‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 20 sur 393 · Mischna, Aboda zara, h, 5 et · texte numérisé non relu

Mischna, Aboda zara, h, 5 et

10 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 74]

dix-huit mesures étaient toutes destinées à exagérer l'isolement d'Israël. Défense d'acheter les choses les plus nécessaires chez les païens, défense de parler leur langue, d'accueillir leur témoignage et leurs offrandes, défense d'offrir des sacrifices pour l'empereur1. On regretta ensuite plusieurs de ces prescriptions; on alla jusqu'à dire que le jour où elles furent adoptées avait été aussi funeste aux Israélites que celui où ils fondirent le veau d'or; mais on ne les abrogea pas. Un dialogue légendaire exprima les sentiments opposés des deux partis qui divisaient les écoles juives à cet égard : « En ce jour-là, dit Rabbi Éliézer, on remplit la mesure. — En ce jour-là, dit Rabbi Josué, on la fit déborder. — Un tonneau plein de noix, dit Rabbi Éliézer, peut encore contenir autant d'huile de sésame qu'on veut. — Quand un vase est rempli d'huile, répliqua Rabbi Josué, en y versant de l'eau on répand l'huile 2. » Malgré toutes les protestations, les dix-huit mesures prirent une telle autorité qu'on alla jusqu'à dire qu'aucun pouvoir n'avait le droit de les abolir*. Peut-être certaines de ces me-

1. Talm. de Jér., Schabbath, i, 7; cf. Grastz, Gesch. der Ju~ den, III (2e édit.), p. 494-495; Derenbourg, op. cit., p. 272 et suiv., 474.

2. Talm. de Jér., Schabbath, i, 7; cf. Talm. de Bab., Schabbalh, 17 a.

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