‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 394 sur 411 · SCINTILLATION · texte numérisé non relu

SCINTILLATION

Tout le monde a reinanjtié la scinliUalion des étoiles. Tatidis que les planctes, inèiiie les i)lus brillaiiles. rayonnent d'une lumière calme et immobile, IcHctoiles, même les moins In-ilhintes, paraissent plus ou moins agitées d'une lumière vacillante et varia])le. Cette lumière qui s'élance tantôt vive, tantôt faible, en lueurs intermittentes, lantôl blanche, verte ou rouge, comme les feu.v étincelants d'un diamant lim])ide, semble animer les solitudes intersidérales.

La scintillation est un l'ait causé en partie p;'ir ta lumicrc inlrinscque de l'étoile elle-même, en partie par l'état de notre atmosphère. Les derniers travau.\ de M. Monligny conduisent notamment aux conclusions suivantes :

Les étoiles qui scintillent le plus sont les étoiles blanches, comme Sirius, Véga, Procyon, Allaïr, Kégulus, Castor, p, y, e, Ç, f[^ de la Grande Ourse, a d'Andromède, a d'Ophiuchus. Nous verrons plus loin que ces étoiles, examinées au spectroscope, présentent un specti-e formé de l'ensemble ordinaire des sept couleurs, coupé par quatre lignes noires principales (celles de l'hydrogène); raies spectrales peu nombreuses. Le degré de la scintillation de ces étoiles, ou le nombre de variations de couleur par seconde, est en moyenne de 86, toutes les étoiles observées étant à une même hauteur de 30 degrés au-dessus de l'horizon.

Les étoiles qui scintillent le moins sont les étoiles orangées ou rouges, comme A.ntarcs, a d'Hercule, Aldôbaran, Arcturus, Bételgeuse, « de l'Hydre, e de Pégase, 0 de la Baleine, p d'Andromède. Les étoiles de ce type offrent un spectre traversé de larges bandes nébuleuses ol»scures (]ui en font une es[ièce de colonnade; la plupart sont variables. La moyenne des variations de couleur par seconde est de 50.

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Entre ces deux groupes extrêmes se rangent les étoiles à oscillation moyenne (69 j»r seconde), dont la lumière est jaune, comme la Chèvre, Rigel, Pollux, a du Cygne, y d'Orion, y d'Andromède, a du Bélier, p du Taureau, p de Lion, a de la Grande Ourse. Le spectre de ces étoiles est semblable à celui du Soleil, coupé de raies noires très fines et très serrées.

Ainsi, il y a une correspondance certaine entre la scintillation d'une étoile et sa constitution physique : les étoiles dont le spectre présente un double système de bandes obscures et de raies noires et auxquelles correspondent, par conséquent, les lacunes les plus nombreuses et les plus marquées entre leurs rayons séparés par dispersion dans notre atmosphère, scintillent moins que les étoiles à raies spectrales fines, et beaucoup moins que celles dont le spectre présente uniquement quatre raies noires, et qui n'offriraient ainsi qu'un très petit nombre de lacunes entre leurs faisceaux de rayons dispersés par l'air.

Notre atmosphère joue un rôle considérable dans la scintillation : plus une étoile est basse et plus elle, scintille; la scintillation est proportionnelle au produit que l'on obtient en multipliant l'épaisseur de la couche d'air que traverse le rayon lumineux émané de l'étoile par la réfraction astronomique pour la hauteur où elle a été observée.

La scintillation est d'autant plus prononcée que le froid est plus vif; elle est plus forte en hiver qu'en été.

Autre fait d'observation vulgaire et aujourd'hui scientifiquement établi : les fortes scintillations annoncent la pluie. C'est la présence de l'eau en quantité l^lus ou moins grande dans l'atmosphère qui exerce lïnfluence la plus marquée SUT la scintillation et qui en modifie le plus les caractères selon cette quantité, soit quand l'eau se trouve dissoute dans l'air, soit quand elle tombe au niveau du sol à l'état liquide ou à l'état solide sous forme de neige.

Ainsi, la lumière qui nous arrive des étoiles' subit, en traversant notre atmosphère, de légères variations d'aspect, suivant son intensité originelle, sa vivacité, sa nuance, en un mot suivant sa propre nature. Plus on s'élève dans les airs et plus la^ scintillation diminue : l'expérience est facile à faire en s'élevant en ballon, pendant les nuits profondes, calmes, majestueuses

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