Épiph., xix, 3; LUI
'An 101] LES EVANG1LLS. 459
procédés magiques était aussi une prétention des esséniens '. Mais la morale d'Elkasaï ressemblait aussi peu que possible à celle de ces bons cénobites. Il réprouvait la virginité et permettait, pour éviter la persécution, de simuler l'idolâtrie, même de renier de bouche la foi que l'on professait.
Ces doctrines furent adoptées plus ou moins par toutes les sectes ébionites 2. On en trouve la vive empreinte dans les récits pseudo-clémentins, œuvre des ébionites de Rome3, et de vagues reflets dans la lettre faussement attribuée à Jean4. Le livre d'Elkasaï cependant ne fut connu des Eglises grecques et latines qu'au me siècle et n'y eut aucun succès 5. Il fut, au contraire, adopté avec enthousiasme par les osséens, les nazaréens, les ébionites d'Orient 6. Toute la région au delà du Jourdain, la
1. Jos.. B. ./., II, xni, 12. Cf. Homélies pseudo-clém., ix, li etsuiv.; xi, 26; xm, 14; xvi, 18 et suiv. De là le nom d'esséens (N'OK, « médecins »).