‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 239 sur 399 · LA VARIABLE R DE L'HYDRE · texte numérisé non relu

LA VARIABLE R DE L'HYDRE

Au sud de l'Épi de la Vierge, à gauche de y de l'Hydre, chercher l'étoile R, plus curieuse encore. Orangée et variable, sur une amplitude prodigieuse : elle oscille de la 4° à la 10^ grandeur, en une période qui va en se raccourcissant d'année en année. Son histoire est assez singulière :

Hévélius, à Dantzigjl'a observée de sixième grandeur en 1662; Montanari, à Bologne, la vit de quatrième en 1670 ; Maraldi, à Paris, la vit de quatrième en 1 704 et la suivit de temps en temps jusqu'en 1 7 1 2 ; puis on la crut perdue, ou on l'oublia, et ce n'est qu'en 1784 que les observations furent continuées par Pigott, à York. Pendant notre siècle, elle a été particulièrement étudiée par Argelander et Schmidt.

Fig. 344. — Constellations de l'Hydre, de la Coupe et du Corbeau.

Il résulte de la comparaison de toutes les observations que la période diminue assez rapidement, de neuf à dix heures à chaque révolution ; elle a été, d'après les calculs les plus sûrs, de :

547 jours en 1680 487 — 1780 43Î — 1880

Le dernier maximum a eu lieu le 3 mars dernier (1881). Observations fort intéressantes à poursuivre. La diminution de la période va-t-elle se continuer? Problème ouvert à tous les curieux des choses de la nature. — Cette région s'offre à nos regards de mars à juillet.

L'Hydre compte plusieurs autres variables connues, telles que S, qui varie de la huitième à la treizième grandeur en une période de 256 jours, et T, qui varie de 7 l à 13 en 289 jours; mais elles sont

presque impossibles à trouver pour des instruments sans monture équatoriale et sans graduation, — et il faut laisser quelque chose à faire aux astronomes de profession.

Signalons pourtant, près de fx, une curiosité particulière, l'étoile P. X, 68, annotée par Piazzi comme nébuleuse (19' ou 1° 16' avant f* et r 48' plus au sud), c'est-à-dire vers 2° au sud de [j. ou environ 20,, sud-ouest de Régulus. Elle a été observée par Lalande le 21 avril 1798 et qualifiée également de nébuleuse (= 20204 Lai. de 8' gr.). C'est la. nébuleuse pluiiétaire H. IV, 27 d'Herschel, décrite en 1785 par ce grand astronome comme un globe de lumière uniforme, et en 1837 par l'amiral Smyth comme ressemblant à Jupiter par sa grandeur, sa lumière et sa couleur. Etudiée spécialement de 1862 à 1866, par d'Arrest à Copenhague et Secchi à Rome, elle a offert l'aspect

d'une ellipse de 30" de longueur sur 25" de largeur, incli' née sur un angle de position de 150°, colorée d'une teinte bleu céleste admirable. On voit un anneau nébuleux, en dehors comme en dedans duquel la lumière est plus faible ; c'est comme un anneau de condensation. Au centre de la nébuleuse brille une belle petite étoile. Quatre étoiles télescopiques l'entourent de leur cortège : l'une de 11' grandeur,

Fig. 343. - La nébuleuse ellipti.iue de IHydre et son ^^ Sud, à 2' 17 ; UUe autre, de

cor'èse. 10° grandeur,au sud-est, à 19',

et une double à l'opposé de celle-ci, c'est-à-dire au xiord-ouest, de telle sorte qu'une ligne menée de l'une à l'autre est tangente à la nébuleuse, comme on le voit sur notre petit diagramme. Quelle peut être la nature de cette création bizarre, où l'on croit voir parfois des fluctuations et des massifs de lumière? Analysée au spectroscope, elle se révèle comme entièrement gazeuse.

On trouvera une autre nébuleuse (M. 68) à 3° au sud-est de (3 du Corbeau : c'est un riche amas d'étoiles, mesurant 4' de longueur sur 3' de largeur. Il est très paie, et isolé entre deux petites étoiles, l'une au nord-ouest, l'autre au sud-est.

Comme étoiles doubles, dans cette constellation, remarquons

d'abord le couple charmant de e : 3^|et 7' |, jaune et bleue, couleurs ravissantes; distance = 3", 5. C'est un système orbital assez serré, mais les deux composantes ne tournent que lentement l'une autour de l'autre : 27° seulement de parcourus depuis 1825; à ce taux, la révolution totale demanderait 700 ans pour s'accomplir.

54, au sud de a Balance et près de y à l'ouest : 5° et 8% à 9", jaune et violette, couple facile. On désigne souvent cette étoile sous des noms différents; Smyth et Webb l'appellent 10 de l'Hydre, Bode 73 de l'Hydre, John Herschel 30 de l'Oiseau solitaire, constellation insignifiante introduite là en 1776 par Leraonnier, en souvenir de cet oiseau des Indes. Mais cette étoile est bien correctement la 54° de l'Hydre du catalogue de Flamsteed. (L'Oiseau dont nous venons de parler, a Turdus Solitarius », est visible sur notre fîg. 263, p. 369, près du plateau austral de la Balance, et posé sur la queue de l'Hydre.)

T* : 5' et 8% à 65". Couple très écarté.

A 1° nord précédant $, dans la tête : P. VIH, 108, 6' et T, à 10"; beau couple, agréablement groupé avec d'autres étoiles.

Sous la Coupe : P, XI, 96, 5° et 6' |, à 10". On met souvent cette étoile dans la Coupe dont elle porte le n" 17 ; mais elle en est vraiment trop éloignée, et elle appartient au corps même de l'Hydre par sa position.

Ce sont là les curiosités les plus remarquables et les plus accessibles à l'observation. Mais, avant de quitter l'Hydre, voyons ce que ses deux acolytes, la Coupe et le Corbeau, présentent d'intéressant à l'observateur du ciel.

Nous connaissons déjà l'épisode mythologique de leur annexion au grand Serpent équatorial. L'un et l'autre de ces deux astérismes ne se composent que d'un petit nombre d'étoiles. La Coupe en compte treize principales, que voici :

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