‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 34 sur 411 · LA NÉBULEUSE D'ANDROMEDE · texte numérisé non relu

LA NÉBULEUSE D'ANDROMEDE

(lerai pas. Cependant, Tyciio-Brahé, qui a décrit avec soin la position

lie l'étoile voisine (v), n'en a pas fait mention. »

Si Ton examine cette nébuleuse à l'aide d'une petite lunette, on la

trouve telle que la représente notre /ig. 49, et l'on voit au-dessus d'elle

une petite compagne du même ordre de création, qui a été décrite pour la première fois par l'astronome français Le Gentil, en 1749, le même auquel Vénus devait jouer, en 1761 et 1769, les tours que l'on connaît {Astronomie populaire, p. 297).

Cette nébuleuse d'Andromède a été l'objet d'un grand nombre d'observations. L'un des premiers astronomes qui 'l'ont étudiée, Halley, voyait en elle « une lumière arrivant d'un espace extraordinairement grand dans Téther, à travers lequel un milieu lumineux est diffusé, lequel brille par sa propre lumière. » Je traduis littéralement, en laissant le vague de l'ex-

Fig. 4'.l - La nébuleuse dAiuliuinca.; et sa preSSiOU ct, si IC UQ mC trOmpC, dc compagne, vues dans une petite lunette ^ i i> i -i j •

la pensée de 1 auteur, car il n y a rien de bien clair dans cette phrase : « The spot is nothing else but the light coming from an extraordinary great space in the ether, through which a lucid médium is diffused that shines with its own proper lustre. » Je ne sais si Derham s'en formait une idée plus nette lorsqu'il disait que c'était là un endroit où le firmament, qu'il croyait encore en cristal, était moins épais qu'ailleurs, et laissait entrevoir à nos yeux mortels l'immortelle lumière qui brille dans l'empyrée, séjour de la Trinité et des bienheureux.

Remarque assez curieuse, nous ne sommes guère plus avancés qu'il y a deux siècles sur l'explication de cette immense nébuleuse. Tandis que, parmi celles qui ont été découvertes depuis, les unes se sont résolues en amas d'étoiles dans le champ du télescope, et que d'autres ont prouve par leur constitution chimique être d'une nature gazeuse, celle-ci est restée muette et mystérieuse. Son spectre est continu, sans raies transversales, et par suite les substances qui la composent restent inconnues; remarque assez curieuse: l'extrémité rouge manque. Cela ne prouve pas cependant qu'elle ne soit pas ga-

LA NEBULEUSE DANDROMÈDE

zeuse les gaz peuvent, à basse température, donner un spectre continu. Les plus puissants grossissements ont fait apparaître quinze cents étoiles; mais il n'est pas certain que ces étoiles lui appartiennent : elles peuvent se trouver devant elle. Ajoutons que sa forme varie étrangement suivant les grossissements employés. Une lunette de 75 millimètres, grossissant 80 fois, montre l'image reproduite /?{/. 49. Une lunette de 108 millimètres, grossissant 200 fois, montre l'image reproduite fig. 50. Mais cette régularité primitive disparaît tout à fait si l'on se sert d'un puissant instrument, comme l'ont fait Bond et Trouvelot, à Cambridge. L'équatorialde 38 centimètres représente cette création lointaine telle qu'on la voit fig. 51, dessin fait par mon savant ami Trouvelot en 1874. Un foyer central se manifeste, ainsi que deux autres foyers secondaires, l'un rond, l'autre ovale, et, ce qu'il y a peut-être de plus surprenant encore, deux fissures noires paraissent couper la nébuleuse dans le sens de sa longueur : si ce sont là des vides à travers le gaz, c'est incompréhensible; si ce sont deux traînées de matière obscure posées là en avant, c'est encore plus extraordinaire. Quant aux étoiles, elles semblent se projeter en avant et sont moins condensées au centre. Qui pourrait arrêter une minute son esprit devant cette figure sans être absolument émerveillé, fasciné, confondu?

Et quelle grandeur ! C'est sans contredit l'une des plus vastes du cieL A l'œil nu, elle mesure un quart de degré. Une lunette de 108 millimètres lui montre une étendue de 1° 1/2 de longueur sur 24' de largeur. Bond est parvenu à suivre sa trace jusqu'à 4 degrés en longueur et 2 degrés et demi en largeur. En ne la supposant pas plus éloignée que les étoiles les plus proches, elle serait encore incomparablement plus vaste que notre système solaire tout entier, quoiqu'il mesure plus de deux milliards de lieues de diamètre. En

Fig. 50. — La nébuleuse d'Andromède, vue dans une lunette moyenne.

LA NEBULEUSE D'ANDROMEDE

effet, à la distance de l'étoile la plus proche, le demi-diamètre de l'orbite terrestre (37 millions de lieues) est réduit à 0", 928. Donc là, un objet mesurant 928" ou 15' 28" serait déjà mille fois plus

Fig. 51. — La nébuleuse d'Andromède, vue dans un grand télescope.

large que la distance de la Terre au Soleil et mesurerait 37 milliards de lieues. Mais la nébuleuse d'Andromède occupe dans le ciel un espace s'étendant Jusqu'à 4 degrés, c'est-à-dire 15 fois supérieur au

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