‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 235 sur 393 · Jbid · texte numérisé non relu

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332 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 95]

nation des uns aux autres est une loi de Dieu. L'histoire de la hiérarchie ecclésiastique est l'histoire d'une triple abdication, la communauté des fidèles remettant d'abord tous ses pouvoirs entre les mains des anciens ou presbyleri, le corps presbytéral arrivant à se résumer en un seul personnage qui est Vepiscopos ; puis les episcopi de l'Eglise latine arrivant à s'annuler devant un d'entre eux qui est le pape. Ce dernier progrès, si on peut l'appeler ainsi, ne s'est accompli que de nos jours. La création de l'épiscopat est l'œuvre du 11e siècle. L'absorption de l'Eglise par les presbyteri est un fait accompli avant la fin du premier. Dans l'épître de Clément Romain, ce n'est pas encore l'épiscopat, c'est le presbytérat qui est en cause l. On n'y trouve pas trace d'un presbyteros supérieur aux autres et devant détrôner les autres. Mais l'auteur proclame hautement que le presbytérat, le clergé, est antérieur au peuple. Les apôtres, en établissant des Eglises, ont choisi, par l'inspiration de l'Esprit, « les évêques et les diacres des futurs croyants ». Les pouvoirs émanant desapôties ont été transmis par une succession

4. Cb. 39. Les mots rpeooÛTipot, nriatMCGi (ch. 42, 4i), sont synonymes dans notre épitre, comme dans Phil., i, \ ; Acl., xx, 17 et suiv., 28. Les mots •r-jcûu.evoi, 7rpiT^GÛu.j-<ci ont le même sens. Cf. Hebr., XIII, 7, 17, 24. Voir saint Paul, p. 238-239.

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régulière. Aucune Eglise n'a donc le droit de destituer ses anciens '. Le privilège des riches est nul dans l'Église. Pareillement ceux qui sont favoi ïsés de dons mystiques, loin de se croire au-dessus de la hiérarchie, doivent être les plus soumis.

On touchait au grand problème : qui existe dans l'Eglise? Est-ce le peuple? Est-ce le clergé? Est-ce l'inspiré? La question s'était déjà posée du temps de saint Paul2, qui la résolvait de la vraie manière, par la charité mutuelle. Notre Epître tranche la question dans le sens du pur catholicisme. Le titre apostolique est tout; le droit du peuple est réduit à rien. On peut donc dire que le catholicisme a eu son origine à Rome, puisque l'Eglise de Rome en a tracé la première règle. La préséance n'appartient pas aux dons spirituels, à la science, à la distinction ; elle appartient à la hiérarchie, aux pouvoirs transmis par le canal de l'ordination canonique, laquelle se rattache aux apôtres par une chaîne non interrompue. On sentait que l'Eglise libre, comme l'avait conçue Jésus 3 et comme saint Paul l'admettait encore*, était une utopie anarchique, dont il n'y avait rien à tirer pour l'avenir. Avec la liberté

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