‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 22 sur 73 · LA REINE ÉLISE · texte numérisé non relu

LA REINE ÉLISE

— a Qui par là « Portera

« A Corvin, ma lettre ?

« Sans témoin,

« Avec soin, a II faut la remettre. »

Son doigt met

Noir cachet, Au pli qu'elle signe ;

Serviteurs

Et seigneurs, N'attendent qu'un signe.

— ce A qui, vif, ce Au captif

ce Porte ma nouvelle,

ce Tout cet or,

ce Puis encor « Le coursier qu'on selle. »

— ce Je veux, moi, ce Voir le roi ;

ce II faut sept journées! »

84 RHVTHMES CONNUS.

— « O douleur !

« Pour mon cœur « Ce sont sept années ! »

— « En trois jours « Moi j'y cours,

« Reine, sois contente.

— « O douleur!

« Pour mon cœur « C'est trois mois d'attente !

« Pourquoi Dieu

« A mon vœu « Refuse-t-il l'aile ?

« Mieux qu'un trait,

« Volerait « L'ardeur maternelle. »

Mais, en haut,

Un corbeau Plane, l'aile fière;

Un autre est

En portrait Peint sur la bannière.

L A R E r N E K LISE. 85

Comme un plomb

L'oiseau prompt, Fondant du nuage,

A son bec

Court et sec A pris le message.

« Quel malheur!

« Du voleur « Abattez la tête ! »

Coups de feu

Dans le bleu; On manque la bête.

Cent oiseaux,

Grands et beaux, Tombent. La mort frappe,

Mais le bon,

Le fripon Seul aux coups échappe.

Jusqu'au soir, Sans espoir On poursuit le titre.

Dans la nuit, Petit bruit Fait tinter la vitre.

« Noir corbeau,

« Mon bourreau « Oses-tu paraître? »

Mais au bec

Court et sec Pendait une lettre.

Du hongrois.

Fin cachet,

Pli coquet, Cire rouge et pure ;

« O bonheur,

« Sur mon cœur, « Viens, chère écriture. »

Arany.

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