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façon d'envisager le rôle de Jésus prit le plus fortement racine, et d'où elle se répandit sur le monde chrétien.

Ce n'est pas, en effet, au seul apôtre Jean que la tradition rapporte la solennelle promulgation de ce dogme nouveau. Autour de Jean, la tradition nous montre cette doctrine soulevant des orages, troublant les consciences, provoquant des schismes et des anathèmes. Vers le temps où nous sommes arrivés, commença de se montrer à Ephèse *, venant d'Alexandrie, comme un autre Apollos, un homme qui paraît, à une génération de distance, avoir eu avec ce dernier beaucoup de rapports. II s'agit de Gérinthe ~, que d'autres appelaient Mérinlhe, sans qu'on puisse savoir quel jeu se cache sous cette asso-

1. On peut supposer que c'est à Gérinthe qu'il est fait allusion dans Act., xx, 29-30. Cf. Saint Paul, p. xxxn.

2. Irénée, Adv. hcer., I, xxvi, 1 ; III, xi, 4, 7; Philosophumena, VII, 7, 9, 33, 34, 35; X, 21, 22; Caïus, dans Eus., H. E., III, xxviii, 2-3; Denys d'Alexandrie, dans Eus., //. E., III, xxvm, 4-5, et VII, xxv, 2-5; Tertullien, Prœscr., c. 48; saint Épiphane, haer. xxvm entier; xxx, 3, 26; li, 3, 4, 6; Traité contre toutes les hérésies, attribué à Tertullien (édit. Œhler), c. 3; Théodoret, Hœret. fab., 11,3; Philastre, c. 36, 60; saint Jérôme, De viris ill., 9; Adv. luciferianos, c. 9, p. 304, 305, Mart., IV, 2e part : Epist. 89 (74), col. 623, t. IV, 2e part.; saint Augustin fut fertur], De hœresibus, 8 (Opp., t. VIII); saint Grég. de Nazianze, Orat., xv, 8, p. 460 (Paris, 1778).

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nance '. Comme Apollos, Cérinthe était né juif, et, avant de connaître le christianisme, avait été imbu de philosophie judéo-alexandrine. Il embrassa la foi de Jésus d'une manière toute différente des bons Israélites qui croyaient le royaume de Dieu réalisé en l'idylle de Nazareth, et des païens pieux qu'un instinct secret attirait vers cette forme mitigée du judaïsme. Son esprit d'ailleurs paraît avoir eu peu de fixité et s'être volontiers porté d'un extrême à l'autre. Tantôt ses conceptions se rapprochent de celles des ébionites 2; tantôt elles inclinent au millénarisme8; tantôt elles flottent en plein gnosticisme, ou offrent de l'analogie avec celles de Philon. Le créateur du monde et l'auteur de la loi juive, le Dieu d'Israël enûn, n'a pas été le Dieu éternel ; ce fut un ange, une sorte de démiurge subordonné au grand Dieu tout-puissant. L'esprit de ce grand Dieu, longtemps inconnu au monde, n'a été révélé qu'en Jésus. L'Evangile de Cérinthe était l'Évangile des Hébreux4,

1. Cérinthe et Mérinlhe sont distingués dansÉpiph.. haor. li. 6.

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