REPRISE
Soyet mon bâton de vieillesse, etc.
(Elle achève l’air eu ehavroAanl.)
(ta riant, 1 Girodeau.) Dis donc, Pierre, c'est loi qui es l'automne... cirouf.au Oh ! oh ! l'été tout au plus, la mère !
LA GR ARD’mtRE, m dirigeant ver» le groa arbre. Alors, c’est l’été de
la comète do 18 H, et encore tu redois une dizaine d’années. moulinet, à pari. Le compte est juste.
girodeau, contrarié. A quoi que ça sert de parler de ça?.. la grand'mère. Je mu sens un peu fatiguée!.. Ah! dame! la tète est toujours bonne, le bras encore solide, mais les jambes demandent grâce.. .(Riant.) La maison pèche parles fondations.
olivette. Venez vous asseoir là, sous lo gras arbre, pour vous reposer, c’est votre place favorite.
la grand’mère. C’est que vois-tu, ma petite Olivette, je nu peux pas oublier que cet arbre date de ma naissauce, c'est un vieil ami...
Air : Je n'ai pas vu.
On le planU quand je reçus le jour;
Du moi* de mai c'était lu doux emblème,
El lou* le» deux, objets d'un double amour.
Arbuste, enfant, noire âge était le même;
Quand aujourd’hui qiiatre-vingl-deux printemps Rajeunissent «on vert fculllncc,
Quatre- vingt-deux hivers aux dotgis pesants Couibent mon front, çlarent me* *en».
Nous ne sommes plus du même Age (bis).
(Elle s'assied.)
OLIVETTE. Est-ce qu’il y a un âge pour le cœur, dame Françoise?..
girudeau, k Moulinet. Elle dit ça pour moi.
LA granVviere. A propos, Pierre, j’ai fait faucher la grande pièce de luzerne... demain il faudra envoyer les faneurs.
girodeau. Oui, maman, demain, mais aujourd’hui riva autre chose.
la grand'mère. Quoi donc, monsieur mon fils? . girodeau. Un grand renas, un dîner coûteux que j’offre à la famille Girodeau et à la famille Moulinet.
u grand'mère , sc taant. Tu payes à dîner, toi?.. Ah ci! t’es donc malade?..
girodeau. Faut-il pas leur z’y faire part de mon prochain mariage avec Olivette?.,
la grand’mère. Comment! encore! Tu veux qu’une petite colombe de dix-sepl ans...
olivette, TiTfwi«r. Seize ans et demi, grand’mère. girodeau. Puisqu'elle ne demande pas mieux.
moulinet. Puisque je donne ma condescendance. la grand’mère. Taisez- vous, imbéciles...
moulinet. Hein?
la crand’mere. Jedisça pour vous deux.. . Écoutes-moi, j’ai été jeune aussi, j’ai été aimée, je puis rnéme dire adorée. On voulait aussi me faire épouser un veuf comme... eh bien, comme Girodeau, et j’avais un joli petit futur comme Désiré... Ma foi! nous avons tant fait, tant fait...
olivette. Qu’est-ce que vous avez fait?
la grand’ mire. Ça ne te regarde pas. (elle ropona* nitwttc, qm ccoate; bat, i Moulinet et A Girodau.) Nous avons tant fait qu’il a fallu nous marier.
girodeau. Vous avez fait là une belle chose.
la chand’mérr. Et sans celte belle chose, monsieur mon Üls, où seriez-vous en ce moment ?
moulinet. Mam’ Françoise, vous voyez bien qu’il faut établir les filles de bonne heure... c’est un trésor difficile à garder.
la grand'mlre. Compris... v’Ià pourquoi vous voulez lui donner cetépouvantail-li... («i c «métré nirodeao.)
Air ; Vaudeville Ue l'Anonyme.
Il doit avoir bientôt la soixantaine.
Et pour garder un lré*or de »eixc au*,
En I* eliohi«»anl, je voit» devin' «au» peine,
Vou» vous été* dit : Ça fra ruir )«* galants.
Coma' dan» nos champ», craignant quelques surprise*.
Et de ses fruit*, éloignant le* aoigueaus,
Le jardinier piaule dan* se* rerit.es Un gros mariu'quiu pour fair* peur aux pierrots. girodeau. Un gros mannequin... maman , voua me manquez de respect, . ,
P’TIT Flf.9, PTIT MIGNON.
la crand'mere, Utuii u.n liioa. Hein?.. polisson!.. girodeau. Quant à Désiré, qu'il om un pou revenir!... Je lui dirai comme s'il était là, à vol' place : Les enfants doivent obéir à leurs parents, et je suis ton père.
la graxd'nére. Eh bien, et moi, est-ce que je ne suis pas ta mère?., et je sms même plus suie d'être ta mère que tu n’es sûr... (SairWaBt.l Allons, hou! v’Ià qu’il va encore me faire dire des bêtises !..
moulinet. Voyons, voyons, à quoi ça sert-il de se chamailler?.. Vous pensez à Désiré, c'est iuut naturel, mais lui, il ne pense guère a vous, niiez... il ne reviendra jamais.
u grand’ mire. Et moi je vous dis qu’il reviendra, que je lui al écrit, que je l'attends.
mouline?, k p*rt. Un bon mensonge, ça arrangera tout, (Haut.) Écoutez, je ne voulais pas vous faire de la peine... mais puisqu’il le faut...
la grand'ni’ré. Eh bien?..
moulinet. Eh bien, j'ai appris par un grenadier revenu nu pays que le petit mauvais sujet de Désiré s’est laissé cajoler là-bas par une belle Italienne.
olivette. Ah! par exemple!
la grard'mere. Si je le savais, moi qui no vivais que pour lui, qui ne voulais pas mourir avant de l’embrasser, je serais dans le cas de dire à Girodeau : Tu es vieux, tu es laid, eh bien, c'cst égal, épouse la jeune tille... il en arrivera eu qui pourra.
olivette. Arrêtez! grand’mère.,.
moulinet. Taisez-vous, Olivette.
olivette. Eh bien ! non, je ne me tairai pas... fA u grami'mrr*.) Il a reçu votre lettre, il en a pleuré de joie... Tour vous revoir, il s’est mis eu route, il a marché nuit et jour... et la preuve...
tous. La preuve?..
olivette. C’est qu’il est là, dans votre chaumière. la grand’mlrk. Lui! ici, près de moi ! mon jielit Désiré, l’ange de mes vieux jours! (a oii**dc.) Que je t’embrasse pour ta bonne nouvelle... Non, non, je t’en veux, tu l’as vu avant moi... Mais viens doue, Pierre, tiens donc embrasser ton fils. Girodeau *m.t lui famer le br**.) Non, non, pas de bras, j’ai de a force à présent, , j’ni mes j mibcs de quinze ans! taie trêbueW.) Je vais le revoir, j’ai mes jambes de quinze ans! (Elle ustre vtte-
■«■t dans U muwa, Girodeau la toll.)
voix üe désiré, <l*n* l< msitua. Dans mes bras, gramTnière... Euibrassez-inoi encore , encore!.,