HÉBRAÏQUE & CHALDAÏQUE
Suivie du premier chapitre de Ruth
eiplicpé par deoi tradoclions françaises : Tone littérale, Taotre correcte AVEC UNE ANAL YSE GRAMMATICALE
PAR M. I4*AIBBÉ jr. «IA.RIVIER
ex-professeur au sémiuaire de Plombières et membre de la Société asiatique de Paris.
1 vol. in- 12. — Prix net : 1 fr. 50.
{En envoyant cette somme en timbres-poste à M, L. Guérin^ à Bar- le- Duc , on recevra l'ouvrage franco par retour du courrier,)
L'étude de l'Hébreu et du Chaldéen est assurément trèsutile, je dirais presque nécessaire, pour avoir une intelligence véritable et approfondie de la sainte Ecriture, pour acquérir une connaissance sûre et solide de la Théologie; enfin, pour repousser et confondre les attaques du Rationalisme moderne contre nos Livres Saints. C'est donc servir la cause de la Religion, c'est soutenir ses intérêts les plus chers que de travailler à faciliter et à propager l'élude de ces langues. Or, tel est le but que je me suis proposé en faisant celte Grammaire hébraïque et chaldaique.
Celte Grammaire, je crois pouvoir le dire sans ostentation et avec vérité, c'est un résumé court y clair, simple , substantiel des Grammaires de Gésenius,de Drach, de Du Verdier, de Buxtorf, de Bellarmin, de M. Glaire, de Slaughter et de Rohrbâcher.
Ce qui m'a déterminé à faire cet ouvrage, ce sont les superfluités que j'ai rencontrées dans la plupart de ces grammaires, et l'insufûsance des autres. En effet, les unes, comme celles de Gésenius, de Drach, de Buxtorf, de M. Glaire, à la vérité fort savantes, renferment une foule de choses inutiles pour comprendre l'hébreu et le chaldéen. (D'ailleurs, elles n*ont pas toujours la simplicité qu'exige une grammaire destinée à des commençants, et, de plus, l'élévation de leur prix en rend souvent l'acquisition difficile.) Les autres, comme celles de Slaughter et de Rohrbacher, et le Manuel de
rkébraisant de M. Glaire, plus courtes et plus simples que les précédentes, renferment encore bien des inutilités, et manquent de beaucoup de choses utiles.
Eh bien ! c'est pour obvier à ces inconvénients, c'est pour combler ce vide, que j*ai entrepris de faire une Grammaire hébraïque. J'ai fait de Téclectisme. Laissant de côté tout ce qui est inutile pour comprendre Thébreu , j*ai recueilli des diverses grammaires citées plus haut, tout ce qui est nécessaire et vraiment utile. Ainsi , par exemple , une longue expérience m*ayant parfaitement convaincu quetout ce qui concerne les points-voyelles ne sert nullement pour l'intelligence du texte sacré, j*ai supprimé tout cet attirail de règles massorétiques qui occupent vainement une trop grande partie des grammaires précitées, et ne servent qu'à effrayer les jeunes hébraïsants, à les embarrasser, à les dégoûter. Je n'ai conservé les pointsvoyelles que pour la lecture , parce qu'ils se trouvent dans presque toutes les Bibles hébraïques, et que, du reste, la prononciation massorélique est probablement la plus rapprochée de la véritable.
De même, j'ai retranché tous les mots tec/imgues, qui peuvent quelquefois, je l'avoue, être utiles aux érudits, mais qui fatiguent l'intelligence des commençants à cause de leur obscurité, surchargent inutilement leur mémoire , et deviennent ainsi pour beaucoup une pierre d'achoppement.
Grâce à ces éliminations, ainsi qu'à plusieurs autres non moins importantes, j'ai rendu ma Grammaire et plus courte et plus facile, sans pour cela la rendre incomplète, et parla même insuffisante.
Persuadé que l'ordre , la clarté, la concision, la simplicité^ sont les qualités essentielles de tout ouvrage élémentaire , je me suis efforcé de les réunir dans le mien, et j'espère avoir réussi : les nombreuses lettres de félicitation que j'ai déjà reçues le justiûent pleinement.
Sans rien changer à la prononciation elle-même, j'en ai considérablement simplifié les règles : avec elles, en deux heures, un élève d'une intelligence ordinaire peut apprendre à lire, je ne dis pas couramment, mais correctement. J'ai expérimenté ce fait sur un enfant de onze ans. Cela ne doit pas étonner, attendu qu'il y a à peine trois pages à apprendre par cœur. J'ai fait d'utiles additions sur les constructions particulières du pronom relatif; j'ai coordonné et élucidé, autant que possible, ce qui concerne Vétat construit et la formation du pluriel ^et du duel dans les noms ; enfin^ j'ai soigné
d'une manière tonte spéciale le chapitre des verbes, tant réguliers qulrréguliers ; car c'est là un des points qui offrent le plus de difficullés dans la traduction.
Maintenant, comme il est impossible de bien comprendre les passages chaldaïques qui se trouvent dans la Bible , sans avoir quelques notions de chaldéen, et que la plupart des grammaires hébraïques ne disent pas un mot de cette laugue, j'ai compris que c'était là une lacune regrettable, et j'ai voulu la combler en faisant une Grammaire chaldaîque. Pour celte Grammaire, j'ai suivi absolument le même ordre , la même disposition que pour la Grammaire hébraïque ; je l'ai, pour ainsi dire, calquée sur elle, en sorte quelle est trèsfacile à apprendre et à retenir. J'y ai fait, de temps en temps, des remarques relatives aux Targums ; car plusieurs peuvent avoir occasion d'en consulter certains passages, et alors ils seront heureux de trouver ces quelques remarques pour les aider à les comprendre.
Enfin, pour joindre la pratique à la théorie, j'ai ajouté une explication littérale du premier chapitre de Rulh, avec une traduction correcte et une analyse grammaticale de tous les mots. Cela initiera les commençants à la science de la traduction, et leur aplanira les premières difficultés, qui effrayent toujours et rebutent souvent. Dans cette analyse, toutes les fois que j'ai rencontré l'application d'une règle ou d'une remarque grammaticale, j'ai eu soin d'en indiquer le numéro correspondant, en sorte que celui qui recourra à tous les numéros de la grammaire indiqués dans l'analyse, reverra une grande partie de \à Grammaire ftébraîque , ei la, retiendra avec beaucoup de facilité.
Puisse donc ce travail contribuer à développer l'étude de langues si belles, si pleines de charmes, si utiles, et malheureusement trop peu connues de ceux mêmes qui sont les dépositaires de la science sacrée. C'est là out mon désir; ce sera mon plus grand bonheur et ma plus belle récompense.
Afin de donner une idée plus étendue et plus juste de ma Grammaire, j'en produis ici la Table des matières.