Derniers vers
3. Suétone, Dom., 13; Dion Cassius, LXVII, 13; Pline, Pw- Këg., 1 1 ; saint Jérôme, Chron. , année 6 de Dom. ; Aurel. Victor, Cœs., xi, ?;Orose,VII, 10; Philostrate, Apoll. ,Xll, 24, 32.
(An 95) LES ÉVANGILES. 2M
fils de Flavius Clemens l : « ... Et maintenant ce set rait ne pas comprendre l'honneur des appréciation^ célestes que de rester au-dessous de ma tâche. Quels soins exigeront des mœurs qui doivent obtenir l'ap-j probation du plus saint des censeurs ! Quelle atten-r tion je devrai donner aux études pour ne pas tromper l'attente d'un prince très-éminent dans l'éloquence comme en tout le reste ! On ne s'étonne pas que les poètes, après avoir invoqué les muses au début, re-r nouvellent leurs vœux quand ils arrivent aux pas-, sages difficiles de leur ouvrage... On me pardonnera de même d'appeler à mon secours tous les dieux et, en premier lieu, celui qui se montre plus qu'aucune autre divinité propice à nos études. Qu'il souffle en moi le génie que font attendre les fonctions qu'il m'a confiées ; qu'il m'assiste sans cesse ; qu'il me fasse ce qu'il m'a cru. »
Voilà le ton que prenait un homme « pieux # selon la nuance du temps. Domitien, comme tous les souverains hypocrites, se montrait sévère conservateur des vieux cultes 2. Le mot iïimpietas, surtout à
h. Quintil., but. oral., IV, praef.
2. Suétone, Dow., 4, 15; Martial, VI, 10; VIII, 80; Dion Cassius, LXVII, 1; Philostr., Apoll., VII, 24; VIII, 25. De là ^int, autant que de sa cruauté, sa sévérité pour les vestales. Suct., Dom., 8; Pline, Epist., IV, 11 ; Philoslr., Apoll., VII, 6.
feOi ORIGINES DU CHRISTIANISME. [ An 95f
partir de son règne, eut en général une signification politique1, et fut synonyme ce lèse-majesté. L'indifférence religieuse et la tyrannie en étaient venues à ce point que l'empereur était le seul dieu dont la majesté fût redoutée. Aimer l'empereur, voilà la piété ; être soupçonné d'opposition ou seulement de froideur, voilà l'impiété. Et l'on ne croyait pas que le mot eût perdu pour cela son sens religieux. L'amour de l'empereur, en effet, impliquait l'adoption respectueuse de toute une rhétorique sacrée qu'aucun esprit sensé ne pouvait plus prendre au sérieux. On était révolutionnaire, si on ne s'inclinait devant ces absurdités, dont on avait fait une routine d'État; or le révolutionnaire, c'était l'impie. L'empire en venait à une sorte d'orthodoxie, à une pédagogie officielle, comme la Chine. Admettre ce que voulait l'empereur avec une sorte de loyalisme semblable à celui que tes Anglais affectent envers leur souverain et leur Église établie, voilà ce qu'on appelait religio3, ce qui valait à un comme le titre de puis.
t. Pline le jeune, Èpitres, I, 5. Pietas, dans Quintilien (IIIt vu, 2), c'est le soin que Domilien a eu d'élever un temple à la gens Flavia.CL àatêsia, dans Philostrate, Apollonius, IV, xliv »
2. Quintilien, Instit., IV, praef. Lire surtout 1. III, c. vu, pout prendre une idée des niaiseries incroyables que ce très-honnêtehomme veut que l'on conserve et respecte.
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Dans un tel état du langage et des esprits, 1q monothéisme juif et chrétien devait paraître la suprême impiété. La religion du juif et du chrétien s'attachait à un dieu suprême, dont le culte était une sorte de larcin fait au dieu profane. Adorer Dieu, c'était donner un rival à l'empereur; adorer d'autres dieux que ceux dont l'empereur était le patron légal constituait une injure pire encore. Les chrétiens, ou plutôt les juifs pieux, se croyaient obligés de faire un signe de protestation plus ou moins apparent en passant devant les temples J ; au moins s'interdisaient-ils absolument le baiser que les païens pieux envoyaient à l'édifice sacré en passant devant lui 2. Le christianisme, par son principe cosmopolite et révolutionnaire, était bien « l'ennemi des dieux, des empereurs, des lois, des mœurs, de la nature tout entière » 3. Les meilleurs empereurs ne sauront pas toujours démêler ce sophisme, et, sans le savoir, presque sans le vouloir, seront persécuteurs. Un esprit étroit et méchant comme celui de Domitien devait l'être avec pédantisme et avec une sorte de volupté.
La politique romaine avait toujours fait, dans la
i. Oî vyigùç p.àv âiravxa? àirapvïiaovTai tôo'vrcc. CaTM. sib.,lV, 2b; Minucius Félix, 8.