CATALOGUE DE TOUTES LES COMÈTES OBSERVÉES ET CALCULÉES
Nous réunissons dans la liste suivante toutes les comètes qui ont été scientifiquement observées depuis l'origine des sciences, et dont les orbites ont pu être calculées sur l'ensemble de ces observations.
En fait, on en a vu un très grand nombre d'autres, mais on ne les a pas suivies dans le ciel assez longtemps ou avec des soins suffisants pour que leur parcours ait pu être déterminé, et il serait impossible de les inscrire dans un véritable catalogue. Dans sa Cométographie (premier traité assez complet écrit sur ce sujet), Pingre fait remonter jusqu'à Mathusalem l'apparition de la première comète. Un grand nombre d'autres sont tout aussi légendaires, et beaucoup, réellement apparues, n'ont pas été scientifiquement ou suffisamment observées.
Il est utile que le lecteur ait sous les yeux le catalogue des comètes dont les orbites ont été calculées, afin de pouvoir suivre les supputations des astronomes lors de la découverte d'un astre nouveau du même ordre. Le catalogue a, en outre, le mérite de montrer que chaque année voit apparaître quelque nouvelle comète, et que, par conséquent, de telles apparitions n'ont plus rien qui doive surprendre ou émouvoir.
Ce premier catalogue renferme toutes les comètes calculées, qui n'ont été observées qu'une seule fois, c'est-à-dire dont la périodicité n'est pas sûrement déterminée. Il est suivi d'un second comprenant les comètes périodiques^ dont le retour a été observé.
La, première colonne donne le jour où la comète est passée à son périhélie, c'est-àdire au point de son orbite le plus proche du soleil; la deuxième colonne fait connaître la longitude du périhélie, c'est-à-dire la direction du grand axe de l'orbite, comptée à partir du point équinojfeèal de l'écliptique; la troisième colonne donne la longitude du nœud ascendant, c'est-à-dire le point où passe la comète quand elle va du midi au nord de l'écliptique; la quatrième donne l'inclinaison que le plan de l'orbite de la comète forme avec l'écliptique; la cinquième fait connaître la distance du périhélie exprimée en prenant pour unité le rayon moyen de l'orbite terrestre. Vient ensuite le chiffre de l'excentricité : le chiffre 1 indique qu'elle n'est pas calculée et qu'on a supposé l'orbite parabolique; les excentricités moindres que l'unité se rapportent à des ellipses, qui sont par conséquent fermées, et dans lesquelles on a pu évaluer la durée de la révolution. Les excentricités plus grandes que l'unité indiquent des courbes ouvertes hyperboliques. I
La durée de la révolution, lorsqu'elle a pu être calculée, est donnée en années et fractions d'année. Elle est d'autant moins sûre que la période est plus longue (celles qui sont entre parenthèses doivent être considérées plutôt comme des exercices de calcul que comme des réalités).
Le sens du mouvement est indiqué à la 7« colonne : il est direct quand le mouvement s'effectue comme celui de la Terre et de toutes les planètes d'occident en orient; il est rétrogade, quand il a lieu en sens contraire.
Les comètes ne se reconnaissent pas à leur aspect physique, car elles en changent souvent avec une rapidité étonnante, m.uis à la route qu'elles suivent dans l'espace, ce qui est beaucoup plus sûr. Dès qu'une comète nouvelle a été observée suffisamment, on calcule son orbite, et c'est eu comparant les résultats du calcul avec le catalogue ci-dessus, que l'on trouve si elle est déjà passée en vue de la Terre et si elle peut être mise au rang des comttes périodiques.