‹ Les Évangiles apocryphesChapitre 151 sur 211 · chapitre II · texte numérisé non relu

chapitre II

Il arriva qu'aux jours de fête,, parmi ceux qui apportaient des offrandes au Seigneur, Joachim vint, offrant ses dons en présence du Seigneur. Et un scribe du Temple, nommé Ruben, approchant de lui, lui dit : « H ne t'appartient pas de te mêler aux sacrifices que l'on offre à Dieu, car Dieu ne t'a pas béni, puisqu'il ne t'a pas accordé de rejeton en Israël. » Couvert de honte en présence du peuple, Joachim se retira du Temple en pleurant, et ne retourna pas à sa maison ; mais il s'en alla vers ses troupeaux, et il conduisit avec lui les pasteurs dans les montagnes, dans un pays éloigné ; et pendant cinq mois, Anne, sa femme, n'en eut aucune nouvelle. Elle pleurait dans ses prières, et elle disait : « Seigneur tout-puissant, Dieu d'Israël, pourquoi ne m'avcz-vous pas donne

d'enfants, et pourquoi m'avez-vous ôté mon mari? j'ignore s'il est mort, et je ne sais comment faire pour lui donner la sépulture. » Et pleurant amèrement, elle se retira dans l'intérieur de sa maison, et se prosterna pour prier, adressant ses supplications au Seigneur. Et se levant ensuite, élevant les yeux à Dieu, elle vit un nid de passereaux sur une branche de laurier, et elle éleva la voix vers Dieu en gémissant, et elle dit : « Seigneur Dieu tout-puissant, toi qui as donné de la postérité à toutes les créatures, aux bêtes, et aux serpents, et aux poissons,, et aux oiseaux, et qui fais qu'elles se réjouissent de leurs petits , je te rends grâces, puisque tu as ordonné que moi seule je fusse exclue des faveurs de ta bonté ; car tu connais, Seigneur, le secret de mon cœur, et j'avais fait vœu, dès le commencement de mon voyage, que si tu m'avais donné un fils ou une fille, je te l'aurais consacré dans ton saint temple. >> Et quand elle eut dit cela, soudain l'ange du Seigneur apparut devant sa face, lui disant : « Ne crains point, Anne, car ton rejeton est dans le conseil de Dieu, et ce qui naîtra de toi sera en admiration à tous les siècles, jusqu'à leur consommation. » Et lorsqu'il eut dit cela, il disparut de devant ses yeux. Elle, tremblante et épouvantée de ce qu'elle avait vu une pareille vision, et de ce qu'elle avait entendu un semblable discours, entra dans sa chambre, et se jeta sur son lit comme morte, et durant tout le jour et toute la nuit, elle demeura en prières et dans une grande frayeur. Ensuite elle appela à elle sa servante, et lui dit : « Tu m'as vue frapdée de viduité et placée dans la douleur, et tu n'as pas

voulu venir vers moi. » Et la servante répondit en murmurant : « Si Dieu t'a frappée de stérilité, et s'il a éloigné de toi ton mari, qu'est-ce que je dois faire pour toi? » Et, en entendant cela, Anne élevait la voix, et elle pleurait avec clameur.

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