‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 66 sur 393 · Derenbourg, Palest., p. 349, 352-3o · texte numérisé non relu

Derenbourg, Palest., p. 349, 352-3o

(An 74] LES ÉVANGILES. 67

celle de la Thora1. Le talmudisme et le christianisme devenaient ainsi les deux antipodes du monde moral ; la haine entre eux croissait de jour en jour. Le dégoût qu'inspiraient aux chrétiens les recherches subtiles de la casuistique de Iabné s'est écrit dans les Évangiles en traits de feu.

L'inconvénient des études talmudiques était la confiance qu'elles donnaient, le dédain qu'elles inspiraient pour le profane : « Je te remercie, Eternel, mon Dieu, disait l'étudiant en sortant de la maison d'étude, de ce que, par ta grâce, j'ai fréquenté l'école au lieu de faire comme ceux qui traînent dans les bazars. Je me lève comme eux; mais c'est pour l'étude de la Loi, non pour des motifs frivoles. Je me donne de la peine comme eux; mais j'en serai récompensé. Nous courons également mais moi, j'ai pou-r but la vie future, tandis qu'eux ils n'arriveront qu'à la fosse de la destruction2. » Voilà ce qui blessait si fort Jésus et les rédacteurs des Évangiles, voilà ce qui leur inspirait ces belles sentences : « Ne jugez pas, et vous ne serez point jugé », ces paraboles où l'homme simple, plein de cœur, est préféré au docteur orgueilleux 3. Gomme saint Paul, ils voyaient dans les ca-

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