Cela ne s'observe pas avant saint Épiphane
3. Origène, De princ, IV, 22 (Opp., I, 483) Contre Celse, II, 4 ; Philoealie d'Orig., I, 47; Eusèbe, //. E., III,xxvu, 6; l'interpolateur d'Ignace ad Phil.j $ 6; Épiph., xxx, 47.
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réens », à partir du ive siècle, désigna de même pour l'Église catholique orthodoxe des hérétiques à peine chrétiens '.
Ce singulier malentendu s'explique quand on considère que les ébionim et les nazaréens restaient fidèles à l'esprit primitif de l'Eglise de Jérusalem et des frères de Jésus, d'après lesquels Jésus n'était qu'un prophète élu de Dieu pour sauver Israël, tandis que, dans les Eglises sorties de Paul, Jésus devenait de plus en plus une incarnation de Dieu. Selon les chrétiens helléniques, le christianisme se substituait à la religion de Moïse comme un culte supérieur à un culte inférieur. Aux yeux des chrétiens de la Batanée, c'était là un blasphème. Non-seulement ils ne
4. Épiphane, haer. xxix et xxx, et Tiesp. ad Acac. et Paul., sub fin. L'identité primitive des ébionim et des nazaréens est entrevue par Épiphane, hœr. xxx, 1,2; puis il la méconnaît. Rien de plus confus que le système de ce Père, égaré par son fanatisme orthodoxe. Ailleurs il admet des nazaréens purement juifs (hœr. xviu); les rapprochements qu'il fait entre eux et les ossènes (haer. xix) sont superficiels. Il ne veut à aucun prix que les sectaires judaïsants, qu'il déteste, soient la descendance directe de la famille et des vrais disciples de Jésus. Le passage de Jules Africain, dans Eusèbe, //. E., I, vu, 14, malgré ses inexactitudes, associe les nazaréens, Kokaba et les parents de Jésus Kokaba était le séjour commun de trois catégories de personnes, au fond identiques : les nazaréens, les ébionim et les Seorcoauvoi. Les rapprochements qu'on a faits entre les nazaréens et les nosaïri ou ansariés sont sans fondement.
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tenaient pas la Loi pour abolie, mais ils l'observaient avec un redoublement de ferveur. Ils regardaient la circoncision comme obligatoire, célébraient le sabbat en même temps que le dimanche1, pratiquaient les ablutions et tous les rites juifs2. Ils étudiaient l'hébreu avec soin3, et lisaient la Bible en hébreu. Leur canon était le canon juif; déjà peut-être ils commençaient à y faire des retranchements arbitraires*.
Leur admiration pour Jésus était sans bornes; ils le qualifiaient de prophète de vérité par excellence, de Messie, de fils de Dieu, d'élu de Dieu; ils croyaient à sa résurrection, mais ne sortaient pas pour cela de l'idée juive selon laquelle un homme-Dieu est une monstruosité. Jésus, dans leur pensée, était