Marc, vu, 24 et suiv. Cf. Matth., xv
4. Act., x, 1 et suiv. Il est vrai qu'il faut ici faire une part aux tendances personnelles de l'auteur des Actes.
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mière rédaction grecque, afin de la rendre sans inconvénients pour les fidèles, et comment de cette révision sortirent l'Évangile dit de Matthieu et celui de Luc. Un fait capital de la littérature chrétienne primitive, c'est que ces textes corrigés et en un sens plus complets ne firent pas disparaître le texte primitif. L'opuscule de Marc se conserva, et bientôt, grâce à l'hypothèse commode, mais tout à fait erronée, qui fit de lui « un divin abréviateur », il eut sa place dans le quatuor mystérieux des Évangiles. Est-il sûr que l'écrit de Marc soit resté pur de toute interpolation, que le texte que nous lisons aujourd'hui soit purement et simplement le premier Évangile grec? Tl serait téméraire de l'affirmer. En même temps qu'on sentit le besoin de composer, en prenant Marc pour base, d'autres Évangiles portant d'autres noms, il est très-possible qu'on ait retouché Marc lui-même, tout en laissant son nom en tête du livre. Beaucoup de particularités semblent supposer une sorte d'influence rétroactive exercée sur le texte de Marc par les Évangiles composés d'après Marc. Mais ce sont là des hypothèses compliquées, que rien ne démontre1. L'Évangile de Marc offre une parfaite
1 . C'est bien à tort qu'on prétend que le Marc actuel ne répond pas à ce que dit Papias. Le désordre dont se plaint l'évêque d'Hiérapolis n'est que trop réel. Les anecdotes de la vie de Jésus sont
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unité, et, à part certains points de détail où les manuscrits diffèrent, à part ces petites retouches que les écrits chrétiens presque sans exception ont souffertes, il ne semble pas qu'il ait reçu d'addition considérable depuis qu'il a été composé.
Le trait caractéristique de l'Évangile de Marc était dès l'origine l'absence de la généalogie et des légendes relatives à l'enfance de Jésus. S'il était une lacune qu'il fut urgent de remplir pour des lecteurs catholiques, c'était celle-là; et pourtant on se garda de le faire. Beaucoup d'autres particularités gênantes au point de vue de l'apologiste ne furent pas effacées. Seuls les récits de la résurrection se présentent dans Marc avec des traces évidentes de violences. Les meilleurs manuscrits s'arrêtent après les mots €<pOBOYNTOrAP (xvi, 8). On ne peut guère admettre que le texte primitif finît d'une manière aussi abrupte. Il est probable qu'il y avait dans la suite quelque chose qui devint
rangées d'une façon tout arbitraire. — Il en est de même, dirat-on, dans le Matthieu actuel, et cependant Papias ne lui fait pas le même reproche. — C'est que, quand il s'agit de Matthieu, il y a une considération qui prime toutes les autres aux yeux de Papias et l'empêche de parler du reste : c'est la façon complète dont Matthieu rend les Xc^t*. On suppose toujours que Papias a fait un article ex professo sur les Évangiles; or il en parle uniquement du point de vue commandé par son sujet.
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choquant pour les idées reçues; on le retrancha; mais la chute âcpo^oJvTo y«p étant très-peu satisfaisante, on supposa diverses clausules, dont aucune n'eut assez d'autorité pour chasser les autres des manuscrits1.
De ce que Matthieu et surtout Luc omettent tel passage qui est actuellement dans Marc, on en a conclu que ces passages n'étaient pas dans le proto-Marc. Erreur; les rédacteurs de seconde main choisissaient, omettaient, guidés par le sentiment d'un art instinctif et par l'unité de leur œuvre. On a osé dire, par exemple, que la Passion manquait dans le Marc primitif, parce que Luc, qui l'a suivi jusque-là, ne le suit plus dans le récit des dernières heures de Jésus. La vérité est que Luc a pris pour )a Passion un autre guide plus symbolique, plus touchant que Marc; or Luc était trop bon artiste pour brouiller les couleurs. La Passion de Marc, au contraire, est la plus vraie, la plus ancienne, la plus historique. La seconde rédaction, en pareil cas, est toujours plus émoussée, plus dominée par les raisons a priori que celles qui ont précédé. Les traits de précision sont indifférents aux générations qui n'ont pas
\. Voir les Apôtres, p. 7, note 1. Cf. saint Jérôme, Ad Hedibiam, Quaest. 3; saint Grég. deNysse, In resurr.} n, Opp. (Paris, 4 638), t. III, p. 4M B.
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connu les acteurs primitifs. Ce qu'ils veulent avant tout, c'est un récit aux contours arrondis et significatif dans toutes ses parties.
Tout porte à croire que Marc n'écrivit son Evangile qu'après la mort de Pierre. Papias le suppose, quand il nous dit que Marc écrivit « de souvenir a * ce qu'il tenait de Pierre. Irénée dit la même chose 2. Enfin, ce qui est décisif quand on admet l'unité et l'intégrité de l'ouvrage, l'Evangile de Marc présente des allusions évidentes à la catastrophe de l'an 70 3. L'auteur met dans la bouche de Jésus, nu chapitre xiii, une sorte d'apocalypse où se croisent les prédictions relatives à la prise de Jérusalem 4 et à la prochaine fin des temps 5. Nous croyons que cette petite apocalypse, conçue en partie pour décider