‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 313 sur 399 · IS^O · texte numérisé non relu

IS^O

1882 novembre. .

1883 novembre .

1884 décembre . .

1885 décembre . .

Ces données poun'ont servir en même temps aux observateurs pour les appréciations des distances des étoiles doubles.

Les cinq dessins de Saturne publiés ci-après correspondent aux positions qui viennent d'être signalées : ils représentent la planète telle qu'elle apparaîtra dans les lunettes astronomiques (images renversées) d'ici à l'opposition de 1885. L'échelle adoptée est de un demi-millimètre pour une seconde, comme nous l'avons fait pour nos diagrammes d'étoiles doubles.

On pourra observer avec intérêt le^ différentes teintes des anneaux. Le bord extérieur de Va7ineau du milieu est ordinairement très brillant. L'anneau transparent intérieur est difficile à voir, mais on essayera de le reconnaître le long du globe. Peut-être parviendra-t-on, h l'aide d'une lunette de 4 pouces (108"'™) ou de 5 pouces (135"""j à distinguer les zones concentriques qui se succèdent en s'affaiblissant dans la largeur de l'anneau médian. Parfois aussi on peut parvenir à apercevoir une petite ligne ven N; milieu de l'anneau extérieur. Quant

au globe lui-même, on y reconnaîtra, assez facilement, plusieurs bandjs analogues à celles de Jupiter. Ordinairement, l'équateur est marqué par une ceinture blanchâtre, de chaque côté de laquelle courent deux bandes sombres. La calotte polaire paraît un peu verdâtre. Inutile, à l'aide des instruments de moyenne

Fig. 38d. — Aspects de Saturne : 1831 à 1835.

puissance, de chercher à suivre une tache sur le disque et à deviner le mouvement de rotation : il faut pour cela avoir à sa disposition une lunette de 60 à 80 centimètres de diamètre, armée d'un grossissement de 1200 à 1500.

Les huit satellites de Saturne, le sixième. Titan, le plus gros (il surpasse en dimensions la Lune, Mercure et Mars ; diamètre = 1700 lieues) offre l'éclat d'une étoile de 8' \ grandeur, mesure un diamètre de 1", et peut être aperçu lors de ses plus longues élongalions. à l'aide d'une petite lunette de 60 millimètres :Touverture. Sa distance au centre de Saturne est égale à 22 fois le demi-diamètre de la planète. Après Titan, le satellite le plus facile à voir est Japet, le huitième, éloigné à 64 demi-diamètres et moins gros que Titan (environ 0",6 et 9= grandeur). On l'aperçoit aussi avec une lunette de 60"'", mieux avec une de 75. Une lunette de 108 montre aussi le cinquième, Rhéa; mais sa distance au centre de Saturne est très faible (6,8), et on ne peut l'apercevoir que rarement; sa dimension est à peu près celle de notre lune, et son éclat n'est guère que celui d'une étoile de dixième grandeur. Enfin, en des circonstances exceptionnelles, on peut voir encore Thétis et Dioné, le troisième et le quatrième satellite de ce lointain système; mais les télescopes les plus puissants sont nécessaires pour découvrir les trois plus petits. Mimas, Encelade et Hypérion.

JUPITER 'i^

Jupiter est l'un des astres du ciel les plus faciles à reconnaître, à observer et à étudier. Son éclat radieux surpasse celui de toutes les étoiles de première grandeur. Il occupe cette année la constellation du Taureau, et resplendit par conséquent, comme Aldébaran et les Pléiades, de septembre à août. Le 15 septembre 1881, il se lève à 8 heures et demie du soir et passe au méridien à 1 1 heures du matin :

rOSITIONS DES PLANÈTES. — JUPITER

il brille donc à l'est de 8 heures et demie à 11 heures, au sud-est de 1 1 heures à 2 heures, et au sud à partir de 2 heures. Le 15 octobre, il se lève à 6 heures et demie et passe au méridien à 2 heures : il brille donc à l'est de 6 heures et demie â 9 heures, au sud-est de 9 heures à minuit, et au sud à partir de minuit. Le 15 novembre, il est déjcà levé quand la nuit arrive, brille à l'est jusqu'à 7 heures, au sud-est jusqu'à 10, et passe en plein sud, au méridien un peu avant minuit. Au milieu de décembre, on le verra au sud-est à l'entrée de la nuit, au sud de 8 heures à 11 (passage au méridien à 9" et demie) , au sud-ouest de 11*" à 3", et à l'ouest de 3*" à 5" : coucher à 5 heures. Au milieu de janvier, il brille au sud jusqu'à 9 heures, au sud-ouest jusqu'à minuit, à l'ouest jusqu'à 2 heures. On voit qu'il avance d'environ deux heures par mois. En février, il est déjà au sud-ouest

Fig. 3S6. — Positions de Jupiter et de Saturne en I88Î, 1883 et 1884.

pendant les premières heures de la nuit et descend à l'occident vers minuit; en mars, on ne le verra plus qu'au couchant, et en avril il s'effacera dans le crépuscule, pour ne plus revenir qu'en octobre 1882. Ces indications suffisent amplement pour faire reconnaître Jupiter dans le ciel, sans la moindre hésitation possible. Et elles suffiront au lecteur attentif pour le faire reconnaître tous les ans. En effet, comme il emploie douze années à accomplir sa révolution autour du Soleil, et qu'il y a douze mois par an, il retarde précisément d'un mois chaque année, et les remarques que nous venons de faire sur sa position dans le ciel sont applicables aux années qui vont venir, avec un mois de retard seulement. Ainsi, son apparition actuelle s'étendant de septembre à avril, la prochaine aura lieu d'octobre à mai, la suivante de novembre à juin, et ainsi de suite : une précision plus détaillée serait absolument superflue, puisque cette éclatante planète frappe d'elle-même tous les regards par l'intensité de sa lumière.

ASTRONOMIE. — SUPPLÉ.MENT. 82

Nous écrivons ces lignes-ci en septembre 1881 ; nos lecteurs se souviennent peut-être qu'il y a un an, à pareille époque, nous causions déjà de cette planète (page 261 de cet ouvrage) — qui m'eût affirmé alors qu'un travail consécutif et exclusif d'une année entière ne suffirait pas pour mener à bonne fin cette description complète du ciel, m'eût assurément fort étonné! — nous causions déjà, dis-je, de cette belle planète, et nous remarquions qu'elle était apparue dès le mois d'août. Déjà même il y a deux ans, en septembre 1879 (Astronomie popula.ire, p. 524) nous examinions ensemble son mouvement, et nous observions qu'elle revient en opposition tous les 399 jours, ou 1 an et 34 jours en moyenne. Nos lecteurs connaissent donc aujourd'hui si exactement l'antique planète jadis consacrée au souverain des dieux et des hommes, que très certainement ils la suivront désormais d'année en année et ne l'oublieront jamais. Répétons-lè, elle se lève à minuit et demi au milieu de juillet 1881, à 10 heures et demie au milieu d'août, à 8 heures et demie au milieu de septembre, etc., retardant d'un mois chaque année. Ses oppositions actuelles, ou les dates de son passage au méridien à minuit, sont :

1881 12 novembre.

1882 17 décembre.

1884 19 janvier.

1885 26 février.

On trouvera les périodes suivantes en ajoutant chaque année 1 mois et 6 jours en moyenne.

L'observation de cette planète est extrêmement intéressante pour les commençants (elle l'est encore davantage pour les anciens), surtout à cause du beau cortège de satellites qui l'accompagne dans son cours céleste. Du jour au lendemain ces satellites ont changé de place, ce qui donne au petit tableau une configuration sans cesse variable. Quand nous disons du jour au lendemain, nous pourrions presque dire d'une heure à l'autre, tant leurs mouvements sont rapides. Le premier, par exemple, n'employant que 42 heures à faire le tour complet de Jupiter, passe en 21 heures de sa plus grande élongation orientale à sa plus grande élongation occidentale, et en 10 heures, du voisinage de Jupiter à l'une de ses élongations : en quelques heures, souvent même en une seule heure, et parfois même en une demi-heure, on constate ce mouvement, lorsque le satellite passe près de la planète ou près d'un de ses frères.

Les grandeurs optiques de ces satellites sont respectivement :

IIP = 5,8;— I" = 6,2 — IP = 6,3; — IV° = 6,6; mais ils varient, surtout le IV". Les vues très perçantes sont parfois parvenues à distinguer le IIP.

Ce qui devrait rendre l'observation de Jupiter tout à fait populaire, c'est qu'elle est accessible aux plus petits instruments et aux simples lunettes d'approche terrestres. Que l'objectif soit pur, et vous ne tarderez pas à distinguer ces satellites, comme de tout petits points lumineux de chaque côté de la planète. Dans une lunette de 40 ou 50 millimètres , le petit cortège est ravissant et son spectacle vaut presque celui de l'anneau de Saturne, la planète est très lumineuse, et se présente dans le champ sous l'aspect ci-contre.

Une petite lunette de cette sorte suffit aussi pour apercevoir le?

bandes de Jupiter, parallèles à son équateur, et pour apprécier son aplatissement polaire qui est de fj. Une lunette de 4 pouces (108""°) permet de faire des observations détaillées, de véritables études sur son aspect physique, ses

nuages, ses variations météOrolO- Fig. 3''7. - J»piter et se. satelUtes, dans le champ

giques, ainsi que sur les change- "^'""^ i"^'''° lunei'e.

ments d'éclat de ses satellites, sur leurs passages assez fréquents devant le disque de la planète, leurs éclijoses et leurs occultations. Quelquefois, en arrivant en contact avec le disque de Jupiter, ils semblent osciller.

Le plus brillant satellite du cortège est le IIP, dont le diamètre, de 1",5, ne mesure pas moins de 5800 kilomètres , est cinq fois plus gros que la Lune et plus gros que Mercure. Les observateurs qui voudraient connaître chaque jour les positions respectives des satellites trouveront ces configurations dans la Connaissance des Temps.

Jupiter étincelant d'un éclat considérable, il vaut mieux l'observer pendant le crépuscule que pendant la nuit, comme il arrive pour les étoiles doubles dont la principale est de première grandeur.

On s'intéressera très vite à l'observation de cette belle planète, surtout si l'on essaye d'en faire des dessins. On sent qu'il y a là de grands mystères à éclaircir. Il est bien possible que la surface de ce globe énorme soit encore liquide et agitée comme une mer, mais il est probable que ce n'est pas elle que nous voyons : c'est plutôt une couche permanente de nuages. L'atmosphère de Jupiter est si

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