‹ Les etudes classiques et la démocratieChapitre 21 sur 26 · Matérialisme, spiritualisme, idéalisme · texte numérisé non relu

Matérialisme, spiritualisme, idéalisme

42. Les croyances religieuses. — Exposer les diverses raisons de l'ordre spéculatif et de l'ordre

moral sur les quelles s'est appuyée, quelle qu'en fût la forme, toute croyance en Dieu.

43. Le problème du mal. — Optimisme et pessimisme. — Exposer les diverses raisons morales sur lesquelles s'est appuyée, quelle qu'en fût la forme, toute croyance à un triomphe final du bien dans l'univers.

44. Exposer les diverses raisons de Tordre spéculatif et de l'ordre moral sur lesquelles s'est appuyée, quelle qu'en fût la forme, toute croyance à l'immortalité.

45. Conclusion. — Progrès de la philosophie dans ses diverses parties, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Avenir de la philosophie. Immoralité et danger social de l'indifférence en matière de philosophie.

Toutes les prétendues réformes universitaires de ces dernières années se sont faites dans un sens contraire aux idées des philosophes, qui tous en vain protestaient dans leurs livres sur l'enseignement, depuis Bersot et Jules Simon jusqu'à celui qui a écrit V Enseignement au point de vue national. Bien plus, ces réformes se sont faites aux

dépens de la classe de philosophie, dont on a diminué les élèves en établissant la bifurcation juste avant la classe la plus capitale de toutes, en dispensant les élèves de droit du baccalauréat de philosophie, en ouvrant les grandes Écoles à des « modernes » sans études philosophiques sérieuses, en proposant de reléguer la philosophie dans les « universités » pour contribuer ainsi à les peupler quand môme. Les philologues, les moyenâgistes et les rhéteurs ont attaqué l'enseignement de la philosophie dans les journaux et revues, en se plaignant, chose étrange, de ce que les élèves s'intéressaient trop à la philosophie. Et le résultat a été, malgré tout, que les classes de philosophie sont aujourd'hui presque seules vivantes, tandis que le grec est mort et que le latin, grâce aux méthodes des antiphilosophes, est agonisant.

L'expérience est-elle assez démonstrative? Continuera-t-on d'orienter les études à l'opposé de leur vraie direction, qui est morale et sociologique, en même temps que scientifique et largement littéraire? Répandez chez tous les professeurs l'esprit philosophique, vous donnerez à l'enseigne-

ment sa vraie unité; parquez chacun dans sa spécialité, le grammairien dans sa linguistique, rtiistorien dans sa chronologie, le littérateur dans sa critique critiquante, et vous continuerez de favoriser l'anarchie intellectuelle, premier degré de l'anarchie morale et sociale. Nous avons assez de petits « gendelettres », de petits critiques, de journalistes, de reviewistes, de dilettantes parisiens; n'en fabriquons pas dès le lycée» L'avenir de notre pays dépendra 1^ de sa culture philosophique et sociale, 2" de sa culture scientifique : ce sont là, aujourd'hui, les deux grands moyens de concours entre nations. Là où est la vie, là seulement est l'avenir. Si notre population en France ne s'étend pas, au moins que la culture des esprits y soit intensive, non extensive, afin que nos ressources limitées produisent le maximum d'efifet. Ce n'est certes pas le grec et la philologie qui y atteindront. On n'a pas encore essayé une réforme philosophique des études : il est grand temps d'y recourir, puisque tout le reste a échoué.

Pour les élèves qui se destinent aux carrières scientifiques, l'étude des sciences, qui est une

logique en action, n'a pas absolument besoin d'être complétée par la logique formelle, sorte d'anatomie des méthodes scientifiques; au contraire, elle a absolument besoin d'être complétée par la psychologie, par la morale, par la philosophie générale de la nature et de l'esprit.

Quant aux élèves de la division littéraire, ils auront un cours complémentaire de philosophie.

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