Eusèbe, H. E., III, 19; Chron., an 4 4 ou 16 de Dom
3. Hégésippe, dans Eus., H. E., III, 19, 20 et 32. Eusèbe (ch. 19) veut que la dénonciation soit venue « de certains hérétiques »; maisie texte d'Hégésippe, qu'il cite Ifh. 20), donne un sujet indéterminé à è£nXaTopsu<r»v. Les twv atpsmûv tivs; du ch. 19
300 ORIGINES DU CHRISTIANISME. {An 95]
défiant empereur avait d'ailleurs entendu parler de la venue triomphante de Christ; tout cela l'inquiétait. Un evocatus1 vint chercher les saintes gens en Syrie; ils étaient deux ; on les mena vers l'empereur. Domitien leur demanda d'abord s'il était vrai qu'ils fussent descendants de David. Ils répondirent que oui. L'empereur les questionna ensuite sur leurs moyens d'existence. « Entre nous deux, dirent-ils, nous possédons seulement neuf mille deniers, dont chacun de nous a la moitié. Et, cette valeur, nous la possédons non pas en argent , mais en la forme d'une terre de trente-neuf arpents, sur laquelle nous payons les impôts et nous vivons de notre propre travail 2. » — Puis ils montrèrent leurs mains, couvertes de callosités et dont la peau rugueuse témoignait d'habitudes de travail. Domitien les interrogea sur le Christ et son royaume, sur sa future apparition, sur les temps et les lieux de cette apparition. Ils répondirent que le royaume dont il s'agissait n'était pas de ce monde , qu'il était céleste, angélique ; qu'il se révélerait à la fin des siècles, quand Christ viendrait dans sa gloire
viennent d'une autre citation d'Hégésippe qu'il fait au ch. xxxn, §§ 3 et 6, et dont il force le sens. Comp. Chron. pasc, p. 252.
\. Cf. Caesar, De bello gall., VII, lxv, 5; Suétone, Galba, 10; Dion Cassius, XLV, 12.
J. Cf. Constit. apost., H, 63, titre.
[An 85] LES ÉVANGILES. 30t
juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses œuvres. Domitien n'eut que du mépris pour une telle simplicité; il fit remettre en liberté les deux petits-neveux de Jésus. Il parait que cet idéalisme naïf le rassura complètement sur les dangers politiques du christianisme, et qu'il donna ordre de cesser la persécution contre des rêves *.
Certains indices, en effet, portent à croire que Domitien, vers la fin de sa vie, se relâcha de ses rigueurs*. On ne peut cependant rien dire de certain à cet égard; car d'autres témoignages font penser que la situation de l'Église ne s'améliora que par l'avènement de Nerva3. Au moment où Clément écrit sa lettre, le feu paraît avoir diminué4. On est comme au lendemain d'une bataille ; on compte ceux qui sont tombés ; on s'apitoie sur ceux qui sont encore