Carm. sib., proœm., v. 81-87; comp. III
2. Cf. Philon, Allégories de la Loi, III, § 59; Carm. sib.„ VIII, 403 etsuiv.
170 ORIGINES DU CHRISTIANISME. {An 82j
dehors du rôle divin prêté à la personne de Jésus, si peu de traits spécialement propres, que la rigoureuse distinction de ce qui est chrétien et de ce qui ne Test pas devient par moments extrêmement délicate. Un détail caractéristique des apocalypses sibyllines, c'est que, d'après elles, le monde finira par une conflagration. Plusieurs textes bibliques conduisaient à cette idée1. On ne la rencontre pas néanmoins dans la grande Apocalypse chrétienne, celle qui porte le nom de Jean. La première trace qu'on en trouve chez les chrétiens est dans la seconde Épître de Pierre, écrit supposé bien tardivement1. La croyance dont il s'agit paraît ainsi s'être développée dans le milieu alexandrin, et l'on est autorisé à croire qu'elle vint en partie de la philosophie grecque; plusieurs écoles, en particulier les stoïciens, avaient pour principe que le monde serait consumé par le feu3. Les esséniens avaient adopté la même opinion4 ; elle devint en quelque sorte la base de tous les écrits attribués à la Sibylle s, tant que cette fiction
4. Deuter., xxvu, 22 (Justin, Apol. I, 44,60); Isaïe, lxvi, 15.