‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 45 sur 411 · AMAS D'ÉTOILES DANS PERSEE · texte numérisé non relu

AMAS D'ÉTOILES DANS PERSEE

composantes sont de 7* 1/5 et 9' g-i-andeurs, écartées à 12^• fixes; la première a une nuance vert pâle, la seconde approche du lilas.

La constellation de Persée renferme deux splendides amas d'étoiles contigQS Fun à l'autre, situés dans la main droite du héros, à la poignée de son épée, sur le prolongement des étoiles a, y, -/j, en allant vers <î et Y Cassiooée, Ces deux archipels de soleils font, à l'œil nu, l'effet de deux étoiles nébuleuses, qui ont reçu pour dénomination les lettres / et h. Dans le catalogue des nébuleuses d'Herschel, ces deux objets célestes se nomment H. VI, 33 et 34. La moindre lunette dirigée vers eux nous transporte au sein d'une poussière de soleils. Spectacle inimaginable! C'est comme un morceau de la Voie lactée qui se serait rapproché de nous. On voit une étoile rouge entre les deux amas et l'on en découvre une autre vers le centre du second. Le premier laisse apercevoir dans sa région centrale une petite couronne d'étoiles, un peu elliptique, de 39" de longueur sur 33" de largeur, et à côté, suivant la première nébuleuse dans le mouvement diurne, l'œil est frappé par une étoile de 7^ grandeur qui paraît abandonnée au milieu

de la nuit, sur un espace désert rendu plus noir par le contraste. Notre' fig. 64 montre cet amas tel qu'il apparaît dans une lunette de 11 centimètres. Il y là plusieurs centaines de soleils, séparés sans doute les uns des autres par des distances analogues à celles qui s'étendent d'ici aux étoiles. Peut-être un système de planètes ha- Fig. 64. - Curieux amas d'étoiles dans bîtécs vogue-t-ll autour de chacuu de ^*^'""^^" ces soleils, et sans doute au milieu de

leurs nuits les habitants de ces mondes lointains n'ont-ils pas plus de lumière que nous-mêmes. Combien de miUiers d'années la lumière n'emploie-t-elle pas pour venir de là ! On peut aussi, par les nuits les plus pures, apercevoir à l'œil nu un autre amas d'étoiles, précédant Algol, à peu près au milieu de l'intervalle qui s'étend entre cette variable et y Andromède, un peu plus près d'Algol que de y (se servir de la p.g. 54). C'est la nébuleuse 34" du catalogue de Messier, décrite par lui en 1764 comme « une masse de petites étoiles », et résolue dès cette époque. IMagnifique amas d'étoiles, curieux à observer, comme les précédents dans nos lunettes populaires de 61, 75, 95 et 108 millimètres.

Desinstruments gigantesques etcoûteux, une installation laborieuse

CHARMES DE L'OBSERVATION DIRECTE DU CIET. gj

et opulente, ne sont point du tout indispensables pour s'initier direcitement à ces contemplations grandioses, que, du reste, la plupart des astronomes de métier n'apprécient pas, parce que pour eux le ciel est mort, et que jusqu'à présent quelques rares esprits seulement ont senti la vie circuler dans l'univers. On rencontre souvent dans les observatoires et dans les académies des hommes qui se sont faits astronomes comme on se fait commerçant ou notaire, de sorte qu'il n'y a rien de surprenant à ce qu'ils prennent Tastronomie pour un traité de chiffres et qu'ils meurent sans se douter de la beauté de l'univers. L'amour de la science, le désir de s'instruire, la curiosité de l'inconnu, une attention persévérante, sont les premières qualités requises pour arriver à se servir rapidement, utilement et agréablement, d'instruments modestes dans leur forme, précieux par les révélations qu'on sait obtenir de leur usage intelligent. Tant vaut l'homme, tant vaut l'instrument. Jamais Copernic, jamais Galilée, jamais Kepler, jamais Newton n'ont eu entre les mains ces instruments élémentaires, et le premier, comme Tyclio-Brahé, comme Hévélius, à l'aide de simples règles de bois et de quarts de cercle, les autres à l'aide de pauvres lunettes grossissant à peine une dizaine de fois, ont su observer dans les cieux des merveilles dont la contemplation faisait tressaillir leur âme enthousiasmée. Quel n'est pas notre bonheur d'être nés en un siècle où, si facilement, chacun de nous peut, à son tour, suivre la route lumineuse ouverte par ces grands esprits et s'élancer à la conquête des mondes inaccessibles ! Quelle est l'âme contemplative, quelle est l'intelligence curieuse, qui pourrait continuer aujourd'hui de voir avec indifférence le ciel se peupler d'étoiles à la nuit tombante, sans désirer reconnaître ces étoiles à mesure que leur lumière perce les clartés évanouissantes du crépuscule, sans désirer les nommer par leur nom et recevoir d'elles ces secrets que depuis tant de siècles elles gardaient dans leur sein, sans désirer surtout voir de plus près ces lointains univers et admirer personnellement ces agglomérations de soleils dont le rayonnement scintille là-haut pour les êtres inconnus qui palpitent dans leur lumière!... O transfiguration du ciel ! nous sommes nés à propos pour te connaître et pour jouir intimement de tes révélations subhmes ! Aveugle qui regarde le ciel sans lé comprendre : c'est un voyageur qui traverse le monde sans le voir; c'est un sourd au milieu d'un concert.

Page 1