L'ÉTOILE DE 18G6, DANS LA COURONNE BORÉALE
ce môme soir du 13 mai, quelques heures avant l'observation de M. Courbebaisse en France, M. Schmidt, à Athènes, avait constaté le môme phénomène. Athènes est en avance sur Paris de 1 heure 25 minutes, et quand Thorloge de Rochefort marquait dix heures du soir, celle d'Athènes marquait 11" 38'°; et comme M. Schmidt a fait également son observation vers dix heures du soir, elle £e trouve en avance de une heure et demie à deux heures sur celle de l'observateur français. Est-ce, toutefois, sûrement le premier soir auquel cette étoile ait été visible? Non, car la veille, le 12, il faisait beau en Angleterre, et un observateur très assidu de la voûte céleste, M. Birmingham, avait remarqué le nouvel astre, qui était encore plus brillant qu'on ne l'a vu le lendemain et se montrait pleinement de seconde grandeur, et, après avoir noté soigneusement sa position, il avait écrit à M. Iluggins pour le prier d'étudier sans retard au spectroscope la lumière de ce nouveau visiteur céleste. Voilà les documents officiels des témoins de la naissance de cet astre. Il est vrai que, quelques semaines plus tard, un certain M. Barker,du Canada, a prétendu avoir vu cette étoile dès le 10, le 9, le 8 et même le 4... mais... ce n'est pas tout à fait exact.
Pour moi, je ne l'ai Mie que le 17, après avoir reçu la nouvelle de son existence : elle était déjà descendue à la quatrième grandeur et demie.
Son triomphe fut, en effet, bien éphémère. Cette curieuse étoile a brillé tout d'un coup, le 12 mai 1866, d'un éclat comparable à celui
Fig. 97. — Diminution d'éclat de l'étoile T de la Couronne.
des étoiles de deuxième grandeur, puis, dès le lendemain, cet éclat commençait à diminuer; neuf jours après, elle disparassait à l'œil nu, et, trois semaines plus tard, c'est-à-dire un mois après son apparition, elle était tombée au rang de la 9' grandeur et demie. Elle a manifesté ensuite une légère recrudescence d'éclat, puis finalement est retombée
ASTRONOMIE. — SUPPLÉME.NT 19.