‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 319 sur 411 · SATURNE I · texte numérisé non relu

SATURNE I

La merveille de notre système. Fort heureusement pour tous les amateurs de la contemplation céleste, de puissants instruments ne sont pas nécessaires pour reconnaître le mystérieux anneau qui donne à la planète un aspect si étonnant et si étrange : on le distingue fort bien, comme une charmante miniature, dans une lunette de 60 millimètres munie d'un grossissement de 60 fois seulement, et même en de plus petites. Un peu plus lumineux dans une lunette de 75. Très beau dans une lunette de 95. Magnifique dans une de 108; on distingue alors nettement la séparation qui partage ce singulier système en deux anneaux principaux.

Nul spectacle ne vaut la plus simple vue de Saturne au télescope. L'être le plus indifférent en est, malgré lui, absolument émerveillé, la première fois que, dirigeant un instrument vers cette planète, il la voit soudain trôner avec sa couronne dans le champ télescopique. En notre ère de progrès scientifique, il serait impardonnable pour toute personne instruite qui n'a jamais vu l'anneau de Saturne, de laisser passer sa présence sur notre horizon sans jouir de ce magique spectacle.

Tout le monde sait que Saturne est visible à Tceil nu, brillant de l'éclat d'une étoile de première grandeur ; moins lumineux que Vénus ou Jupiter, mais aussi remarquable que la plupart des étoiles de première grandeur. L'œil habitué à l'aspect des constellations remarque facilement la présence d'une planète qui vient s'adjoindre au x étoiles en traversant telle ou telle région du zodiaque; mais

comme tous les yeux n'ont pas cette habitude, il importe de préciser la position de Saturne dans le ciel, ainsi que les époques auxquelles il vient briller sur nos têtes, pour que chacun puisse facilement le reconnaître et l'observer. (Il est presque superflu de remarquer, une ibis pour toutes, que les planètes circulant dans le zodiaque, ne sont jamais du côté du nord, mais toujours du côté du sud, se levant à l'est et se couchant à l'ouest). x\ctuellement (1881), ce singulier monde brille dans la constellation du Bélier, à peu près au milieu de la hc^ne qui joint a du Bélier à a de la Baleine, à l'ouest des Pléiades et du Taureau. Par conséquent, comme pour le Bélier, sa période actuelle de visibilité commence en septembre et finit en mars. Le l"" septembre, il se lève à 9 heures du soir, passe au méridien à 4 heures du matin, et se couche k 11 heures du matin. Le 1" octobre, cette planète se lève à 6" 53" du soir, passe au méridien à 2 heures du matin, et se couche à 9. Le 1" novembre, elle se lève à 4" 46"", passe au méridien à 11" 44™ du soir, se couche à ô*" 47" du matin. Le l^"" décembre, elle se lève à 2'' 42" du soir, passe au méridien à 9° 38" et se couche a 4'' 37" du matin. On voit qu'elle avance de 2 heures environ par mois. Ainsi, l'astre qui brille le soir en septembre à l'est, en octobre au sud-est, en novembre et décembre au sud, en janvier au sud-ouest, en février et mars à l'ouest, est la planète Saturne. Les étoiles du Bélier ne peuvent guère servir à le faire reconnaître, car il est plus lumineux qu'elles, et c'est plutôt lui qui marque la place de ^a constellation dans le ciel ; mais elles peuvent servir à vérifier sa position exacte et à empêcher une confusion avec une autre planète, ce qui pourrait précisément arriver à l'occasion de Jupiter.

En efi'et, Jupiter, dont l'éclat est bien supérieur à celui de Saturne, attire actuellement aussi tous les regards dans la même région du ciel. Déjà, au mois de mars dernier, Jupiter, Saturne et Vénus se sont réunis un instant sur une même ligne, et ont produit par leur rapprochement un aspect dont les plus indifférents ont été frappés. Actuellement, le rapprochement ou la conjonction planétaire, comme disaient les anciens, est plus remarquable encore. Jupiter et Saturne sont voisins. Le plus curieux encore est que Mars vient dépasser tout près d'eux, que Vénus a suivi la même route dans le ciel, et que Mercure lui-même n'a pas été fort éloigné de l'assemblée ; de telle sorte que les cinq planètes visibles à l'œil nu, les cinq planètes connues des anciens, se sont trouvées momentanément réunies sur une même ligne et dans le même quartier du ciel. Si nous ajoutons que la Lune a, dans sa route nocturne, traversé chaque mois la même contrée,

nous compléterons l'aspect très rare et fort curieux formé par cette réunion des astres de notre système. Nous avons fixé ces rapprochements si rares sur le diagramme ci-dessous, en réunissant par une môme ligne les cinq planètes aux positions qu'elles ont respectivement occupées les l"juin, l" juillet, 1" août et 1" septembre 1881. On voit qu'à la première de ces dates, Vénus 9 , Saturne ï) , et Jupiter ?^ étaient réunis en groupe, Mars d s'en approchant vers l'ouest, et Mercure ? s'en éloignant à l'est. Au 1" juillet, Mars, Saturne, Jupiter et Vénus se suivaient dans la même heure d'ascension droite,

Flg. 384. — Rapprochement des planètes Saturne, Jupiter, Mars. Vénus et Mercura, de juin à septembre 1881.

sur un parcours de 15 degrés seulement. Le 1" août, nous retrouvons Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure; et le l"" septembre, Saturne, Jupiter, Mars et Vénus, Mercure s'envolant déruiitivement vers l'orient. En étudiant un peu cette petite carte, on remarquera qu'en certaines dates intermédiaires les positions ont été encore plus rapprochées.

L'année 1881 restera caractérisée, du reste, comme nous l'avions annoncé {Astronomie populaire, p. 415), par un rapprochement remarquable des principales planètes, conjonction que les anciens astrologues considéraient comme signes certains d'événements politiques importants dans les petites affaires de notre fourmilière humaine. Comme il y a toujours quelque guerre, quelque massacre ou quelque assassinat de premier ordre dans le cours d'une année terrestre, les astrologues ne couraient aucun risque d'associer une catastrophe quelconque à l'arrivée de ces conjonctions planétaires. Peu s'en est fallu que moi-même, tout en plaisantant du sujet, aie été considéré tout récemment comme doué de la faculté de connaître l'avenir.

Les moindres coïncidences peuvent être si facilement exagérées (*). Pour en revenir à Saturne, nul de nos lecteurs ne pourra désormais se tromper à son égard, chacun connaîtra sa position dans le ciel, en suivant les indications données ci-dessus. Elles peuvent être résumées comme il suit :

1* Saturne brille en septembre à l'est de 9^ h IP du soir, au sud-est de II"" cà 2'', au sud de 2'' à G*"; — en octobre, à l'est de 1^ à 9^ du soir, au sud-est de 9^ à minuit, au sud de minuit à S*", au sud-ouest de S** à ô*"; — en novembre, à l'est/du crépuscule à 7 heures, au sud-est de 1*" à IC", au sud de 10'' à P, au sud-ouest de P à 4^ à l'oues't de 4'' à l'aurore; — en décembre au sud-est, du crépuscule à 8'', au sud de 8'' à 11*", au sud-ouest de 11*" à 2'', à l'ouest de 2'' à 4''; — en janvier au sud, du crépuscule à Q*", au sud-ouest de 9^ à minuit, à l'ouest de minuit à 2 heures; — en février au sud, du crépuscule à 7**, au sud-ouest de 1^ à 10'', à l'ouest de 10'' à minuit; — en mars, à l'entrée de la nuit, il brille encore au sud-ouest, mais ne tarde pas à se coucher et disparaît dès lors jusqu'en septembre.

2° Pour surcroît de précision, remarquons que la planète stationne à peu près, tant son mouvement est lent, dans la constellation du Bélier, entre « Bélier et a Baleine, à l'ouest, ou à la droite des Pléiades et d'Aldébaran.

3* On ne pourrait la confondre qu'avec Jupiter; mais Jupiter peut au contraire facilement servir à faire reconnaître Saturne. En effet, nous verrons au chapitre suivant que Jupiter brille dans le Taureau entre les Pléiades et Aldébaran, comme un astre splendide, supérieur à toutes les étoiles et à Sirius lui-même. Il attire les regards avec une telle puissance qu'il est impossible de ne pas reconnaître sa royauté, de ne pas saluer sa majesté sans rivale. Eh bien! Saturne est l'étoile la plus belle à l'ouest de Jupiter, se levant avant lui, le précédant dans le sens du mouvement diurne, mais beaucoup moins lumineuse, relativement un peu pâle, un peu sombre, un peu triste, en comparaison de la lumière ardente, ensoleillée de Jupiter.

Avec ces indications précises, il est absolument impossible de ne

(') J'avais écrit dans le Magasin pittoresque du mois de décembre 1880, p. 390 : « L'aunée 1881 ne sera pas plus extraordinaire que ses devancières, mais si quelque événement capital arrive en Russie, ce ne sont pas les planètes qui en seront cause. » En février, j'ai annoncé de plus dans les journaux, pour les premiers jours de mars, la conjonction de Jupiter, Saturne, Vénus et la Lune, que tout le monde a observée, et c'est le 13 mars que l'empereur Alexandre est tombé victime de l'attentat des nihilistes. — Il n'en a pas fallu davantage pour m'honorer un instant du titre de prophète. Il n'y avait pourtant là qu'une coïncidence d'autant moins extraordinaire que chacun pouvait s'attendre à ce qui est arrivé. L'homme le moins perspicace pourrait également annoncer que l'année 1882 ne se passera pas sans que des événements graves pour la France arrivent en Afrique.

Ces conjonctions planétaires ont fait prédire la fin du monde, par un astrologue américain, pour le 6 novembre prochain. J'ai rencontré, à Paris même, des personnes qui craignent cette date fatale. Des plaisants ont publié le « programme exact et officiel » de la dernière tragédie. Cela a fait quelque bruit. Mais ce qui est certain, j,>est que ce jour-là la Terre tournera comme d'habitude.

pas reconnaître Saturne. Or, elles peuvent servir non seulement pour l'époque actuelle, mais encore pour les années suivantes. Car Saturne va rester à l'ouest du Jupiter, et quoique celui-ci s'avance vers l'est d'une marche assez rapide, cependant, pendant plusieurs années, les deux planètes garderont entre elles à peu près les mêmes rapports : au surplus, quand Jupiter sera parti, Saturne restera seul là, ne suivant qu'avec lenteur la marche de son fils vers l'Orient. Comme il n'emploie pas moins de trente années à faire le tour complet du zodiaque, il demeure en moyenne plus de deux ans dans chaque constellation, il reparaît tous les ans à peu près dans les mêmes conditions, retardant à peine de deux semaines chaque année. Son mouvement apparent se compose de 29 à 30 boucles annuelles résultant de la perspective causée par la combinaison de sa révolution autour du Soleil avec celle de la planète que nous habitons. Il passe en opposition, c'est-à-dire derrière la Terre relativement au Soleil, tous les ans avec un retard de 13 jours :

188i ...... 31 octobre.

Î882 14 novembre.

1883 27 novembre.

1884 10 décembre.

1885 23 décembre.

Ce sont ces époques, le mois qui précède et les trois mois suivants qui marquent ses périodes de meilleure visibilité. On voit que rien n'est plus facile que de suivre cette planète chaque année. Son mouvement, comme celui de Jupiter, seront du reste l'un et l'autre parfaitement appréciés par Fexamen de notre figure 386.

Remarquons encore que, de toutes les planètes visibles à l'œil nu, Mars est la seule qui puisse passer le soir dans cette région du ciel, d'ici à quelques années (comme elle vient d'y passer récemment, fîg. 384). Mais elle n'apportera certainement aucune équivoque dans l'observation de nos lecteurs, 1° parce qu'au lieu d'une seule étoile nouvelle dans le Bélier ou dans le Taureau, on en verra deux alors, la seconde étant Mars; 2" parce que Mars est rouge brillant, et Saturne en comparaison vert blafard, et 3° parce que Mars marche vite, ne fait que passer, tandis que Saturne reste à peu près stationnaire. Les deux autres planètes dont nous n'avons pas parlé, Vénus et Mercure, ne sont jamais le soir à l'est, ni au sud-est, ni même au sud. Ainsi donc, pour tout observateur attentif, il n'y a plus aucune confusion possible.

Et mainienant, quand vous verrez Saturne briller au ciel, accordez*

VOUS le plaisir, le bonheur, de diriger vers lui une lunette ou un télescope quelconque. Je ne crains pas d'affirmer que vous serez fatalement émerveillé. On a beau avoir vu l'anneau de Saturne en gravure : la réalité vous impressionnera incomparablement davantage. Que la lunette soit petite, pourvu qu'elle soit claire, le tableau sera charmant. Sans doute, il ne faut pas vous attendre à voir arriver sous vos yeux un Saturne colossal, d'un mètre de diamètre, comme celui qui vient d'être dessiné si magnifiquement par mon ami Trouvelot à l'Observatoire américain de Cambridge ; mais la merveilleuse planète n'ofFrît-elle à vos yeux que la grosseur d'un pois, votre observation ne sera pas sans intérêt. IMettez bien la vision de Tinstrument à votre point [voir, plus loin, au chapitre des instruments), et regardez tranquillement cet astre ceint d'une auréole, qui traverse en silence le champ de votre lunette ; considérez cette couronne qui l'enveloppe entièrement sans le toucher nulle part; réfléchissez que cet anneau est circulaire, et que si nous le voyons ovale, c'est parce que nous nous trouvons obliquement et non de face, gravitant autour du Soleil dans un plan peu incliné sur celui dans lequel Satnrne circule luimême; songez que ce petit globe qui vous paraît une miniature est 675 fois plus volumineux que la Terre, que son diamètre mesure 30000 lieues, qu'il y a 7000 lieues de vide entre sa surface et le bord intérieur de l'anneau, et que le diamètre total de tout le système annulaire est de 71 000 lieues... et si en voyant personnellement par vous-même cette création lointaine (elle plane à 318 millions de lieues de nous), vous n'éprouvez pas un sentiment d'admiration, d'émotion et presque de stupeur... si ce monde de Saturne passe devant vos yeux sans les frapper... fermez votre lunette, fermez ce livre, ne lisez plus, ne pensez plus. Laissez l'Astronomie de côté. Mangez, buvez, dormez, et faites de la politique.

Une petite lunette de 40, 50, 60 millimètres suffit pour voir l'anneau de Saturne; mais elle ne permet pas de distinguer la séparation qui partage Tanneau en deux, et qui dessine ainsi deux anneaux concentriques au' lieu d'un seul : un objectif de 95 millimètres est nécessaire pour obtenir nettement ce dédoublement. Quand l'atmosphère est très pure, une lunette de 108 millimètres permet de deviner le troisième anneau, l'anneau intérieur transparent, surtout dans son passage le long de la planète : les anses, grises sur le ciel noir, sont plus difficiles à apercevoir.

Nous avons vu que la largeur apparente de ce système annulaire varie suivant la perspective, et qu'en certaines années il ne se présente à nous que par la tranche, tandis qu'en d'autres époques il s'offre à nous avec son ouverture maximum. Fort heureusement, nous arrivons justement maintenant à l'époque

OÙ nous pouvons voir ces anneaux le plus de fiice. C'est en 1877 que nous nous sommes trouvés tout à fait de profil et qu'ils ont été réduits k l'aspect d'une simple ligne. Depuis, ils vont en s'ouvrant Icnlenient, progressivement, et leur largeur apparente continuera de s'accroître jusqu'en 1885, année pendant laquelle ils atteindront leur ouverture maximum. L;i merveilleuse planète va donc se trouver dans les meilleures conditions d'observation.

A partir de 1885, le système ira en se refermant lentement, jusqu'en 1892 , époque à laquelle il ne se présentera de nouveau que par la tranche. Actuellement, c'est la surface australe des anneau.\ qui est obli(juement tournée vers nous. A dater de 1892, les anneaux retournés nous présenteront leur surface boréale, jusqu'au maximum de 1899 et jusqu'à la disparition en 1906, correspondant à celle de 1877. Puis on observera de nouveau leur côté austral, et ainsi de suite... Qui sait? Peut-être en ce vingtième siècle qui approche à grands pas les progrès des sciences, plus rapides encore que ceux de notre fécond dix-neuvième siècle, permettront-ils à nos descendants de voir de leurs yeux ce qui se passe à la surface de Saturne, et d'entendre de leurs oreilles les communications photophoniques des citoyens de Mars ou de Vénus !

La grandeur apparente de Saturne vu de la Terre varie également; et, par une heureuse coïncidence, nous arrivons précisément aussi à l'époque du maximum. Le diamètre moyen du globe saturnien est de 17"; il descend à 15" aux plus grandes distances, et s'élève à 20" aux plus petites. Or la planète est à son aphélie lorsqu'elle plane dans la constellation du Sagittaire et à son périhélie lorsqu'elle passe dans la constellation des Gémeaux. Elle était en 1871 dans la première position et elle arrivera à la seconde en 1885. Voici les aspects de Saturne aux époques de ses prochaines oppositions :

Diamètre des anneaux.

Diamètre

gr. axe

petit axe

gr. axe

petit axe

du globe.

extérieurs.

intérieurs.

1881 octobre . .

lD^o

1882 novembre . .

1883 novembre . .

1884 décembre . .

1885 décembre . .

Ces données pourront servir en même temps aux observateurs pour les appréciations des distances des étoiles doubles.

Les cinq dessins de Saturne publiés ci-après correspondent aux positions qui viennent d'être signalées : ils représentent la planète telle qu'elle apparaîtra dans les lunettes ^astronomiques (images renversées) d'ici à l'opposition do 1885. L'échelle adoptée est de un demi-millimètre pour une seconde, comme nous l'avons fait pour nos diagi-ammes d'étoiles doubles.

On pourra observer avec intérêt les différentes teintes des anneaux. Le bord extérieur de Vanneau du milieu est ordinairement u^és brillant. L'anneau transparent intérieur est difficile à voir, mais on essayera de le reconnaître le lon^ du globe. Peut-être parviendra-t-on, à l'aide d'une lunette de 4 pouces (108'""i ou de 5 pouces (135'"™} à distinguer les zones concentriques qui se succèdent en s'affaiblissant dans la largeur de l'anneau médian. Parfois aussi on peut parvenir à apercevoir une petite ligne ver? \ milieu de l'anneau extérieur. Quant

au globe lui-même, on y reconnaîtra, assez facilement, plusieurs bandas analogues à celles de Jupiter, Ordinairement, l'équateur est marqué par une ceinture blanchâtre, de chaque côté de laquelle courent deux bandes sombres. La calotte polaire paraît un peu verdâtre. Inutile, à l'aide des instruments de moyenne

Kig. 385. — Aspects de Saturne : 1881 à 1885.

puissance, de chercher à suivre une tache sur le disque et à deviner le mouvement de rotation : il faut pour cela avoir à sa disposition une lunette de 60 à 80 centimètres de diamètre, armée d'un grossissement de 1200 à 1500.

Les huit satellites de Saturne, le sixième, Titan, le plus gros (il surpasse en dimensions la Lune, Mercure et Mars; diamètre = 1700 lieues) offre l'éclat d'une étoile de 8* \ grandeur, mesure un diamètre de 1", et peut être aperçu lors de ses plus longues élongations, à l'aide d'une petite lunette de 60 millimètres tt'ouverture. Sa distance au centre de Saturne est égale à 22 fois le demi-diamètre de la planète. Après Titan, le satellite le plus facile à voir est Japet, le huitième, éloigné à 64 demi-diamètres et moins gros que Titan (environ 0",6 et 9^ grandeur). On l'aperçoit aussi avec une lunette de 60""", mieux avec une de 75. Une lunette de 108 montre aussi le cinquième, Rhéa; mais sa distance au centre de Saturne est très faible (6,8), et on ne peut l'apercevoir que rarement; sa dimension est à peu près celle de notre lune, et son éclat n'est guère que celui d'une étoile de dixième grandeur. Enfin, en des circonstances exceptionnelles, on peut voir encore Thétis et Dioné, le troisième et le quatrième satellite de ce lointain système; mais les télescopes les plus puissants sont nécessaires pour découvrir les trois plus petits, Mimas, Encelade et Hypérion.

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