CHAPITRE XV
Et, quelque temps après, un autre maître, qui était parent et ami de Joseph, lui dit : « Conduis cet enfant à mon école ; peut-être je réussirai à lui enseigner les lettres , en usant à son égard de bons traitements. » Et Joseph lui dit : « Prends -le avec toi, frère, si tu l'oses. » Et il le prit avec lui avec crainte et regret ; l'enfant allait avec allégresse. Et entrant avec assurance dans l'école, il trouva un livre qui était par terre, et le prenant, il ne lisait pas ce qui était écrit; mais ouvrant la bouche 3 il parlait d'après l'inspiration de l'Esprit-Saint, et il enseignait la loi aux assistants. Et une grande foule l'entourait , et tous étaient dans l'admiration de sa science et de ce qu'un enfant s'exprimait de cette façon. Joseph , apprenant cela, fut effrayé, et il courut à l'école , craignant que le maître ne fût sans instruction. Et le maître dit à Joseph : « Tu vois, mon frère, que j'avais pris cet enfant pour
disciple , mais il est plein de grâce et d'une extrême sagesse ; je t'en prie, mon frère , ramène-le dans ta maison. » Quand l'enfant l'entendit, il sourit , et dit : « Parce que tu as bien parlé, et comme tu as rendu bon témoignage, celui qui a été frappé, sera guéri à cause de toi. » Et aussitôt l'autre maître fut guéri. Et Joseph prit l'enfant et il alla dans sa maison.