‹ Les Évangiles apocryphesChapitre 169 sur 211 · chapitre XX · texte numérisé non relu

chapitre XX

Il arriva que le troisième jour de la route , Marie fut fatiguée dans le désert par la trop grande ardeur du soleil. Et , voyant un arbre, elle dit à Joseph : « Reposons-nous un peu sous son ombre. » Joseph s'empressa de la conduire auprès de l'arbre, et il la fit descendre de sa monture. Et Marie s'étant assise, jeta les yeux sur la cime du palmier, et la voyant couverte de fruits , elle dit à Joseph : « Mon désir serait, si cela était possible, d'avoir un de ces fruits. » Et Joseph lui dit : « Je m'étonne que tu parles ainsi, lorsque tu vois combien sont élevés les rameaux de ce palmier. Moi , je suis fort inquiet à cause de l'eau, car il n'y en a plus dans nos outres, et nous n'avons pas les moyens de les remplir de nouveau et de nous désaltérer. » Alors l'enfant Jésus qui était dans les bras de la vierge Marie , sa mère, dit au palmier : « Arbre, incline tes rameaux et nourris ma mère de tes fruits. » Aussitôt, à sa voix, le palmier inclina sa cime jusqu'aux pieds de

Marie (20), et, recueillant les fruits qu'il portait, tous s'en nourrirent. Et le palmier restait incliné, attendant , pour se relever, l'ordre de celui à la voix duquel il s'était abaissé. Alors Jésus lui dit : « Relèvetoi , palmier, et sois le compagnon de mes arbres qui sont dans le paradis de mon père. Et que de tes racines il surgisse une source qui est cachée en terre et qu'elle nous fournisse l'eau pour étancher notre soif. » Et aussitôt le palmier se releva ,et il commença à surgir d'entre ses racines des sources d'eau très-limpide et très-fraîche et d'une douceur extrême (21). Et tous voyant ces sources furent remplis de joie , et ils se désaltérèrent en rendant grâces à Dieu , et les bêles apaisèrent aussi leur soif.

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