Voir Épître à Diognète, c
3. Pirkè aboth, il, 8; Abolh de-rabli Nathan, c. xiv; comparez Talm. de Bab., Sukka, 28 b.
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un) goutte d'eau », voilà dorénavant l'idéal d'Israël. Il n'y avait pas encore de manuel écrit pour ce droit traditionnel . Plus de cent ans s'écouleront avantque les discussions des écoles arrivent à former un corps, qui s'appellera la Mise hua par excellence1 ; mais le fond de ce livre date bien de l'époque où nous sommes. Quoique compilé en Galilée, il est en réalité né à Iabné. Vers la fin du Ier siècle, il existait des petits cahiers de notes, en style presque algébrique et remplis d'abréviations, qui donnaient les solutions des rabbins les plus célèbres pour les cas embarrassants. Les mémoires les plus robustes fléchissaient déjà sous le poids ce la tradition et des précédents judiciaires. Un tel état de choses appelait l'écriture. Aussi voyons-nous, dès cette époque, mentionner des mischna, c'est-à-dire des petits recueils de décisions ou halakothj, lesquels portent le nom de leur auteur. Telle était celle de Rabbi Éliézer ben Jacob, que, dès la fin du 1er siècle, on qualifiait de « courte, mais bonne i » . Le traité mischnique Eduïoth, qui se distingue de tous les autres en ce qu'il n'a pas de sujet spécial, et qu'il est à lui seul une mischna abrégée, a pour noyau les édxiloth, ou « témoignages », rela-
4 . Le sens de Mischna est a loi répétée par cœur, non écrite d, par opposition à Mikra, « loi lue, par conséquent écrite ». 2. Buxtorf, Lex., col. 1948, Talm. de Bab., Jebomoth, 49 b
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tifs à des décisions antérieures, qui furent recueillis à Iabné et soumis à une révision lors de la destitution de Rabbi Gamaliel le jeune ' . Vers le même temps, Habbi Éliézer ben Jacob composait de souvenir la description du sanctuaire qui fait le fond du traité Middoth*. Siméon de Mispa, à une époque plus ancienne encore, paraît l'auteur de la première rédaction du traité loma, relatif à la fête du grand Pardon, et peut-être du traité Tamid 3.
L'opposition entre ces tendances et celles du christianisme naissant était celle du feu et de l'eau. Les chrétiens se détachaient déplus en plus de la Loi; les juifs s'y cramponnaient avec frénésie. Une vive antipathie paraît avoir existé chez les chrétiens contre l'esprit subtil, sans charité, qui chaque jour tendait à prévaloir dans les synagogues. Jésus déjà, cinquante ans auparavant, avait choisi cet esprit pour point de mire de ses traits les plus acérés. Depuis, les casuistes n'avaient fait que s'enfoncer de plus en plus dans leurs vaines arguties. Les malheurs de la nation n'avaient rien changé à leur caractère. Disputeurs, vaniteux, ja-
*. Cf. Talm. de Bab., Berakoth, 28 a.
2. Talm. de Bab., loma, 16 a; Dcrenbourg, la Palestine d'après les Tlialmuds, p. 374.
3. Mischna, Péah, h, 6; Talm. de Jér., loma, il, i ; Talm. de Bab., loma, Mb; Dereobourg, op. cit., p. 375.
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!oux, susceptibles, s'atlaquant pour des motifs tout personnels, ils passaient leur temps, entre Iabné et Lydda, à s'excommunier pour des puérilités. Le nom de « pharisien » avait été jusque-là pris par les chrétiens en bonne part1. Jacques et en général les parents de Jésus furent des pharisiens très-exacts. Paul lui-même se vante d'être « pharisien, fils de pharisien2». Mais, depuis le siège, la guerre fut ouverte. En recueillant les paroles traditionnelles de Jésus, on se laissa dominer par ce changement de situation. Le mot « pharisien », dans les Évangiles ordinaires, comme plus tard le mot « juif » dans l'Évangile dit de Jean, est employé comme synonyme d'ennemi de Jésus. La dérision de la casuistique fut un des éléments essentiels de la littérature évangélique et une des causes de son succès. L'homme vraiment vertueux, en effet, n'a rien tant en horreur que le pédantisme moral. Pour se laver à ses propres yeux du soupçon de duperie, il a besoin de douter par moments de sa propre œuvre, de ses propres mérites. Celui qui prétend faire son salut par des recettes infaillibles lui semble l'ennemi capital de Dieu. Le pharisaïsme devient ainsi quelque chose de pire que le vice, car il rend la vertu ridi-
<. Voir Saint Paul, 73, 77, 520.