Et ils ne comprirent point ce qu’il leur disoit
51. Et il descendit avec eux , et vint à Nazareth ; et il leur étoit soumis. Et sa mère conservoit toutes ces choses en son cœur.
52. Et Jésus avançoit en sagesse, et en Age , et en grâce devant Dieu et les hommes.
1 Qui ne met pas au-dessus de tout les choses de Dieu, le devoir qu’il impose, n'est pas de ceux qui sont envoyés pour accomplir sou œuvre.
2 Lorsqu’on vient introduire les hommes eu des voies nouvelles, il faut beaucoup de temps pour être compris d'eux. C’est pourquoi, à l'opposition des inéchunts, se joint encore, à divers degrés, la résistance des bous, jusqu'à ce que, peu à peu, leurs yeux se soient faits à la lumière.
Jésus naît dans la condition la plus humble , de sorte qu’étonné de sa doctrine, on dira de lui : NTest-ce donc pas là le fils du charpentier? et il naît si pauvre qu’il n’a pour demeure que celle des animaux, quelques langes misérables pour l’envelopper, et pour berceau qu’une crèche. Au-dessous de ce dénûment, de cet abaissement, qu’y a-t-il? Et toutefois c’est à ce signe qu’on reconnoitra le libérateur d’Israël. Il est ainsi dit aux pasteurs, et les pasteurs croient sans hésiter, quittent leurs troupeaux cl leurs pâturages pour s’enquérir de l'enfant mystérieux. Cet enfant, ces pasteurs, c’est le peuple. Du peuple sort le salut, car en lui se conservent vivants les profonds instincts de l’humanité, que le pouvoir, les richesses et toutes les passions qu’elles nourrissent, étouffent en ceux à qui les nations sont livrées. Quand donc un de ces grands mouvements qui marquent les phases du développement du genre humain, doit s’opérer dans le monde, toujours il part du peuple, toujours l’ordre nouveau, la pensée nouvelle reçoit du peuple sa sanction et son efficace. Toute foi supérieure à la foi ancienne, toute société fondée sur cette foi, naît dans l’étable de Bcthléhem, a pour berceau une crèche; et les premiers qui viennent adorer à cette crèche, qui sont-ils? Les pasteurs, les hommes simples et droits, encore le peuple. C’est à lui que parlent les anges, quand la parole de ceux qui enseignent ne sauroit plus que l’égarer; c’est autour de lui, c’est en lui que Dieu fait briller sa lumière. Lorsqu’elle s’éteint dans le temple, elle commence à luire dans la cabane du pauvre berger. Que le peuple donc apprenne ce qu’il est : mais qu’en apprenant Sa grandeur, il en apprenne aussi les conditions saintes et sévères. On n’est pas du peuple seulement à cause que l’on ne possède rien, mais par le détachement du cœur; et les désirs excessifs, la cupidité, l’envie, constituent au fond de l’àmc la pire des possessions. Le vrai peuple, le peuple que Dieu illumine intérieurement, dans lequel il a déposé l’impérissable germe du salut, se reconnoît à des signes certains, la
régularité de la vie, la fidélité aux devoirs, le zèle pur du bien. Qui n’a point ce signe, n’est point du peuple, n’est point de ceux par qui s’accomplira la délivrance, n’est point des hommes de bonne volonté à qui la paix a été promise.