CHAPITRE II
Sa femme Anne souffrait d'un double chagrin et elle était en proie à une double douleur , disant : « Je déplore mon veuvage et ma stérilité. » La grande fêle du Seigneur survint et Judith , la servante d'Anne . lui dit : « Jusques à quand affligeras- tu ton âme ? Il ne t'est pas permis de pleurer , car voici le jour Â@ la grande fête (3). Prends donc ce manteau et orne ta tête. Tout aussi sûre que je suis ta servante , tu auras l'apparence d'une reine. * Et Anne répondit : « Éloigne-toi de moi ; je n'en ferai rien. Dieu m'a fortement humiliée. Crains que Dieu ne me punisse à cause de ton péché. » La servante Judith répondit : « Que te dirai-je , puisque tu ne veux pas écouter ma voix? C'est avec raison que Dieu a clos ton ventre afin que tu ne donnes pas un enfant à Israël. » Et Anne fut très-affligée , et elle quitta ses vêtements de deuil ; elle orna sa tête et elle se revêtit d'habits de noces. Etj vers la neuvième heure, elle descendit dans le jardin pour se promener, et, voyant un laurier, elle s'assit dessous et elle adressa ses prières au Sei-
gneur , disant : « Dieu de mes pères, bénis-moi et écoute ma prière , ainsi que tu as béni les entrailles de Sara et que tu lui as donné Isaac pour fils. »