Notez aussi Luc, vin
4. Luc, ix, 7-9 (comparé à Marc, vi, 14 et suiv.), xxm, 6-1 G. Luc supprime le récit du meurtre de Jean-Baptiste par Antipas.
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l'un les origines du christianisme, l'autre la révolution juive, avec un sentiment fort analogue, modération, antipathie contre les partis extrêmes, ton officiel, impliquant plus de souci des positions à défendre que de la vérité, respect mêlé de crainte envers l'autorité romaine, dont on s'efforce de présenter les rigueurs mêmes comme des nécessités excusables, et dont on affecte d'avoir été plusieurs fois le protégé. C'est ce qui nous fait croire que le monde où vivait Luc et celui où vivait Josèphe étaient fort voisins l'un de l'autre et devaient avoir plus d'un point de contact.
Ce Théophile est inconnu d'ailleurs ; son nom peut n'être qu'une fiction ' ou un pseudonyme pour désigner quelqu'un des adeptes puissants de l'Eglise de Rome, par exemple un des Clemens. Une petite préface explique nettement l'intention et la situation de l'auteur :
Plusieurs ayant déjà essayé de rédiger le récit des choses accomplies parmi nous, comme nous l'ont transmis ceux qui, dès le commencement, en ont été les témoins et les acteurs, j'ai cru bon, moi aussi, après avoir tout examiné avec soin depuis l'origine, de fen écrire une narra-
4. Ces adresses à des personnages imaginaires ne sont pas rares dans la première littérature chrétienne. Comp. Justin. Dial. cum Tryph., 141 ; Epitre à Diognète, 4,
[An 91] LES EVANGILES. Î51
tion suivie, cher Théophile, pour que tu reconnaisses la solidité des enseignements que t'ont donnés ceux qui t'ont catéchisé.
Il ne suit pas rigoureusement de cette préface que Luc ait eu sous les yeux, en travaillant, ces écrits « nombreux » dont il nous atteste l'existence ; mais la lecture du livre ne laisse aucun doute à cet égard. Les coïncidences verbales du texte de Luc avec celui de Marc et, par suite, avec Malthieu sont très-fréquentes. Nul doute que Luc n'ait eu sous les yeux un texte de Marc qui différait très-peu du nôtre. On peut dire qu'il se l'est assimilé tout entier, excepté la partie Marc vi, Zi5-vm, 26, et le récit de la Passion, pour lequel il a préféré une ancienne tradition. Dans le reste, la coïncidence est littérale, et, quand il y a variante, on voit facilement le motif qui a déterminé Luc à corriger, en vue de son public, l'original qu'il avait entre les mains. Dans les passages parallèles des trois textes, les détails que Matthieu ajoute à Marc, Luc ne les a pas '; ce que Luc semble
1. Comp. Matth.. xn, 1-8; Marc, h, 23-28; Luc, vi, 1-5; - Matth., xvm, 1-14; Marc, ix, 38-30; Luc, ix, 46-50; — Matth., xix, 16-30; Marc, x, 17-31; Luc, xvm, 18-30; — Matth., um entier; Marc, xn, 38-40; Luc, xx, 45-47. — Remarquez encore M.iUh., xn, 33 et suiv.; xm, 12; xvi, 17 et suiv., 27; xxi, 28 et suiv.
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ajouter à Matthieu, Marc l'a toujours'. Dans les passages qui manquent chez Marc, il y a chez Luc une autre recension que chez Matthieu \ En d'autres termes, dans les parties communes aux trois Evangiles, Luc n'offre un accord sensible dans les termes avec Matthieu que quand celui-ci présente un accord semblable avec 31 arc. Luc n'a pas certains passages de Matthieu, sans qu'on puisse concevoir pourquoi il les aurait négligés3. Les discours de Jésus sont fragmentaires dans Luc comme dans Marc; il serai incompréhensible que Luc, s'il avait connu Matthieu, eût toujours brisé les grands discours que nous donne
1. Comp. Matth., ix, 4-8; Marc, il, 1-12; Luc, v, 17-26; — MatUK, VIII, 28-34; Marc, v, 1-20; Luc, vm, 26-39; — Matth., ix, 18-26; Marc, v, 24-43; Luc, vm, 40-56; — Matth., xix, 13- 45; Marc, x, 13-16; Luc, xvm, 18-30; — Matth., xx. 19-34; Marc, x, 46-52 ; Luc, xvm, 35-43.
2. Luc, vu, 1 elsuiv.; xiv, 4 etsuiv.; xi\, Il et suiv. Luc, m, 7-17, comparé à Malth., m, 7-12, constitue une difficulté. Il se peut qu'il y ait eu là un effet rétroactif, comme saint Jérôme croit qu'il s'en est produit beaucoup. Prœf. in evang., ad Damas. Luc, xix, 20, et Matth., xvm, 1 1, offrent un autre exemple de ces interpolations de Luc en Matthieu. Comp. aussi Luc. ix, 57-60, et Matth., vm, 19-22. Enfin les deux récits de la tentation, Matth., »v, 1-11; Luc, iv, 4-13, sont bien semblables
3. Exemples : Malth., îx, 27-34, 47 et suiv.; xi;i, 24-35; xvn, 24-27; xvm, 40-35; xx, 1-16; xxi , 17-22; xvn, 34-40; xxv, 4-13,31-48; xxvi, 6-13; xxvii, 28-31; xxvm, 11-45, 16-20, surtout xiv, 22-xvi, 12, et le passage xx, 1—16, qui répond si bien à l'idée Joininanle de Luc.
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celui-ci. Luc, il est vrai, rappelle une foule de logiq, qui ne se lisent pas chez Marc; mais ces logia n'étaient pas venus à sa connaissance dans l'arrangemc:^ que nous trouvons chez Matthieu. Ajoutons que les légendes de l'enfance et les généalogies n'ont dans les deux Evangiles en question rien de com:nun> Comment Luc se fùt-il exposé de gaieté de cœur kdes objections évidentes? Gela permet de conclure que Luc ne connaissait pas notre Matthieu ; et», en effet, les essais dont il parle dans son prologue pouvaient porter des noms de disciples d'apôtres ^ aucun d'eux ne portait un nom comme celui de Matthieu, puisque Luc distingue nettement les apôtres, témoins et acteurs* de l'histoire évangélir que et auteurs de la tradition2, des rédacteurs, qui n'ont fait que coucher par écrit la tradition à leurs risques et périls et sans titre spécial pour cela3. j A côté du livre de Marc, Luc avait sûrement sur sa table d'autres récits du même genre4, auxquels il fait aussi de larges emprunts. Le long monceau de ix, 51, à xvin, lli, par exemple, a été copié dans une source antérieure, car on y remarque