Ad Smyrn.j
■". Ad Eph., § 4. Voir encore Ad Trait, $ 3, / ; Ad Eph., § 3, 5; Ad Magn., § 3, 6, 7; Ad Polyc, $ 4. 6, etc. i. Ad Smyrn.j$ 8.
INTRODUCTION. xix
celui de Valentin. Nous insistons moins sur ce point; car les épîtres pastorales1 et les écrits johanniques combattent des erreurs fort analogues; or nous croyons ces écrits de la première moitié du 11e siècle. Cependant l'idée d'une orthodoxie hors de laquelle il n'y a qu'erreur apparaît dans les écrits dont il s'agit avec un développement qui semble bien plus rapproché des temps de saint Irénée que de l'âge chrétien primitif.
Le grand signe des écrits apocryphes, c'est d'affecter une tendance; le but que s'est proposé le faussaire en les composant s'y trahit toujours avec clarté. Ce caractère se remarque au plus haut degré! dans les épîtres attribuées à saint Ignace, l'épître aux Romains toujours exceptée. L'auteur veut frapper un grand coup en faveur de la hiérarchie épiscopale ; il veut accabler les hérétiques et les schismatiques de son temps sous le poids d'une autorité irréfragable. Mais où trouver une plus haute autorité que celle de cet évoque vénéré dont tout le monde connaissait la mort héroïque ! Quoi de plus solennel que des conseils donnés par ce martyr, quelques jours ou quel*
*. M. Pfleiderer [Der Paulinismus, Leipzig, 1873, p. 482 et suiv.) a bien montré les rapports des épîtres ignatiennes avec les épîtres pastorales attribuées à Paul, surtout en ce qui concerne les erreurs combattues.
xx LES ÉVANGILES.
que? semaines avant sa comparution dans l'amphithéâtre? Saint Paul, de même, dans les épîtres supposées à Tite et à Timothée, est présenté comme vieux, près de mourir1. La dernière volonté d'un martyr devait être sacrée, et cette fois l'admission de l'ouvrage apocryphe était d'autant plus facile, que saint Ignace passait en effet pour avoir écrit diverses lettres dans son voyage vers la mort.
Ajoutons à ces objections des invraisemblances matérielles. Les salutations aux Eglises et les rapports que ces salutations supposent entre l'auteur des lettres et les Églises ne s'expliquent pas bien. Les traits circonstanciels ont quelque chose de gauche et d'émoussé, ainsi que cela se remarque dans les fausses épîtres de Paul à Tite et à Timothée. Le grand usage qui est fait, dans les écrits dont nous parlons, du quatrième Évangile et des épîtres johanniques „ la façon affectée dont l'auteur parle de la douteuse épître de saint Paul aux Éphésiens *, excitent également le soupçon. Par contre, il est bien étrange que l'auteur, cherchant à exalter l'Église d'Éphèse, relève les rapports de cette Église avec saint Paul tt ne dise rien du séjour
\. II Tim., iv, 6, l '2. AdEph., § 12,
INTRODUCTION. x\t
de saint Jean à Ephèse, lui qu'on suppose si lié avec Polycarpe, disciple de Jean*. Il faut avouer enfin qu'une telle correspondance est bien peu citée par les Pères, et que l'estime que paraissent en avoir faite les auteurs chrétiens jusqu'au iv' siècle n'est pas en proportion de ce qu'elle eût mérité, si elle avait été authentique. 31ettons toujours à part l'épître aux Romains, qui, selon nous, ne fait point partie de la collection apocryphe ; les six autres épîtres ont été peu lues ; saint Jean Chrysostome et les écrivains ecclésiastiques d'Antioche semblent les ignorer2. Chose singulière! l'auteur même des Actes les plus autorisés du martyre d'Ignace, de ceux que Ruinait publia d'après un manuscrit de Colbert, n'en a qu'une connaissance très-vague * Il en est de même de l'auteur des Actes publiés par Dressel*.
L'épître aux Romains doit-elle être comprise dans la condamnation que méritent les autres épîtres ignatiennes? On peut lire la traduction d'une partie de cette pièce dans notre texte8. C'est là certaine-