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CHAPITRE XXII

IGNACE D'ANTIOCHB

Antioche eut sa part ', et très-violente, dans ces cruelles mesures, qui devaient être si parfaitement inefficaces. L'Église d'Antioche, ou du moins la fraction de cette Église qui se rattachait à saint Paul, avait à ce moment pour chef un personnage entouré du plus profond respect, qu'on nommait Ignatius* Ce nom est probablement un équivalent latin du nom syriaque Nourana *. La réputation d'Ignace était répandue dans toutes les Églises, surtout en

4. Jean Chrys., Or. in Ign. mart., 4. Opp. II, p. 597, Montf.

2. Dans les manuscrits syriaques et arabes, après le nom d'Ignace vient toujours l'épithète nourono ou nourani (igneits), qui renferme sûrement une allusion au nom d'Ignatius (ignis). Mais il est possible qu'à l'inverse Nourono vienne par jeu de mots d'Ignatius. Le nom d'Ignatius (pour Egnatius) était en usage chez les juifs. Corpus inscr. gr., n° 4129.

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Asie Mineure '. Dans des circonstances que nous ignorons i, probablement à la suite de quelque mouvement populaire 3, il fut arrêté, condamné à. mort et, comme il n'était pas citoyen romain, désigné pour être conduit à Rome et livré aux bêtes dans l'amphithéâtre *. On choisissait pour cela les beaux

4 . Les témoignages directs sur cet important personnage ecclésiastique font défaut, puisque l'épître attribuée à Polycarpe est di1 valeur douteuse. Irénée (V, xxvm, 4) et Eusèbe {H. E., III, 36) ne connaissent, ce semble, Ignace que par les épîtres qu'on lui attribue. Les Actes du martyre d'Ignace sont du iv* siècle, et ont été rédigés sans autres documents que ceux que nous possédons. Le renseignement Mart. Ignat., 3, d'après lequel Ignace aurait été élève de Jean, est donc sans valeur (v. ci-dessus, p. 424, note 2). L'authenticité complète des sept lettres attribuées à Ignace est insoutenable (voir l'Introduction). Mais cette correspondance fût— elle tout entière apocryphe, comme elle existait certainement,ainsi que l'épître de Polycarpe, avant la fin du ne siècle, ce fait suffit pour prouver la réalité du martyre d'Ignace et l'importance qu'on y attacha.

2. C'est artificiellement que les Actes du martyre d'Ignace rattachent l'arrestation d'Ignace au séjour de Trajan à Antioche. Eusèbe ne sait rien de cette circonstance (//. E., III, 36) et place la mort d'Ignace avant le départ de Trajan pour l'Orient (Chron., à fan 8 ou 10 deTraj.). Cf. saint Jérôme, De viris UL, 16. Les Actes tie Dressel [Pair, apost., p. 368 et suiv.) sont pour la cinquième année ds Trajan. Toute cette chronologie desActesde saint Ignace est pleine d'erreurs. Cf. Dierauer, p. 170, note. Comparez le commencemet.i dos Artes de saint Soherbil.

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