‹ Les évangilesChapitre 132 sur 268 · Mais sa mère dit : Non, mais il sera nommé Jean · texte numérisé non relu

Mais sa mère dit : Non, mais il sera nommé Jean

61. Ils lui dirent : Il n’y a personne dans votre famille qui soit appelé de ce nom.

62. Et ils demandoient par signe au père comment il vouloit qu’on le nommât.

63. Et demandant des tablettes, il écrivit : Jean est son nom. Et tous furent dans l’étonnement.

64. Aussitôt sa bouche s’ouvrit; sa langue se délia, et il parloit, bénissant Dieu.

65. Tous leurs voisins furent saisis de crainte; et le bruit de Unîtes ces choses se répandit dans toutes les montagnes de Judée :

66. Et tous ceux qui les entendirent, les recueillirent dans leur cœur, et dirent : Que pensez-vous que sera cet enfant? car la main du Seigneur est avec lui.

67. Et Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Suint; et il prophétisa, disant :

68. Béni soit le Seigneur Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple;

69. Et nous a suscité un puissant Sauveur, de la maison de son serviteur David ;

70. Selon ce qu’il a dit par la bouche des saints, de ses prophètes, aux siècles passés ;

71. Qu’il nous sauveroit de nos ennemis, et des mains de tous ceux qui nous haïssent,

72. Pour accomplir ses miséricordes envers nos pères, en souvenir de son alliance sainte :

73. Selon le serment qu’il a juré à Abraham notre père, d’ainsi faire pour nous ;

74. Afin que, délivrés des mains de nos ennemis, nous le servions sans crainte,

75. Marchant devant lui dans la sainteté et la justice tous les jours de notre vie.

76. Et toi, enfant, tu seras appelé le prophète du Très-Haut : car tu marcheras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies ;

77. Pour donner au peuple la science du salut, et qu’ils obtiennent la rémission de leurs péchés,

78. Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, selon laquelle nous a visité celui qui se lève dans les hauteurs de l’Orient ',

79. Pour illuminer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour diriger nos pieds dans la voie de la paix.

80. Or, l’enfant croissoit et se fortifioit en esprit ; et il dcmeiiroit dans les déserts, jusqu’au jour où il devoit se montrer à Israël.

1 Le teile, Orient ex alto, est intraduisible littéralement dans son double sens et sa m.tjjiiifique concision.

Saint Luc, dont l'Évangile ne fut écrit qu'après celui de saint Matthieu et celui de saint Marc, raconte avec des circonstances nouvelles la naissance de Jean et celle de Jésus, suivant les traditions qui avoient cours parmi les premiers chrétiens. Déjà la foi du peuple avoit comme entouré ccs deux grands berceaux des merveilles d’une divine poésie. Le ciel est en mouvement pour préparer la venue de celui qui doit sauver le monde. Les anges montent et descendent l’échelle mystérieuse de Jacob, qui joint la terre aux sublimes hauteurs qu’habite Jéhova. Quelque chose d’inouï va s’accomplir. Que sera-ce? Nous le savons aujourd’hui, ou plutôt nous commençons à le savoir : mais à l’origine, on n’en avoit, on n’en pouvoit avoir qu’un pressentiment vague, que celte espèce de vision lointaine, vive, infaillible et obscure toutefois, qu’on appelle prophétie. Zacharie prophétise, Marie prophétise; et dans leurs cantiques où se retrouve l’esprit qui animoit, au temps de saint Luc, les disciples de Jésus, leurs pensées et leurs espérances, on voit ce qu’à leurs yeux étoit la mission de leur maître, et quels en dévoient être les effets. A l’Orient se lève une grande lumière qui montera comme l’astre du jour, éclairant peu à peu les hommes plongés dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Voilà le Christ, voilà sa mission : une effusion de lumière et de vie. Devant la lumière fuira le péché, et avec lui les maux qu’il entraîne : de là le salut et la paix, de là le développement de la vie dans l’humanité. De durs fléaux pesoient sur elle, une injuste inégalité d’où sortoient les dominations injustes, l’oppression du pauvre par le riche, et tous les genres d’iniquités. Dieu ne souffrira pas plus longtemps ces désordres, il l’a dit en son cœur : Les superbes seront dispersés, les puissants jetés bas de leurs trônes, les affamés remplis de biens, les riches renvoyés vides. Car il faut que la vieille société, le royaume de Satan, disparoisse, pour que s’établisse le royaume de Dieu, la société nouvelle; et comme les (ils de Satan opposeront aux enfants de Dieu une résistance déses-

péréc , ils ne succomberont que sur d’immenses ruines. Ce sont là les guerres qu’annonçoit Jésus. Mais s’il annonçoit le combat, il annonçoit aussi le triomphe. Combattez donc sans crainte, combattez avec foi : vous êtes tous soldats dans l’armcc à qui la victoire est promise. Que vous faut-il de plus? et qu’importe que le jour où elle arrivera, vous trouve veillant sur le champ de bataille, ou endormi dessous?

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