‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 342 sur 393 · Ibid. ch. h, v, xm; Y Antéchrist, eh. *v · texte numérisé non relu

Ibid. ch. h, v, xm; Y Antéchrist, eh. *v

474 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Au 111]

le point d honneur de la foi qu'ils avaient embrassée.

Pline, parfait honnête homme et jcrupuleux exécuteur des ordres impériaux, fut bientôt à l'œuvre pour ramener dans les provinces qui lui étaient confiées l'ordre et la loi. L'expérience lui manquait; c'était plutôt un lettré aimable qu'un vrai administrateur; sur presque toutes les affaires, il prit l'habitude de consulter directement l'empereur. Trajan lui répondait lettre pour lettre, et celte précieuse correspondance nous a été conservée1. Sur les ordres journaliers de l'empereur, tout fut surveillé, réformé; il fallut des autorisations pour les moindres choses2. Un édit formel interdit les hétéries3; les plus inoffensives corporations furent dissoutes. C'était l'usage en Bithynie de célébrer certains événements de famille et les fêtes locales par de grandes assemblées, où se réunissaient jusqu'à mille personnes; on les supprima4. La liberté, qui la plupart du temps ne se glisse dans le monde que d'une façon subreptice, fut réduite à presque rien.

Il était inévitable que les Eglises chrétiennes fussent atteintes par une politique méticuleuse, qui

Pline, Epist., livre X. Cf. Tertullien, Apol, 2. Pline, Epist., X, 98.

Pline, Epiai., X, 96.

Pline, Epist., X, 116 et 117

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voyait partout le spectre des hétéries et s'inquiétait d'une société de cent cinquante ouvriers institués par l'autorité pour combattre les incendies '. Pline rencontra plusieurs fois sur son chemin ces innocents sectaires, dont il ne voyait pas bien le danger. Dans les dilférenls stages de sa carrière d'avocat et de magistrat, il n'avait jamais été mêlé à aucun procès contre les chrétiens. Les dénonciations se multipliaient chaque jour; il fallut procéder à des arrestations. Le légat impérial, suivant les procédés sommaires de la justice du temps, fit quelques exemples; il décida l'envoi à Rome de ceux qui étaient citoyens romains ; il fit mettre à la question deux diaconesses. Tout ce qu'il découvrit lui parut puéril. Il eut voulu fermer les yeux; mais les lois de l'empire étaient absolues; les délations dépassaient toute mesure ; il se voyait mis en demeure d'arrêter le pays entier.

C'est à Amisus*, sur la mer Noire, dans l'automne de l'an 112 % que ces embarras devinrent

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