SCÈNE IV
BUCHOT, PICONNEAU, OLIVIER, FÉLIX, VICTOR, étudiants.
micwjt. Eh! voilà les amis... Bohjonr, Presper... bonjour. Victor... Iwnijotir, Olivier... (Ommb en eoiraal lui terre U main.) OLIVIER, Iriitc et panirriDenl *&u. Bonjour.
tü cmrroNNnzt, a pari, rrgkrdaBtoütinr. Toujoiini la môme tristesse... Ah! le mal heureux ! (u — mit eaire.) buchot. Bonjour, Félix.
FÉLIX, lier humeur. BonjuUT.
triiuoT. Eh bien f au’csPce que tu as donc?
Félix. J’ai... j’ai... Ma parole d’honneur! ça finira mal. buchot. Encore quelque querelle... où tu as tort.
Félix. Non... c’tst OHvier qui m’a. .
déchut Olivier... loi... la douceur de l’agneau... Olivier qui t’a soufflé ton premier examen!...
Félix. Si ce n’était pas ça...
buchot. Voyons, Olivier, que lui as-tu donc fait?
ouvier. Rien... il c*t fou.
Félix. C’est insupportable... Enfin, aujourd’hui, je vais à la leçon... ca ne m’arrive pas assez souvent pour que je u’en veuille pns profiter... M. Blondeau fait l'appel... On me nomme, je réponds : Présent ! .. Tu sais qu’il n’.ùmc pas les présents par procuration... Il regarde de mon côté... — Qui a dit présent? — Moi. — Où çà? — Mais par ici. — Où doue? — Eli bien ! ici... Et il faut que je monte debout sur mou banc, parce que ce grand corps d’Olivier était assis devant moi !... Li toute la salle de rire...
victûb. C'est vrai... Tu as eu un fameux succès! buchot. Cl tu ex bien heureux!... On peut répondre maintenant pour toi... Si M. Blondeau ne te voit pas, il se dira :• Ah !.. c’est le petit... il est caché derrière sa canne. » feux. Gros imliécilc !. .
buchot. Et tu te fâches contre un ami... parce que... féiu, moBirui oiiiier. C'est que c'est si bête d’être grand comme ra!
buchot. Napoléon était petit... Tous les grands hommes sont petits.
mcoNXEAt!. Qii’evt ce qu’il dit?
bcchot. Cnl un bon mot, tu ne comprendra* jamais. victor, > U fenMre. Eh! à propos de grands... voilà Royer!.... TOCS, k U fenêtre, «cepté Olirier et Féli*. Rl>VPr !... hé !
Félix. Qu'est-ce qu'il y a... Me voilà... je ne me suis pus envolé.
bcchot. Eh! ce n'est pas toi, clampin... e’est Royer... le grand Royer... le beau Royer... l'intrépide Royer!... (Il* loi font d«
algue* p»r U fenêtre )
felix, patMiK du cAiê «TOUtfer. En voilà un qui m'ennuie! olivier, «tco inquiétude. Royer, a-t-on dit?.,. Quel est cet étudiant?
felix. Celui-là, vois-tu, c'est mon cauchemar... D'abord, il a la tète de plus que toi... et puis il s'appelle comme moi, Royer... Eh bien! il n’y en a que pour lui... Si on dit... vous savez "bien, Clara s'est fait enlever à la Chaumière par Royer.. . — Bah ! lequel? — Il n'y a qu’un Royer... le beau Royer... Ou bien,
comme avant- nier deux étudiants se sont battus en duel....
Royer a blessé son adversaire... — Ah I oui... le brave Royer... El partout et toujours ... le grand Royer, le beau Royer, l’intrépide Rover!... Vois-tu, cet animal-là m’a aplati, anéanti.... supprimé... Je n’existe plus... Ça finira mal... Je te dis que ça finira mal.
olivier, k p«t. Encore ce nom.... Mais ce n‘est peut-être pas lui.
bcchot. k Féiî*. Tais-toi donc!... On té payera des talons de bottes... (a la fenêtre.) Tiens, le voilà qui raccroche les amis... On fait masse... ou dérive par ici... H va y avoir bombance et festin. . A la cave, la mère Passager ! à là cave ! tocs. A la cave!...
MADAME PASSAGER, aceanrant. Qll’cst-CC que c’CSl?
les étudiants. C'est Royer!
madame passager, effaré*. Ah! mon Dieu, mon Dieu!... Mélanie... tout dn suite... le gigot à la broche!... (•».) Et mettons sur la table les assiettes fêlées et les verres fendus... Je vus renouveler ma vai'selle! i,Eiie aavl.)
bcchot. Le voilà qui monte... Bravo, Royer!.., Musique!... Rataplan... rataplan!... Chi la boum! boum!
tocs. Vive Royer!... ran plan, etc. (lit kniteot aece la voii une ntutlqo* militaire.)
8CÉNE V.
Les «rues, ROVER D'OHILLV, LA MERE L'AIGUILLE, MARIE,
HOtVEALX ÉTUDIANTS.
ROVER, donnant 1 « brui la mère l’AlgwfHe. Taisez- VOUS donc!... Entrez par ici, la mère... entrez... line chaise, vous autres. bcchot. Uni- chaise, Atnadis.
P1CONREAU. Voilà...
roter. Ass« yez-vous, la mère, asseyez-vous.
tocs. Tiens!
bcchot. La mère l'Aiguille!
olivier, à part. Mes pauvres voisines... Ah! cette misère est encore plus affreuse que la mienne!
bcchot. Qu’ est-ce qu'il y a donc?
Boita. Il y a qu'en montant, j'ai trouvé cette pauvre femm assise sur une marche de l'escalier.
■arie. C’est que mère est si faible..- Nous revenons de la consultation... Et,qut>iqu’il n'y ait pas bien loind’icià [‘Hôtel-Diru... «Ile était si fatiguée, qu elle n'a pu monter jusqu'à notre sixième.
roter. Et vous la laissez là, sur l'escalier... une femme malade, entre quatre aiç»... Vous ne pouviez [«s entrer ici?...
madame passager. Oh! on n'entre pas chez les gens, quand on doit trois mois de nourriturq et de loyer.
la mere l'aiguille, avec trist-i*. Ah! Madame!... marie. Par pitié!...
roter, à madame Ptutger. Silence, la vieille... silence!... madame passager, dm file (l'uueHct mui u br«i. Ah ! par exemple ! je ne pourrai pas parler chez moi I
ROTER, luipal les «Miette* par le fenêtre, « chaque mot qu’il «lit. D’ft-
bord, quand nous sommes ici, rousn’ètcs plus chez vous, vous êtes chez nous...
MADAME PASSAGER, UK indigaation. Ce SORt mes IIPOVcS !
roter. Silence! et allez chercher un bouillon à, cette pauvre femme!...
MADAME PASSAGER. On y va! (Elit tort.)
roveh. Allons, la mère, ne vous faites pas de chagrin... la santé reviendra... Le malheur n'est pas toujours à la porte des honnêtes gens... Et avec une bonne fille comme ça...
la mère l'aiguille. Oh ! elle est mon seul appui, ma seule consolation...
roter, k pari. Quel beau brin de fille!... Et ça travaille?...
la mkrf. l’aigcille. Ali! le travail... manque quelquefois. roter. Et la tiiru ne manque jamais. Pa*»>g*r rt»ir*.)
Allons... prenez-moi ce bouillon... ça ne vous chargera pas l'estomac. (Bile boit.) Et maintenant remontez chez vous, mi brave femme, . e* consolez -vous... que diable! il y a encore de bons cœurs dans ce lias monde, (il* I* weondiriimii.)
marie, a madame tiwyr. RiLSMirei-vous, Madame... je vais aujourd'hui même près de Bercy... toucher le prit d'un travail que j'ai livré il y a peu de jours... vous serez payée! (Elle »« «-
joiodrota mère.)
madame passager. J’y compte! {k oiîtier.) À propos, voilà une lettre qu'on a apportée pour vous.
olivier. Une lettre!... (R«*«rda»i t'admit.) De lui! toujours de lui! (il «uvr« u leur*.) Grand Dieu! de l'argent!... Oh! non, jamais... jamais!
blciiot, rentrant. Faut avoir de la vertu... je l’en vante... pour rester pauvre avec une figure comme ça!...
olivier, « Buciiot. Qui a apport*: relire lettre? bcchot. C'est le père Croclie-à-Mort.
olivier. Tu le connais?
bcchot. Nous sommes intimement liés... passé minuit. oiiTiEn. Ecoute... Tu pourrais le retrouver?
BocHor. Je connais sa borne domiciliaire.
olivier. Eli bien! je l’en prie... lu lui remettras cela... bcchot. Un billet de cinq cents francs! en voilà une fantaisie! olivier. Je t’en supplie,..
* bcchot. Ça ne l'aurait pas fait mal, car...
olivier. Oh! si!... Cet argent me porterait malheur! blciiot, k pan. Ce garçon- là a quelque chose de dérangé. victor, à Royer qui rentre. Ah çà! maintenant nous diras-tu pourquoi tu es venu?
roter. Un moment... les affaires avant les plaisirs... Un chapeau ?
ULcuor, preoAot U chipcAu de picoaMto. Voilà le chapeau sollicité.
roter, r*i»«at u quête. Et vivement pour là vieille? tous. Tris- bien !
roter. A toi, Victor... à toi... à toi... fehana jeu* dal’argratMau le chapeau. — A Félix.) Ah! bonjoUT, petit.
FELIX, piqoé. Tu dis?
roter. A toi.
FÉLIX, »*ee colère. Tiens! (il lui jette de l’Argent j roter. Oh ! oh ! doucement... Tu as beau faire, les pièces de cent SOUS ne seront pis plus grandes que odks des antres. Félix. Qu'est-ce que c’est?. ..
ROTER, à Ptconneau. en paioant le chapeau par-deiius U tête de Felit. A
vous, Monsieur.
«conneau. J*ai prêté mon chapeau.
toi s. Hein?
buciiot. Qn’est-ce qu’il dit?...
«conneau. J’ai prêté mon chapeau.
iicciiot. Vciix-lu lâcher lis cinq francs?
roter. Qu’est-ce que c’est que ce gaillard-là? bcchot. Première année confiée à mes soins... chargé de lui apprendre le nom des rues .. la polka et la bienfaisance.
ROTER. Le nom de Monsieur?
blciiot. Atnadis ..
rôti r. Amudis «les Gaules... ça se voit à ses jambes.
Félix. J’allais le dire... (I me prend nns mois!
BCCHOT, & PicMMtu. Allons, les cinq francs!
«CONNEAU, jetant ta pièce. Voilà.
roter. A la bonne heure... (a D*W.) Et toi?... buchot. Moi... lé Gnadafqoivir èst bien bas... (Appelât.) Hef madame Passager!... (u tire »* montre.) Vous la connaissez... c’est encore une de vos pensionnaires. Combien là-dessus? madame passager. Vingt francs, comme à l'ordinaire. blciiot. Déliiez la somme... (il pr«*d l'arftni.) Le hofi Dieu a dit : « Traite Ion prochain comme toi-même... » Dix frano pour la vieille... dix francs pour lu poule... Justice est faite. roter. Toujours le même.
uuchot. Ni plus mauvais, ni meilleur qu'on autre. roter, • olivier. A vous. Monsieur... à vous. olivier, atte «mbarrat. Moi... moi... Monsieur..-, mais je... ne sais...
ROTER. Quoi doue?
olivier. Je ne connais pas ces fcmuic*-là.
ROTEu. Ce n’est ni bun ni honnête, ce que vous dites là. olivier. Monsieur...
Félix, bat. à Ray**. Atïssf... pourquoi vas-tu t'adresser à plus pauvres que ces pauvres femmes!
I blchot, de même. On ne sait pas... il vient de me remeltre là un billet de cinq cents... pour le rendre à an vieux promeneur d’après minuit.
madame passager, qui « Aeoiuê. Un billet de cinq cents. . quand vous m*> devez trois mois...
olivier. Madame... ah! Wtdtfrfié...
roter, à madame Fatwgrr. Assez... et un Terre d'absinthe pour
les autres... (a omur, peaiUni 1(40 r«a wr< i« 4tudUMi.) Pardon de ce que je vous ai dit, Monsieur... pardon... La pauvreté n'est pas un crime... fai été pauvre aussi... plus pauvre que vous... J'ai mendié mon pain, moi, et plus que mon pain... j ai mendié le pain de ma mère, celui «le nia sœur, ouvm, «T«e Monnemnit. Vous, Monsieur?
éklix. Et pourtant c'est le fila d'un comte de l'empire... le fils d'un général... et il y a de quoi en être fier...
ROYER, U l'aueoit n ftiMnl an roule» de t'argent qu'il t recueilli. Oui, mais non pas parce qu’il était général, non pas parce qu'il était comte, mais parce que celait l'honneur, le courage, la loyauté, toutes les nobles vertus en un seul cœur.. Et c'est pourtant parce qu’il était tout ça que j'ai été forcé de mendier mon pain ... olivier, cvec inq-jifuir. Ah .' mon Dieu 1... roter. Vous ne comprenez pas... vous croyez que je vous dis ça pour faire du sentiment... c’est pourtant une histoire assez connue... et qu’on n'a pas oubliée, j'espère, quoiqu'il y ait déjà longtemps quelle s'est passée...
fei.ix . Dame ! voilà bien près de quinze ans... après la révolution de juillet... j’étais haut comme ça... Mais je me rappelle, uand mon père lut ça dans le journal, il était comme un lion... u as dù en entendre parler... du général Royer d'Orilly... celui qui a été fusillé en Pologne.
olivier, »ftc D'Orilly... fusillé!...
olivier. Oui, Monsieur, fusillé pour s’ètre mis à la tète de ce sublime dévouement qui lutta si longtemps... un homme contre' dix, une province contre un empire , un régiment contre une armée... Il combattit le dernier, jusqu'à ce que la malheureuse Pologne tombât, non pas vaincue, mais écrasée... Mon père n'eût pas fui... mais ma mère était avec nous ... ma mère qui venait de donner le jour à une pauvre enfant... Nous errions dans h “s bois... en proie à la faim, à la pluie, au froid... Enfin nous arrivâmes prés d’un château...
felix. Apiurtenant à cet infâme baron de Moriagne !... Mais comment ton père a-tnl pu se fier à un pareil homme ?
aovER, *c C’était un Français... Mon père l'avait sauvé
durant la terreur... Il espéra de lui le dévouement qu'il lui avait montré... Il lui demanda un asile... cl le baron de Moriagne lui ouvrit sa maison... Mais la tète de mon père était mise a prix... il y avait peine de mort contre ceux qui arrachaient les proscrits à leurs bourreaux... Le baron de Mortagnc eut peur , et une nuit , pendant que mon père dormait , confiant dans la foi de celui qui lui avait ouvert son hospitalité, le baron de Mortagnc ouvrit de sa propre main la porte aux soldats qui poursuivaient mon père...
rocs. Infamie!
olivier, a parL O désespoir... désespoir!...
rover. On ne nous fil |«s attendre longtemps.... son arrêt de
mort était prononcé d’avance Les infâmes ne voulurent
même pas lui laisser son uniforme... On le conduisit garrotté et presque nu dans la cour de la maison. J’étais là. Monsieur... et ma mère aussi... tous deux à genoux sur le pavé... Quand il parut... mu mère... ma pauvre mère... le courage lui manqua... elle tomba... Alors, uion père nie fit signe... j’allais m’élancer... on me retint... Mais tandis que les soldats préparaient leurs armes, mon père me cria : « Du courage, mon fils... Vois ta mère, ta sœur... maintenant c'est à toi de les protéger... dites... • Alors... Ah! ce fut quelque chose d'atroce... Ah ! mon pauvre père !... mon pauvre père I...
felix. Le malheureux !
roter. Oh ! il ne pleurait pas comme ça, lui... il parlait tranquillement .. Il tomba frappe de dix balles au cœur, vjcroa. Et tu es resté ?
rover. Jusqu'à latin... J’ai vu 1e sang de mon père jaillir sur les murs de cette maison, et la marquer d'une tache de sang et d’infamie.
tous. Oh! c’est affreux !
félix. Et la flétrissure est restée ineffaçable sur 1e nom encore plus que sur la pierre.
roter. Tu as raison, Félix, car le souverain lui-même dont il avait servi la vengeance, le rejeta de ses Etats... Qu’est-il devenu ? Que .sont devenus sa femme et ses enfants Tout le monde l'ignore... Mais un jour viendra où je retrouverai le traître, ou son fils, ou quelqu’un de sa race, et alors... alors, je le vengerai... à moins que U lâcheté ne soit héréditaire comme la trahison, dans celte famille !
OLIVIER, te r«lre»»ant «»ec fierté. Monsieur... roter. Ah ! c’est une abominable histoire, n’cat-ce pas?... Ne la saviez-vous pas?...
OLIVIER. IHC déwtpoir. Moi... CDûi...
félix. Est-ce que 1e monde entier ne la sait pas?... Est-ce que te nom de Moriagne n'est pas devenu le synonyme de traître et de lâche?. .
OLIVIER, k flirt. Oh! c'est trop... c'est trop., (n loml* »ur unt chiix- )
roter. Eh bien I Monsieur, c'est alors qu'avec ma mère, qui
P ortail son enfant dans ms bras... nous avons traversé toute Allemagne... mendiant notre pain... jusqu’au jour où ma mère est morte de fatigue eide douleur... morte en me confiant ma pauvre petite Louise, ma bonne sœur... et c'est elle, elle que j'ai failli perdre encore, ily a quelque jours. tous. Comment !... la sœur ?
iiovER. Oui, ma sœur, ma jolie petite sœur... une belle et bonne fille, allez... Je vous dirai ça tout à l'heure... Eu allendanL (il appelle ) La mère Passager! la mère Passager , voit» pour les pauvres femmes.... et que ça leur soit fidèlement remis... de la probité... Car c'est honnête, n'est-ce pas? (niai
doom r*qr*»l de 11 <|sél«. )
madame passager. Certainement, (a pan « mUa* l'irfeat <Um u poche.) Et comme la première probité est de payer ms dettes ... je remplis leurs intentions en gardant l'argent... C'est un a-compte.
bachot. Et maintenant, je pense qu’on va Triturer. rot eu. Maintenant, apportez 1e fricot.
tous. Le fricot !
MADAME PASSAGER, de U cuiiïw. Voilà ! Voilà !
NÉLAIUE, de Même. Voilà.
rover. Ouvrez la fenêtre.
tous, Illui i I* fioéir». Voilà !
rover, i u fe*èirc. He ! l'aveugle ! regardez un peu Par ici.... tendez votre chapeau... bien .. Hé ! vous, là-bas la bonne femme... tendez votre tablier... Viens ici, petit... Hé! petit moucheron... par ici!... ( s« r«io«roiM.) Madame Passager f MADAME PASSAGER, partial de* pliU. Voilà!
rover. Enlevez les plats.
TOUS, pr«ua( Ut plaît dtt maint de «nid trot Pttngtr. Voilà ! madame passager. Qu’est-ce que ça veut dire?
ROVER, jcUat par It ftnfcrt ta fur «I è amure qu'il nomme Ici ol.jrtt.
Voilà le gigot ! voilà les côtelettes !
Bl'CHOT, eu ptMtDl le» plau t Royer, tur l'air de GtiUlauilU' Tcli. Partez ! Ils chemins sont ouverte.
roter, toajmirt de mime. Voilà la dinde.
madame passager. Arrêtez ! arrêtez!
BtcHOT. Suivez-tes !
madame passager, k MiiinU. Sauve les haricots ! sauve les haricots !... i Méiinie rtchappe.) Ah çà ! mais ce n'est pas de la casse, ça... et vous me payerez..
rover. Est-ce que te dîner n’est i*as compris dans te mois de pension? . Le dîner est payé, le dîner est mangé... nous sommes quittes...
hl'chot, a mtdamt Ptttifer. Et il n'en restera pas pour demain. C'est bénéfice.
Félix. Mais où dine-t-ou aujourd'hui?
rover, udtnatiWiiiaii. Chez le père Fromage, rocs. A Bercy ?
rover. Et je régate... il y a fêle cl tempête... tocs. Bravo !
buchot. Et l'histoire de la fête ?
roter Voilà... Il y a deux jours... ma sœur... Ab ! dam.-, elle a le sang des Royer dans le* veines... et un peu de tète à l’envers, comme moi... Ne voilà-t-il pas qu elle s'imagine de quitter te Port-à-1' Anglais et de traverser la Seine dans mou canot... Vous savez te joujou, découplé comme un lévrier... mai* volage en diable... Elfe largue son amarre, hisse sa voile, amarre son écoute, prend la barre et file sous le vent... Une fois au large, elle met 1e cap sur Bercy... Il ventait frais sudsud-ouest, le courant forcé, le canot donnait à la bande: ça ne l’arrête pas... Pauvre petiote, c'est brave comme son pauvre pitre... Toula coup la brise fraîchit, la futaie arrive... 1e canot file debout, la lame embarque... Alors la lète n’y est plus... au lieu de lofer, elle serre la barre sous le vent... rëcoute était amarrée... le veut s'engouffre et le joujou capote. tous. Ah ! mon Dieu ! olivier, k i «n. Que dit-il ?
roter. Ah! tonnerre !... ma sœur... ma pauvre sœur... tna Loui>c, se débattant, perdue, noyée...
OLIVIER, t part. LOUISC... S0 $U3Ur... elle !
royer. Ah ! j’en serais mort ! c’est sur.... Heureusement , il y avait là un brave garçon... un étudiant.
tocs. l r n étudiant?
roter. Je te sais...
OLIVIER, k part. U le sait !
roter. Il ne calcule ni une ui deux... il se jette à l'eau, tire sa brassée... arrive jusqu'à ma sœur, l'attrape et la ramené nu bord !
tocs. Bravo !... Il l'a sauvée 1
rover. Oui; mais le triste de la chose, c’est qu’il ne l’a pas plus tôt sauvée, qu’il s’est sauvé aussi.
olivier, a f*ri. Que veut-il dire ?
oucrot. Il a eu peur des vingt-cinq francs de récompense de
monsieur te préfet de police.
oogle
roter. Veux-tu te taire.*, vingt-cinq francs de récompense... Mais à celui qui a sauvé ou sœur... je lui donnerais... ma fortune, ma vie... Je crois que je lui donnerais ma Louise... olivier, s part. Oh ! s'il connaissait celui dont il parte... rotfr. Ah? celui-là peut me dire tout ce qu’il voudra... me faire tout ce qu'il vouara...
ttucHOT. Mais d'où sais-tu que c’est un étudiant? roter. Parce qu'il l'a dit à ma sœur. olivier, > part. Juste ciel !
Félix. Et son nom?
roter. Inconnu.
olivier, . part. Je respire.
roter. Mais ce n’est pas de ça qu’il s'agit... Il s’agit qu'il y a fêle et régal, et danse... et lenfer!
féhx. Aurons-nous l’honneur de voir mademoiselle d'Orilly? roter. Qu'est-ce qu’il dit là, le petit?.. Ma sœur... chez le père Fromage?.. Mais si tu états assez grand pour la regarder dans le blanc des yeux!., je te... Ma sœur!..
FÉLIX, piqué. MatS il UH! Semble...
rlciot f.t les autres. Tu as tort. Quand partons-nous? roter. A l’instant; je viens d’écrire 1a circulaire d’usage à l'énuipe. • Les Naïades de l'Amphitrite sont invitées aux noces de Thêtis et Pelée, chez le pore Fromage. • tous. Braio!
roter. Le rendez-vous général est ici... les citadines vont venir... En avant les canotiers de t'AmphilriU! (a oiiiicr.) Etes-vous des nôtres. Monsieur?..
onviER. Je vous remercie... je dînerai ici.
madame passager. Dîner ici... avec quoi?., la cuisine est sur Je pavé.
blthot. Je t’engage à mon bord... Allons, viens, Olivier, ça l'égayera, peut-être... Viens... tu ne connais pas la vie hors barrière’.. Pair y est pur, elle vin aussi, à ce qu’on dit. olivier. Eh bien! soit...
bichot. (tuant à toi, Pkxmneau... je t'ai promis ma protection... Je rengage aussi... et je t’élève an grade do- mousse... Voilà ma pipe... Bourre-moi ça proprement.
HcmsEAti. Avec quoi?
rucuot. Voilà ma blague.
picovreau. Il n’v a pas de labar.
buchot. Les débits sont ouverts... Et des allumettes chimiques!..
uîir voix, en b*». Ohé! de CAmphHrùê !
FELIX. C’est RieUe! (Criant par In fcoèlr».) Moiltei! autre vomi. Ohc! du Barbillon!
kchot. C'est Fanfan. (a u icoétr*.) Aborde à la cantine! tous. A la palache!
MADAME PASSAGE!». Messieurs... Messieurs... qu est-ce que cela signifie... dons ma maison .. Je ne soulfrirai pas... des demoi-
buchot. Est-ce que von* ne l’avez jamais été, madame Passager?..
madame passager. Vous êtes nn impertinent!
six rot. Madame Passager, vous n’en savez rien... pas de ctlomnir.
rotfr. Y sommes-nous?
toi*. Oui.
ROTER, laiton» la mwur*. Un, dCUX, trois... Un... (IU cbanlwt.)
CHŒUR DÉTUDIANTS.
C’est la grisette étudiante,
Bonne (Hic qui rit et chante;
Pour ses amis toujours constante,
A non amour Fidèle un jour.