‹ Les évangilesChapitre 106 sur 268 · Qui n’est pas contre vous est pour vous · texte numérisé non relu

Qui n’est pas contre vous est pour vous

40. Et quiconque vous donnera un verre d’eau en mon nom, parce que vous êtes au Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.

41. Et quiconque scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudroit mieux pour lui que 1 on mît autour de son cou une meule de moulin, et qu on le jetât dans la mer.

42. Que si votre main vous scandalise , coupez-la. Il vaut mieux pour vous entrer mutilé dans la vie, qu ayant deux mains aller dans la géhenne, dans le feu qui brûle toujours ;

r Vouloir être le plus grand. vouloir être le premier, c’est nier eu sou coeur légalité fraternelle , qui est le fondement de la morale évangélique, et doit devenir celui de la société, quand la société *eia vraiment chrétienne.

a On a déjà vu que le mot vertu, dans l'Évangile, signifie une œuvre, un acte evtraordinaire de puissance.

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43. Où leur ver lie meurt point, et où le leu ne s' éteint jamais.

44. Et si votre pied vous scundalisc, coupez-le. Il vautmieux pour vous entrer boiteux dans la vie éternelle, qu’ayant deux pieds être jeté dans la géhenne du feu qui brûle toujours ;

45. Où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint jamais. 4(>. Que si votre mil vous scandalise, arracbez-le. Il vaut mieux

pour vous entrer avec un seul œil dans le royaume de Dieu, qu’ayant deux yeux être jeté dans la géhenne du feu;

47. Où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint jamais.

48. Car tous seront salés par le feu, comme toute victime 1 est salée par le sel.

49. Le sel est bon. Que si le sel devient fade, avec quoi l assaisonnerez-vous? Ayez du sel en vous, et la paix entre vous 3 .

En plusieurs endroits de l’Évangile , il est dit des paroles du Christ, que ses disciples ne les comprirent point, et luimême s’étonne et s’attriste de trouver leur esprit si peu ouvert à scs enseignements. Ils étoient trop élevés , trop parfaits dans leur divine simplicité, trop opposés aux idées reçues, aux préjugés traditionnels, pour qu’on en pût d’abord saisir le sens profond, et que, sans une longue et laborieuse préparation, ils devinssent non -seulement la règle morale des individus, mais aussi la base des institutions et des lois. C’est le plus grand obstacle qu’ait rencontré le Christianisme, obstacle que dix-huit siècles n’ont point encore vaincu, qu’ils semblent môme avoir rendu plus difficile à vaincre. Car si, d’un côté , les paroles de Jésus ne sont pas mieux comprises que ne les comprcnoient scs premiers disciples, si , au contraire, elles le sont beaucoup moins à divers égards; d’un

1 On repandoit du sel sur la tête des victimes offertes pour le péché. Le sel, qui préserve de U corruption, étoit l'emblème de leur consécration, de leur sanctification. Ainsi le feu, c'est-à-dire le sentiment douloureux do mal qu'on a laissé prévaloir en soi, et le repentir do péché, le ver qui ne meurt point, sanctifieront tous ceux qui, en sortant de ce monde, auront besoin d'être purifiée.

2 Purifiez-vous sans cesse, et conservez la paix, en ne cherchant point à tous élever les uii» au-dessus des autres.

autre côté, le temps, par l’espèce de fascination qu’il exerce sur les hommes, a prêté à l’erreur une puissance formidable. Le Christ n’a point dogmatisé, il n’a point fondé sur un corps de doctrine théologique et philosophique définie et à jamais fixée , la société qu’il venoit établir , mais sur la règle immuable du droit et du devoir, loi commune des peuples, dont elle forme le lien. Hors de cette loi qui doit se développer d’àge en âge, non quant à son principe invariable, mais quant à ses applications progressives ; hors de cette loi qui est vraiment pour la race humaine la voie et la vie , il laisse une liberté entière à la spéculation, au travail perpétuel de la pensée, d’où naît la science, qui, acquérant sans cesse, se réforme sans cesse. Il n’élève devant l’homme, divinement destiné à poursuivre le vrai jusque dans sa source infinie, aucune barrière. Et comme il faut, pour avancer, tenter plus d’une route, il ne veut pas que la diversité inévitable des opinions divise ceux que l’amour doit unir. La foi qu’il exige, ce n’est pas la foi à des solutions doctrinales des questions qu’enveloppe l’éternel problème de la nature et de son auteur, mais la foi aux préceptes, et la foi en celui qui aide à les accomplir. Or, est-ce là le Christianisme tel qu’il est conçu, enseigné, pratiqué? Si de nouveau vous apparaissiez sur la terre, ô Jésus, avec quelle douleur rediriez-vous à vos disciples : « Ne comprenez-vous point encore? Serez- » vous donc toujours privés de sens et d'intelligence? » Mais ce que les disciples ne comprennent point, le peuple commence à le comprendre. Vous n’aurez point, ô Jésus, parlé en vain , et votre parole est la semence d’où sortira l’arbre mystérieux qu’attend le genre humain, pour se reposer à son ombre.

EVAXGILE

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