Suétone, Dom,, 17, 23; Pline, Panég., 52; Dion Cassius
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Cette maison, élevée par le hasard des révolutions à de si étranges destinées, tomba dès lors dans un grand discrédit. Les personnes de mérite et de vertu qu'elle contenait encore furent oubliées. Les aristocrates fiers, honnêtes et de haute noblesse, qui vont régner, ne pouvaient avoir que de l'aversion pour les restes d'une famille bourgeoise dont le dernier chef était l'objet de leur juste exécration. Pendant tout le 11e siècle, on n'entend point parler d'un Flavius. Flavie Domitille acheva sa vie dans l'obscurité. On ne sait ce que devinrent ses deux fils, que Domitien avait destinés à l'empire. Un indice * porte à croire que la postérité de Domitille se continua jusqu'à la fin du 111e siècle. Cette maison conserva toujours, ce semble, des attaches au christianisme. Sa sépulture de famille *, située sur la voie Ardéatine, devint une
LXVH, 18 ; LXVIII, 1 ; Philostrate, Vies des soph., I, vil, 4; Macrobe, Saturn., I, 12; Lactance, De mort, persec, 3; Procope FHst. secrète, ch. vm, 4; Orose, vu, 41 ; Aurelius Victor, Cœs.t xi, 13.
1. Trebell. Poil ion, Trig. lyr., ch. 11. Selon des conjectures ingénieuses, Petronilla, la prétendue Glle de saint Pierre, aurait appartenu à cette famille. De Rossi, Bull, di arch. crist., 4 865, p. 22, 23, 46-47, 95; 4874, p. 5 et suiv., 68 et suiv., 422 et suiv., et 1875, p. 5 et suiv. Voyez la note suivante. Sur Plautille, voyez de Rossi, travaux cités.
2. C'est, selon toutes les apparences, la belle sépulture antique de la Tor Manmcia, déblayée vers 1865. De Rossi, Bull, di arch.
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des plus anciennes catacombes chrétiennes. Elle se distingue de toutes les autres par ses abords spacieux, son vestibule de style classique, ouvert en plein sur la voie publique, la largeur de son principal couloir, destiné à recevoir des sarcophages, l'élégance et le caractère tout profane des peintures décoratives de la voûte de ce couloir l. Si l'on s'en tient au frontispice, tout vous rappelle Pompéi, ou mieux encore la villa de Livie ad gallinas albas, sur la voie Fla-
crist., 1865, mars, mai. juin, décembre; Roma sollerranea, t. I, p. 134 et suiv., 486, 265 et suiv., 319-321. En 1873, les fouilles ont été reprises et ont amené la découverte du cœmeterium Domitillœ Nerei et Achillei ad Sanciam Petronillam. Voir de Rossi, Bull., 1874 et 4875, loc. cit. Revue archéol., juin 1874, août 1874, p. 128-129; janv. 1875, p. 70; mars 4875, p. 198-499; juill. 4 875; mars 1876; Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 12 mars 4875. M. de Rossi n'a pas réussi à donner une valeur historique à ce qui concerne sainte Pétronille, Nérée, Achillée. Il a trouvé les traces matérielles, les titres brisés de l'ancienne légende; mais il n'a pas prouvé que cette légende, dépourvue de références vraiment antiques, doive faire exception entre tant d'autres que la critique a depuis longtemps repoussées. Si, comme on se le figure quelquefois, la maison flavienne eût traversé le ne et le me siècle en constituant un gros centre chrétien, il est impossible que Tertullien et tant d'autres n'en eussent rien su, qu'Eusèbe eût été réduit à la misérable bribe qu'il a trouvée dans Bruttius.
1. Vignes, oiseaux, fleurs, enfants vendangeurs, génies ailés, repas funèbres, Psyché, paysages. Il est bien douteux que les peintures tout à fait chrétiennes qui décorent les parois soient de l'époque de Domitille.
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minienne. A mesure qu'on s'enfonce dans l'hypogée, l'aspect devient de plus en plus chrétien. Il est donc fort admissible que cette belle sépulture ait reçu sa première consécration de Domitille, dont la famïlia doit avoir été en grande partie chrétienne '. Au 111e siècle, on élargit encore les abords, et l'on y construisit une schola collégiale, destinée probablement aux agapes ou festins sacrés.
Les circonstances qui amenèrent à l'empire le vieux Nerva sont obscures. Les conjurés qui tuèrent le tyran eurent sans doute dans ce choix un rôle prépondérant. Une réaction contre les abominations du règne précédent était inévitable; les conjurés cependant, ayant pris part aux actes principaux de ce règne, ne voulaient pas une réaction trop forte. Nerva était un homme excellent, mais réservé, timide, portant la modération et le goût des demi-mesures presque à
1 . Ex indulgeniia Flaviœ Domitillœ, ou Flaviœ Domilillœ Cœsaris Vespasiani neptis beneficio (deRossi). Il y aurait grand intérêt à savoir si l'inscription 776 d'Orelli (948 du t. VI du Corpus inscr. lat.; Bull. ,1865, p. 61; voir ci-dessus, p. 227, note) porta primitivement la suscription D. M. Il reste un petit fragment do cette inscription à Saint-Clément, un autre fragment au Capitule. L'état de ces fragments ne permet de former à cet égard aucune conjecture. — Autres traces de christianisme ou de judaïsme dans la familia des Flavius dans Rossi, Rotnasott., 1, 188, Journ. des sav., janv. 1870, p. 23 et iuiv.; Revue archéol., octobre 187/|. p. 274).
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l'excès l. L'armée voulait le châtiment des meurtriers de Domitien; la partie honnête du Sénat voulait la punition de ceux qui avaient été les ministres des crimes du dernier gouvernement ; tiraillé entre ces exigences opposées, Nerva parut souvent faible. Un jour, à sa table, se trouvèrent réunis l'illustre Junius Mauricus, qui avait risqué sa vie pour la liberté, et l'ignoble Veiento, l'un des hommes qui avaient fait le plus de mal sous Domitien. La conversation tomba sur Catullus Messalinus, le plus abhorré des délateurs : « Que ferait maintenant ce Catullus, s'il vivait? dit Nerva. — Ma foi! dit Mauricus, à bout de patience, il dînerait avec nous 2. »
Tout le bien qu'on peut faire sans rompre avec le mal, Nerva le fit. On n'aima jamais plus sincèrement le progrès; un esprit remarquable d'humanité, de douceur entra dans le gouvernement et même dans la législation. Le sénat retrouva son autorité. Les bons esprits crurent le problème du temps, l'alliance
1. Dion Cassius, LXVIII, 4-4; Aurelius Victor, Epit., xii; Eutrope, Brev., VIII, 1; Zonaras, Ann., XI, 1î)',Chron.pasc., p. 251; Pline, Panég., 7, 8, 35, 89, et Lettres, I, 5; II, 1 ; IV, 22, V, 3; VII, 33; IX, 43; X, 62, 63; Tacite, Agricola, 3 ; Henzen, Inscr., n° 5436; Philostrate, Apoll., VIII, vu. 34-36; xxvu Martial, VIII, 70; Eusèbe, //. E., III, xx, 10, elChron., p. 162, 163, Schœne.