‹ Les étudiants drame en cinq actesChapitre 23 sur 54 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

HENRIETTE, MARIE, puis ROYER.

Marie. Mais où donc est celui qui m'a sauvée?

Henriette. Il va revenir.

marie. Je voudrais lui témoigner ma reconnaissance. hknrifttf.. Tu n’as donc plus envie de mourir? marie. Oh! Henriette, que fai souffert dans ces courts instants d’agonie I... J'entendais ina mère m'appeler... et puis je n'entendais plus... Je me suis sentie fuir sous l’eau... C'était un horrible bourdonnement... le coeur afa manqué... Oh! j’ai eu (leur, alors ..fai eu peur...

Henriette. Pauvre entant... Et que serait devenue ta mère? marie. Tu as raison... et que va-t-elle devenir maintenant? ii e muette. Eh bien!... espère.... attends.... Tu es si jolie comme ça.

MARIE, H regard ml. Moi?...

Henriette. Oui ; jamais je ne t’avais vue ainsi parée... et ça te va... Ah! mais tu â* charmante...

marie. Oh! tais-toi, Henriette, tain-loi... Mon Dieu, ic deviens folle... Mais tout à l’heure, lorsque je me suis regardée dans la glace, après que vous m’avez eu habillée, et que je me suis vue ainsi... je ne sais ce que j’ai éprouvé... Mais jamais., lion, jamais la misère ne m'avait paru si hideuse... Il faudra cependant reprendre ces haillons.

Henriette. Mais pourquoi?

marie Je pense à ma mère...

Henriette. A la mère...

marie. Oh! laisse-moi retourner près d’elle. (r*j« partît) Henriette. Tu veux partir?

marie. Il le faut.... Je le veux.... (nas.) Te le dirai-je ?... ces habits me brûlent. .. tua misère m'épouvante.... ma tète se perd... je pense à ma mère qui se meurt, à la tienne qui vit heureuse... Vos chants me rendent folle. Non, je veux partir.... il le faut... laisse-moi partir F...

roter, rapprochant *»ec reqoet. Seule, Mademoiselle ?... marie. Seule... oui, Monsieur.

motkj». Ça ne se peut pas.,.. La Seine coule tout le long du chemin qui mène d*ici à Paris... et ce que vous avez fait une fois, vous pourriez bien l’essayer encore.

Henriette. Et vous ne seriez pas là pour la sauver. marie. C’est donc vous. Monsieur ?...

rover. Bavarde, va... Eh bien ! oui, c'est moi .. ce serait un autre, que ce serait la même chose...

marie. Vous qui ce matin ayez pris pitié dé ma mère T rover. Bah!,., parlez-en...

marie. Ah ! vous êtes bon... généreux.

■emiette. Oui, c’est un brave garçon, lui... (a part.) Voilà un homme qu'on veut aimer...

rover. Taisez-vous donc, Henriette... Ecoutez, mademoiselle Marie... car je sais votre nom, je l'ai demande a Henriette.... nous avons causé de vous tout le long du chemin... marie. De moi?

HENRIETTE. Oui.

rover. Eh bien ! Marie , pardon , Mademoiselle ... nous tommes sans façons, nous autres... il ne faut pas se désespérer ainsi... Oui, je suis un bon garçon... un peu brusque... le cœur sur la main... Des que je vous ai vue. je me suis dit : « Voilà une jeune fille... qui... que... u Ah! c'est la vérité... 1 marie. Monsieur...

rover. Ce n’est pas parce que vous êtes belle et jeune... et modeste... et charmante... et... non... c'est... je ne sais comment vous dire ça... c'est parce que vous êtes triste... parce que vous avez un chagrin secret qui vous dévore... C’est si bon de rendre le sourire û une jolie bouthe comme ça ., de consoler un bon cœur comme le vôtre.... de secourir une pauvre mère qui souffre... et puis après, la beauté , la jeunesse, ça ne gâte rien , n'est-ce pas ?...

Henriette. Tien» ! pardi... je crois bien...

rover. Ce n'est (mis une raison, précisément., mais quand ça s'y trouve... si bien... si .. dame ! on aime mieux ça. marie. Monsieur...

riiter. Ah! tenez, je barbotte... Eh bien ! au fait,... voulczvotis un ami? donnez-moi U main.... je serai le vôtre ... rien que ça... Et ça, para* que je vous aime...

marie. Monsieur... je vous remercie... mais je lie puis. Henriette. Ah ! c’est un honnête homme...

rover. En attendant, vous allez revenir avec nous ..

marie. Monsieur...

roter. Non, non.... quand on a du chagrin dans le cœur, ça ne passe pag comme ça... Je lésais, moi...

Henriette, il a raison... D'abord, je ne veux pas que lu parles seule.

rover. Ohé ! là-haut , tes autres, la Chaumière ouvre a huit heures, et voilà le jour qui baisse, (u retient parler k Henriette.)

TOUS. On V va ! (Let étudiant* cl Le* grisetlet reparaissent, portant de* lanterne* d« centrer.)

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