riche en amas; ne manquez pas d'y promener une lunette, armée d'un faible oculaire, principalement dans la région qui s'étend entre Aldébaran et Procyon, à travers l'inépuisable et inénarrable Voie lactée. — Octobre à mai.

Signalons encore l'amas d'étoiles M 50, sur la ligne qui joint Sirius à Procyon, au tiers de la distance, ou au double de la distance de

Fi g. 338. —La nébuleuse cométaire île laLicoi'ûc.

Sirius à 6 du Grand Chien et un peu à gauche. Nous sommes encore ici en pleine Voie lactée ; on y remarque notamment une petite étoile double et une étoile rouge.

Entre 29 et 30, au sud de la ligne qui les joint, formant avec ces deux étoiles un triangle à peu près équilatéral, amas assez curieux (H. VI, 22), petit canton d'une quinzaine de villages presque égaux — je veux dire d'étoiles de neuvième grandeur. On le devine à l'œil nu, à condition qu'il n'y ait pas de clair de lune, que l'atmosphère soit pure, et que cette région soit assez élevée audessus de l'horizon. Découvert par Miss Herschel en 1783. Cette contrée remarquable, illustrée, sur la frontière de la Voie lactée, par la triple écartée 30 Licorne, la double (et même triple) 29, et l'amas dont nous parlons, est reproduite au diagramme ci-dessus (/ig. 339). Bayer a dessiné près de l'étoile 5, au sud-ouest, une étoile nébuleuse. II y a là une collection de nébuleuses télescopiques. L'une d'elles aurait-elle été visible à l'œil nu?

On voit que cette constellation de la Licorne ne manque pas de curiosités sidérales de toute nature. Mais voici VHydre qui nous arrête.

L'Hydre , ou Serpent aquatique (c'est peut-être le type original de ce fameux « grand serpent de mer » dont les journaux parlent de temps en temps), est l'une des 48 anciennes constellations de la sphère grecque; elle doit sans doute son existence à la disposition des longues files d'étoiles qui la composent, comme nous l'avons vu pour le serpent d'Ophiuchus, le courant d'eau du Verseau, le fleuve Éridan, etc. Elle est mince, longue, sinueuse, ayant la tête près du Petit Chien, sous le Cancer, et s'étendant de l'ouest à l'est, sous le Lion, la Vierge et jusqu'à la Balance. La tête est dessinée sur notre fig. 334 ; mais pour avoir sous les yeux l'Hydre tout entière, il faut prendre en mains notre fig. 340, entièrement traversée par le fabuleux animal,

fig. 339. — Région remarquable dans la Licorne.

528 L'HYDRE

encore la queue reste-t-elle en dehors du cadre. L'idée la plus originale des artistes antérieurs à notre ère a peut-être encore été de mettre sur cette hydre un corbeau qui a l'air de la picoter et une coupe qui n'est guère en équilibre ; il faut croire que ces deux superfétations un peu anormales sont d'une origine différente, mais dès le temps d'Eudoxe et d'Aratus, personne ne se souvenait déjà plus de cette origine ni de la cause ou du prétexte de leur situation. La mythologie grecque racontait qu'Apollon voulant faire un sacrifice à Jupiter avait envoyé le corbeau avec une coupe pour apporter de l'eau (c'est encore plus fort que de lui mettre un fromage dans le bec et de faire désirer ce fromage par un renard). Le corbeau se serait arrêté sur un figuier pour attendre que les figues devinssent mûres ; mais comme Apollon avait pu perdre patience — et Jupiter aussi, sans doute — le corbeau eut peur de quelque réprimande et il accusa un serpent de sa désobéissance (Eve l'avait déjà fait aux beaux jours de la mythologie juive). Apollon, pour punir le corbeau de sa noirceur, aurait noirci son plumage, qui jusqu'alors était resté blanc, et aurait installé pour l'éternité ce maudit oiseau vis-à-vis de la coupe, sur les flancs du serpent. Ce n'est pas moi qui invente l'histoire {voir VAstronomie de Lalande, t. I, § 662.) Les vieilles figures astronomiques rappellent assez naïvement cet épisode, comme on peut en juger par celle que je choisis entre cent pour être reproduite ici fidèlement d'après un Hyginus du quinzième siècle (uoir la fig. 341). Est-elle assez naïve?

Mais il vaut mieux chercher à reconnaître dans le ciel les étoiles de l'Hydre que de creuser l'origine des dénominations et des métamorphoses. Comme nous l'avons dit, c'est la disposition même des étoiles qui a donné naissance à ce serpent, à la Coupe (qui est extrêmement facile à reconnaître par sa forme même (voir la fîg. 344) et même au Corbeau. Pour trouver dans le ciel la principale des étoiles de l'Hydre, alpha, on peut se servir du Lion, qui est sur l'horizon à la même époque, et aussi de Castor et PoUux : les alignements de notre fig. 342 serviront mieux que toute autre explication. Cette étoile, alpha, a été nommée alphard, non pas en souvenir de la première lettre de l'alphabet grec, mais en dérivation de l'arabe al-fard « la solitaire », sans doute à cause de sa situation isolée.

A droite d'Alphard, en allant vers les Gémeaux, quelques étoiles esquissent le corps et la tête triangulaire aplatie de l'Hydre. Alphard marque la place du cœur. A gauche, des étoiles éparses dessinent le corps du Serpent, la Coupe, le Corbeau et la queue de l'Hydre.

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Fig. 310. — Constellations australes. — L'Hydre. — La Coape. — Le Corbeau. lA Uacblne pneamatlque. — Le Centaure.

L'HYDRE

La constellation entière se juge à première vue sur la zone équatoriale inférieure du Planisphère céleste de l'Astronomie populaire (p. 700).

Cette étoile Alphard est d'un jaune rougeâtre. Au dixième siècle de notre ère, Sûfi faisait déjà remarquer cette coloration rouge. Les Chinois l'appelaient « l'oiseau rouge ». Peut-être était-elle plus rouge aux siècles passés que de nos jours; cependant Ptolémée He la qualifie pas. Elle paraît varier de la première à la seconde grandeur. Son spectre appartient au troisième type. Sont colorées delà même nuance les étoiles y, i, (a, v, $, tt, w de la même constellation. D'après l'antique encyclopédie chinoise, le Chou-King, l'étoile « de

l'Hydre a été observée sous le règne de l'empereur Yao, qui monta sur le trône l'an 2356 avant notre ère , comme passant au méridien au coucher du soleil le jour de l'équinoxe de printemps, cet équinoxe étant alors marqué par les Pléiades . C'estl'une des plus anciennes

FIg. 341. — L'Hydre, d'après une gravure sur bois du xv* siècle. observationS astrO-

nomiques qui nous aient été conservées. Elle date, comme on le voit, de plus de 4200 ans. Cherchez donc un peuple actuellement existant dont l'histoire remonte aussi haut !

L'étoile |3, de troisième grandeur autrefois, est descendue à la quatrième et demie.

Les suivantes marchent assez bien autour d'un éclat moyen permanent; mais en arrivant à x, nous sommes arrêtés court.

Il y alà, entre a et ^, quatre étoiles: x, u', u' elX, qui sont actuellement de 5,3; 4,1 ; 4,5 et 3,4. Les anciens n'en ont vu que trois; quelles sont-elles?

Il est naturel de supposer d'abord que c'est la moins brillante qui est absente des observations anciennes, c'est-à-dire x. Cette hypothèse s'accorde- t-eUe avec les positions ? Non.

J'ai représenté sur le diagramme I de la fig. 343 les positions données par Pto-

L'HYDRE

lémée : elles concordent avec x, u' et u' ; mais X est absente. Le diagramme II est celui des positions du catalogue de Sùfl, qui sont les mêmes que celles de Ptolémée, avec les longitudes augmentées de 12° 42'. Mais, remarque intéressante à plus d'un point de vue, si l'on compare ces positions du catalogue de l'astronome persan avec le texte de sa description faite directement par lui d'après l'aspect du ciel, on trouve qu'elles ne concordent pas. Voici, en effet, ce qu'il dit : « La 13«estla précédente des trois situées au sud d'Alphard, vers l'orient; entre elle et Alphard il y a cinq coudées. La 14"= est la mitoyenne de» trois, à l'est de la 13°, à plus de deux coudées; elle est de la quatrième grandeur. La 15° suit immédiatement la 14°, s'inclinant un peu vers le nord; elle est des grandes de la quatrième grandeur, quoique Ptolémée la dise juste de cet éclat : il y a entre elle et

Fig. 342. — Alignements pour trouver a de l'Hydre.

la 1 4° deux tiers de coudée ; la latitude que donne Ptolémée est erronée, car dans ce cas la distance serait d'une coudée et demie. La 16° est à plus de trois coudées à l'orient delà 15°, s'incUnant un peu vers le sud : elle est des petites de la troisième grandeur. » Telle est la description de Sùfl : elle ne s'accorde pas avec les positions données dans son catalogue et reproduites au diagramme II, car l'étoile 14 devrait précéder immédiatement la 15°, et entre ces deux étoiles il ne devrait y avoir que le tiers environ de la distance entre 13 et 14, puisqu'il dit qu'il y a deux coudées entre 13 et 14 et seulement les deux tiers d'une entre 14 et 15. La description de Sùfl s'accorde avec notre diagramme III, qui reproduit les positions données par Ulugh-Beigh ; d'où il suit que Sùâ n'a pas mesuré ces positions, mais que Ulugh-Beigh les a réellement mesurées. C'est utile à savoir pour le jugement que nous devons porter sur les catalogues des deux astronomes. Ainsi, Sùfl et Ulugh-Beigh ont vu, non pas les étoiles x, u' et u' observées par Hipparque et Ptolémée, mais u', u' et X. L'étoile X, absente dans l'antiquité, est devenue brillante, tandis que l'étoUe x a diminué d'éclat et reste absente de la

ccsoriptiun. Noire diagramme III, qui donne les positions d'Ulugh Bcigh, s'accorde avec le texte de Sûfi. — Tycho-Brahé a vu et mesuré les quatre étoiles (diagramme IV), qui s'accordent avec l'état actuel du ciel (diagramme V). Conclusion : 1° les anciens n'ont vu que trois étoiles là où nous en voyons quatre ; 2° les trois étoiles de Ptolémée s'accordent avec les positions de X, u' et u', et il en résulte que Y était plus faible que ces trois-là; 3° Sùfi et Ulugh-Beigh n'ont pas observé x, vue de quatrième par Ptolémée, Tycho- Brahé, Hévélius, et sans doute alors de cinquième comme aujourd'hui ou plus faible encore.

Remarquons à propos de ces difficultés, de ces désaccords , de ces incohérences qui nous arrêtent si souvent dans cette description à la fois actuelle et historique du ciel étoile, qu'il serait beaucoup plus simple, plus expéditif et peut-être aussi plus agréable, de les passer sous silence. Qui s'en apercevrait?

Personne ne les a jamais remarquées. Notre étude se développerait paisiblement, comme l'eau tranquille d'un lac éclairé par la lumière des cieux. Oui, sans doute..., mais... nous n'apprendrions pas ce que nous apprenons ici ; nous ne saurions pas que ces étoiles, crues jusqu'à présent fixes et immuables, sont au contraire mobiles et in-

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