Et il dit à cette femme : Vos péchés vous sont remis
49. Ceux qui étoient à table avec lui commencèrent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui remet même les péchés?
50. Et il dit à la femme : Votre foi vous a sauvée ; allez en paix.
La doctrine de Jésus, ses préceptes se résument, il le dit lui-même, en cet unique mot : Aimez. L’amour est toute la loi, car l’amour enfante tout ce qui est pur, tout ce qui est saint et bon. Il y a en lui une vertu féconde et une puissance régénératrice. Il efface les souillures de lame , cicatrise ses plaies, ranime ses forces épuisées; il ressuscite les morts, ceux qui, blessés par l’antique serpent, infectés de son venin, ont cessé de vivre de la vie véritable. C’est par lui que sont guéris les peuples malades , par lui qu’ils se renouvellent, par lui que se transfigure progressivement le genre humain. Vous ne voyez plus de remède, cette nation vous paroit à jamais perdue, tant elle s’est enfoncée profondément dans le mal. Prenez garde de ressembler au Pharisien de l’Evangile. Au moment même où il condamne en sou cœur la pauvre pécheresse qui mouille de ses larmes les pieds de Jésus, Jésus, pour elle plein de mansuétude, lui dit : Vos péchés vous sont remis. Et pour mériter qu’ils lu i fussent remis, qu’a-t-elle fait? Elle a beaucoup aimé. L’amour est le feu qui a consumé tout ce que les joies mauvaises avoient flétri en
elle. Or, je vous le dis, quelle que soit la corruption présente, la froideur, la sécheresse, la dureté de plusieurs, il y a aujourd’hui dans le monde le germe d’un grand amour. L’esprit de Jésus, que les puissants, du haut de leurs trônes et de leurs chaires, s’efforcent d’étouffer, est partout reconnoissable à des signes frappants. Les peuples ne sont-ils pas évangélisés? Ne commencent-ils pas à voir la lumière? Le droit, le devoir n’apparoissent-ils pas à chacun avec plus de clarté ? X’appelle-t-on pas de toutes parts des lois plus équitables, des institutions protectrices des foibles, fondées sur le principe d’une juste égalité? Les vieilles haines entre ceux que divisoient les dominateurs, ne s’éteignent-elles pas? Les peuples ne se sentent-ils pas frères? Leurs oppresseurs ne tremblent-ils pas, comme si une voix interne leur annonçoit leur fin? Agités d’effraj antes visions, ils serrent convulsivement dans leurs mains , où bientôt elles se vont briser , les chaînes dont ils ont chargé les nations que le Christ étoit venu délivrer. Des bruits souterrains troublent leur sommeil. Il se fait daus les secrètes profondeurs de la société un travail que tout leur pouvoir ne sauroit arrêter, et dont le progrès incessant les jette en des angoisses inexprimables. C’est le travail du germe près d’éclore, le travail de l’amour qui ôtera les péchés du monde, ranimera la vie défaillante, consolera les affligés, rompra les fers des captifs, ouvrira devant les peuples une route nouvelle, à l’entrée de laquelle il leur sera dit : Allez en paix.