‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 33 sur 393 · BKTHER. LE LIVRE DE JUDITH. LE CANON JUIF · texte numérisé non relu

BKTHER. LE LIVRE DE JUDITH. LE CANON JUIF

Dès les premières années qui suivirent la guerre, se forma, à ce qu'il semble, près de Jérusalem, un centre de population qui devait , cinquante ou soixante ans plus tard, jouer un rôle important. A deux lieues et quart de Jérusalem1, dans la direction ouest-sud-ouest, était un village jusque-là obscur du nom de Béther*. Il paraît que, plusieurs

i. Les données du Talmud sur la situation de Béther (Talm. de Jér., Taanilh, iv, 8; Talm. de Bab., Giltin, 57 a; Midrasch Eka, il, 5) sont si inexactes, si absurdes, si contradictoires, qu'on n'en peut rien tirer. Eusèbe (Hist. eccl., IV, vi, 3) tranche la question parce qu'il dit, d'après Aristonde Pella, sur la proximité de Béther et de Jérusalem. Cf. Estori Parhi, Kaftor ouaphérah, ch. xi. Le réci* Talm. de Jér., Taanilh, iv, 8, sur les terrains achetés par les Hiérosolymites à Béther suppose la môme proximité. Cf. Neubauer, Géogr. du Talm., p. 1 03 et suiv.

2. BaiOiîp ou Baôrip de Josué, xv, 60, selon les Septante (cf. saint Jérôme, In Mich., v,2); aujourd'hui Bittir, petit village, àl'ouver-

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années avant le siège, un grand nombre de bourgeois riches et paisibles de Jérusalem, prévoyant l'orage qui allait fondre sur la capitale, y avaient acheté des terrains pour s'y retirer l. Béther était, en effet, situé dans une vallée fertile, en dehors des

turedu ouadi Bittir, près duquel sont des ruines appelées Khirbet el-Yahoud, «les ruines des juifs ».V. Ritter, Erdk., XVI, p. 428- 429. La distance « quarante milles de la mer », donnée par les Talmuds, se vérifie pour Bittir. Une autre opinion identifie Béther avec Beth-schémesch, en s'appuyantsur la traduction grecque de II Sam., xv, 24 (cf. I Sam., vi, 42), et de I Chron., vi, 59. Bethschémesch est à près de cinq lieues de Jérusalem, dans la direction de Bittir. Il y a eu sans doute une confusion dans l'esprit du traducteur grec (comp. Jos.,xv, 10 et 60, selon les Sept.). — Quant aux hypothèses qui cherchent Béther au nord de Jérusalem., elles sont réfutées par cette circonstance que la vente des captifs de Béther eut lieu à Ramet el-Khalil, près d'Hébron (saint Jérôme, In Zach., xi, 4. Cf. In Jerem.,xxxi, 15, et Chron. pascale, p. 253-254). Il est vrai que Robinson [Bibl.Res., III, p. 266-271) n'a pas trouvé le site actuel de Bittir répondant, surtout pour l'approvisionnement d'eau, à ce que l'on attend dans l'hypothèse de Bittir = Béther. Mais on peut faire presque les mêmes objections contre le site de Jota pa ta, qui pourtant n'est pas douteux. Tobler [Drille Wanderung, p. 103) a cru découvrir des citernes dans l'acropole. M. Guérin (Descr. de la Pal., Judée, II, p. 387 et suiv.) a levé toutes les difficultés en montrant que la ville prise par les Romains pouvait renfermer le village actuel, l'acropole et le plateau inférieur que l'acropole domine. Il faut songer que la ville détruite par les Romains n'eut d'importance que durant quelques années, que sa population était très-pauvre, que les fortifications furent improvisées (Dion Cassius, LXIX, 12), enfin que les récits du Talmud sont remplis d'exagération.

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