Voir les Apôtres, p
6. .MmuciusFélix,33 (texte douteux, v. l'édit. de Haîm}; Ori gène,
!32 ORIGINES DU CHRISTIANISME [An 77}
rôles contradictoires, à !a fois obséquieux pour les bourreaux de son pays, vantard quand il s'agissait de souvenirs nationaux. Sa vie domestique, jusque-là, fort peu assise, prenait enfin de la règle. Après sa défection, il avait eu le tort d'accepter de Vespasien une jeune captive de Gésarée, qui le quitta dès qu'elle put. A Alexandrie, il prit une autre femme, do laquelle il eut trois enfants, dont deux moururent jeunes, et qu'il répudia vers 74, pour incompatibilité de caractère, dit-il. Il épousa alors une juive de Crète, à laquelle il trouva enfin toutes les perfections, et qui lui donna deux enfants1. Son judaïsme avait toujours été large, et le devenait de plus en plus; il était bien aise de faire croire que, même à l'époque du plus grand fanatisme galiléen, il avait été un libéral, empêchant de circoncire les gens de force et proclamant que chacun doit adorer Dieu selon le culte qu'il a choisi. Cette idée, que chacun choisit son culte*, inouïe à Rome3, gagnait du terrain et servait puissamment à la propagande des
In Matth-, tom. x, 17, Opp., III, p. 463; Cohorlatio ad Grœco», faussement attribuée à saint Justin, 9; Photius, cod. lxxvi. i. Jos., Vita, 1, 75, 76.
2. Aeîv £xaorov âvôpwirov xarà tt.v éauTcû ■nçocdozavi tôv 6sôv e'Wêeîv, dXXa (A7) [/.erà Pîaç. VitCl, 23.
3. Sua cuique civitati religio est , noslra nobis. Cic, Pro Flacco, 23.
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cultes fondés sur une idée .rationnelle de la divinité. Josèphe avait une instruction hellénique superficielle sans doute, mais dont il savait tirer parti en homme habile; il lisait les historiens grecs; cette lecture provoquait son émulation ; il voyait la possibilité d'écrire de cette manière l'histoire des dernières catastrophes de sa patrie. Trop peu artiste pour sentir la témérité de son entreprise, il se jeta en avant, comme il arrive parfois aux juifs qui font leurs débuts littéraires dans une langue étrangère pour eux, en homme qui ne doute de rien. Il n'avait pas encore l'habitude d'écrire le grec, et ce fut en syro-chaldaïque qu'il fit la première rédaction de son ouvrage ; puis il en donna l'édition grecque qui est venue jusqu'à nous. Malgré ses protestations, Josèphe n'est pas l'homme de la vérité. Il a le défaut juif, le défaut le plus opposé à la saine manière d'écrire l'histoire, une personnalité extrême. Mille préoccupations le dominent : d'abord le besoin de plaire à ses nouveaux maîtres, Titus, Hérode Agrippa; puis le désir de se faire valoir et de montrer à ceux de ses compatriotes qui lui faisaient mauvais visage qu'il n'avait agi que par les plus pures inspirations du patriotisme * ; puis un sentiment honnête à beaucoup